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L’armée gabonaise kidnappe 24 Camerounais

L’armée gabonaise kidnappe 24 Camerounais

Après un calvaire de 08 mois de prison à Oyem au pays d’Ali Bongo Ondimba, ils ont été reçus à Ebolowa par le gouverneur de la région du Sud, jeudi dernier.

Le dimanche 10 novembre 2013, les jeunes gens kidnappés étaient à la recherche de l’or dans les alluvions de Mvan 2, village situé à près de 40 km de l’arrondissement d’Oveng, département du Dja et Lobo, région du Sud. Le lieu d’exploitation des chercheurs d’or, est une limite artificielle entre le Cameroun et le Gabon. C’est une forêt vierge, apprend-on.

D’après les spécialistes contactés par La Météo, «ce genre de frontière n’est pas reconnaissable à l’œil nu. Le plus souvent, elle fait confusion. Il faut donc, être en possession  de certains documents spécialisés pour pouvoir en connaître la délimitation».

Et un natif du coin, Rodrigue Ekamba, une des victimes de l’état primitif des Gabonais, de renchérir: « Les pygmées gabonais qui chassent de ce côté sont allés signaler leur présence aux autorités gabonaises, parce qu’ils les suspectaient d’être non seulement en possession d’armes à feu, mais aussi de trompes d’éléphant. C’est alors que l’armée gabonaise avait dépêché 34 commandos dans cette immense forêt, lesquels avaient pu mettre la main sur les orpailleurs au bout de plusieurs jours de chasse à l’homme». Comme dans le récit de Job, ce sont ceux des chercheurs d’or qui avaient échappé à la traque qui, porteront alors la nouvelle au village, mettant le sous-préfet d’Oveng au courant. Lequel à son tour informera le gouverneur de la région du Sud Jules-Marcellin Ndjaga.

Arrêtés puis dépouillés de tout ce qu’ils possédaient, les 24 Camerounais dont une femme, Marie-Thérèse Amakouméinna, la vendeuse de nourriture, vont être sauvagement battus, torturés, verront ensuite toutes leurs pièces d’identité brûlées par des militaires gabonais, avant d’endurer trois jours de marche qui les conduiront à Minvoul, premier village gabonais, d’où ils seront alors convoyés pour la prison centrale d’Oyem.

C’est pendant que l’armée gabonaise se repait de séances de tortures et de toutes sortes de violences sur les 24 Camerounais kidnappés que le nommé Tabela Roger, ressortissant de l’Ouest Cameroun, trouvera alors la mort, criblé de balles.

Le 16 juillet dernier, les 24 Camerounais, ont retrouvé la liberté où ils ont  été acheminés à la frontière des deux pays à Meyo. Les infortunés ont ainsi pu atteindre Ebolowa dans la nuit même de leur libération. Accueillis  par Jules Marcellin Ndjaga, le gouverneur de la région du Sud le lendemain, ils ont pu regagner leur famille plus tard, après avoir été logés aux frais de l’État, dans un hôtel de la place.

Quand Tabela Roger dont le corps a déjà mis des mois à la morgue d’Oyem au Gabon, son rapatriement au Cameroun sera effectué dans de meilleurs délais, le temps que les formalités d’usage soient bouclées. Avec le projet de création d’un Fonds monétaire africain, d’une monnaie unique africaine, des États unis d’Afrique, et autres, à voir la xénophobie de certains voisins, la balance, doit encore peser du côté des sceptiques.

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