Le Cameroun sera mieux entouré sur le Diamant

Des experts de l’Association des Etats producteurs d’Afrique en visite à Yaoundé, en vue de coopter notre pays au sein du regroupement.

« Empêcher que les diamants servent à financer la guerre » ! C’est en cela que se résument les missions de l’Association des pays africains producteurs de diamants (ADPA), dont une équipe d’experts séjourne actuellement au Cameroun. Ils ont été reçus en audience mercredi à Yaoundé, par le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), Emmanuel Bonde. Le chef de délégation d’experts, Edgar Diogo de Carvalho, par ailleurs, secrétaire exécutif de l’ADPA explique : « Nous sommes au Cameroun pour comprendre comment est-ce que le secteur du diamant est organisé mais surtout, pour proposer l’expérience des autres pays producteurs de diamant, afin de rentabiliser sa ressource ». Il invite ainsi le Cameroun à rejoindre l’association panafricaine, vieille de neuf ans d’existence.

L’ADPA a, en effet, été créée en Angola en 2006, pour régir le secteur du diamant en Afrique. Elle s’est fixée pour mission de réguler le marché diamantifère sur le continent, afin que les populations bénéficient effectivement des retombées de l’exploitation. D’où les mises en garde et l’encadrement qu’elle apporte aux 18 Etats-membres. Le regroupement fonctionne d’ailleurs en se basant sur le processus de Kimberley, auquel le Cameroun est admis depuis 2012. Toutes choses qui font justement dire au ministre Emmanuel Bonde que « notre pays a frappé à la porte de Kimberley et y est entré. Depuis lors, nous regardons avec beaucoup d’attention les questions d’encadrement, puisqu’il y a des menaces de sanctions internationales qui pèsent sur nous comme sur la plupart des pays du continent, à cause de la clandestinité et autres dérives qui ont cours dans le secteur ». Le Minmidt assure que « le Cameroun ne veut pas vivre avec le diamant ce qu’il a vécu avec l’or, où les permis d’exploitation ont servi d’autres intérêts ». L’encadrement proposé par l’ADPA tombe à pic, pour améliorer la production nationale, montrer les bonnes pratiques et rentabiliser la ressource. Car, regrette-t-il, « le Cameroun n’a produit que 3000 carats en 2014 alors que la ressource est abondante. Dans le futur, nous comptons produire beaucoup plus. On a donc intérêt à profiter de l’expérience des anciens pour y arriver ».

L’adhésion du Cameroun étant pratiquement acquise, les experts de l’ADPA ont profité de l’audience avec le Minmidt pour lui présenter un projet en gestation, portant sur la création d’une bourse du diamant en Afrique. Edgar Diogo de Carvalho explique que « l’Afrique produit plus de 60% du diamant mondial et le vend à l’extérieur. Si on met en œuvre une bourse, les acheteurs viendraient vers nous pour acheter sur place, au lieu que ce soit toujours l’inverse. En plus, tous les autres services que la bourse va créer seront profitables à l’Afrique ». Là aussi, Emmanuel Bondé assure que le Cameroun est preneur.