Le Cameroun accuse un déficit de plus de 300 000 poches de sang par an

Information révélée le 14 juin 2019 lors de la journée mondiale du don de sang. L’appel est lancé pour un don volontaire de sang pour sauver les vies.

La situation est alarmante dans les hôpitaux. Selon le programme national de transfusion sanguine, le besoin annuel en sang du Cameroun est de 400.000 poches. Mais, seulement 94 873 poches ont été collectées en 2018, avec seulement 10% de donneurs bénévoles contre 90% de donneurs de remplacement. Pour pallier ce manque de sang, l’appel a été à nouveau pour le don bénévole  du sang le 14 juin dernier, à l’occasion de la journée mondiale du don du sang.

A l’hôpital Laquintinie de Douala, la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) et l’Association des donneurs bénévoles de sang de rhésus négatifs et autres (Adoben), ont organisé une campagne de sensibilisation et de collecte gratuite de sang, principalement auprès des étudiants et les travailleurs.

« Notre pays fait actuellement face à plusieurs guerres, aux accidents de circulation…dont les blessés ont urgemment besoin de notre sang pour être sauvés. En tant que consommateurs, nous avons le devoir de solidarité de leur apporter gratuitement du sang », a expliqué Alphonse Ayissi Amougou, le président de la Focaco. Pour Dr Isabelle Lendem Ndzodo, cette opération de collecte de sang tombe à pic au moment où l’hôpital est confronté à une pénurie de sang.

La responsable de la banque de sang de l’hôpital Laquintinie, en a profité pour lancer un appel à la solidarité des Camerounais, non sans rappeler les critères et les bénéfices d’un don de sang. En effet, a précisé Dr Lendem Ndzodo, toute personne âgée de 18 à 60 est éligible au don du sang ; un taux d’hémoglobine de 13g est la norme pour prélever un donneur et ce dernier bénéficie en retour d’un bilan de santé gratuit.

Mais à en croire Chrétien Kuetche Talla, président d’Adoben, les donneurs bénévoles de sang se font rares. Il n’y aurait, précise-t-il, qu’une quinzaine d’associations des donneurs bénévoles de sang qui travaillent sur le terrain. Et ces associations encadrent le déploiement «d’environ 22 000 donneurs, soit 1/10 seulement du nombre requis pour couvrir les besoins». Adoben présente comme autre obstacle, le fait que les institutions n’apportent pas des appuis financiers, techniques ou matériels. Outre la rareté des donneurs de sang, il y a des considérations socioculturelles.

De l’avis des personnels médicaux et des associations de collecte de sang, certaines personnes refusent de se livrer à cet exercice, sous prétexte de transgresser leurs croyances religieuses. Une situation qui a souvent causé des pertes en vies humaines. D’après l’enquête démographique réalisée en 2011 concernant la mortalité maternelle causée par un déficit de sang, 782 décès sur 100 000 naissances vivantes ont été enregistrés. S’agissant de la mortalité infanto-juvénile, 103 décès sur 100 000 naissances vivantes ont été enregistrés d’après l’enquête à indicateurs multiples réalisée en 2014.