«Le Cameroun est une République Carcérale» – Jean François Channon

Depuis janvier 2019, près de 800 manifestants ont été arrêtés par rapport aux contestations post-électorales. A côté de ces arrestations, il y a aussi celles des soldats du mouvement sécessionniste du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi celles de la secte terroriste Boko Haram.

«Jamais les prisons n’ont été aussi pleines en temps de démocratie apaisée, que Kontchouestimait la plus avancée du monde; assorti de délit d’opinion. Et les arrestations continuent», déclare Jean François Channon, le directeur de publication du quotidien Le Messager, dans les colonnes de son journal en kiosque ce 10 juin 2019.

Sans demie mesure, le directeur de Publication de Le Messager continue: «la constitution est bafouée. La justice est otage du pouvoir. Exit le tribunal militaire, voici les internements administratifs qui signent le retour du régime d’exception».

L’auteur de cet éditorial se pose un tas de questions, qui ne trouvent de réponses que dans nos propres imaginations. «Où est passé le Cameroun de paix, de concorde, de progrès économique?  Franck le discret en représentation aux obsèques de Belinga Eboutou sous toutes les attentions de la République? Ngoh Ngoh l’industrieux sous couvert de madame ? Cabral l’opportuniste aux bancs d’essais français? Aboubakary Abdoulaye, vice-président du Sénat en embuscade institutionnelle?», s’interroge le directeur de publication.

Jean François Channon se demande: «sommes-nous devenus une République Carcérale à défaut de demeurer une république unie ou de retrouver le fédéralisme jadis négocié par les pères fondateurs?» A la fin du mois de janvier, 200 personnes ont été arrêtés à la suite des marches du MRC, ensuite 354 ont été arrêtées le 1er juin 2019 pour les mêmes causes et le 8 juin encore 200 autres ont été prises. Un chiffre qui se rapproche de 800. Associé à celles-ci, les arrestations dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord liées aux revendications sécessionnistes et aux exactions terroristes.