L’armée camerounaise fait de nombreux morts à Tourou

L’armée camerounaise fait de nombreux morts à Tourou

C’était samedi dernier au cours d’une riposte des éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR) dans la localité de Tourou, près de Mokolo dans la région de l’Extrême-Nord. Deux militaires camerounais ont perdu la vie au cours des affrontements contre près de 120 morts côté Boko Haram.

Il faut dire à la suite de ce fait d’arme des éléments du BIR que l’armée camerounaise multiplie les actes de bravoure dans le Septentrion contre la secte islamiste nigériane du Boko Haram. «Nous sommes ici pour déclarer la guerre au Boko Haram». Jamais, de mémoire de journaliste, l’on avait entendu des paroles aussi graves de la bouche du Chef de l’Etat. Au terme du sommet de Paris du 17 mai dernier sur la sécurité au Nigeria, Paul Biya avait revêtu le treillis du guerrier.

Et il n’a pas fallu des semaines pour que sa détermination à faire échec aux forces du mal se matérialise. C’est tout le sens accordé à l’important déploiement des Forces de défense opéré il y a deux semaines dans la partie septentrionale du pays avec pour objectif de faire face à la secte islamiste Boko Haram et protéger l’intégrité du territoire national. Les échos qui y parviennent depuis lors sont encourageants. Face à une menace asymétrique, l’armée camerounaise fait preuve d’une bravoure radicale. Chaque jour qui passe, l’armée est au front et ne fait pas de quartier pour faire échec aux insurgés de la secte islamiste.

Et le résultat de cet engagement se fait déjà sentir au sein des populations de plus en plus rassurées par la présence massive ainsi des forces de défense à leurs côtés. Aussi, le peuple, comme un seul homme et indépendamment des chapelles politiques, sociales ou religieuses, salue-t-il l’initiative du Chef des Armées et de ses hommes, qui viennent de la Marine à la Gendarmerie en passant par le Bataillon d’intervention rapide (Bir) ou les Forces aériennes. Les Camerounais sont en osmose avec leur armée, dans la préservation de la paix et de l’intégrité territoriale. Désormais, la tâche sera difficile pour les membres de la secte islamiste nigériane de franchir la frontière pour venir commettre leurs exactions en territoire camerounais.

Surtout que la communauté internationale est disposée à apporter le soutien nécessaire au Chef de l’Etat dans sa détermination à combattre Boko Haram. Après la France, les Etats Unis la Grande Bretagne et le Canada, la Russie va également apporter un soutien militaire et technique au Cameroun pour lutter contre la secte islamiste nigériane qui s’illustre par des attaques meurtrières et des prises d’otages.

L’Occident en appui

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a confirmé cette information lors de sa visite à Yaoundé en milieu de semaine écoulée. «Nous sommes disposés à coopérer et à coordonner nos actions avec la République du Cameroun et le Nigeria pour lutter contre la secte islamiste Boko Haram», a-t-il déclaré à la presse au terme de la 10e session des consultations bilatérales entre le Cameroun et la Russie couplée à la célébration du cinquantenaire des relations diplomatiques entre les deux pays. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères n’a cependant pas donné de précisions sur le contenu du soutien envisagé pour aider le Cameroun et son voisin nigérian à enrayer la menace de Boko Haram.

Depuis 2009, Boko Haram, littéralement «l’éducation occidentale est un péché», mène une guérilla sanglante pour imposer un Etat islamiste dans le Nord du Nigeria. Mi-avril, cette organisation terroriste a enlevé plus de 200 lycéennes de 12 à 18 ans dans leur établissement à Chibok, dans l’Etat du Borno. Ces extrémistes étendent également leurs actions dans l’Extrême-Nord du Cameroun, saccageant des villages, tuant des civils et surtout en enlevant de nombreux touristes, missionnaires ou travailleurs étrangers. Lors d’un sommet international organisé à Paris le 17 mai par le président français François Hollande, les présidents Paul Biya du Cameroun et Goodluch Ebele Jonathan du Nigeria, de concert avec leurs homologues Idriss Deby du Tchad, Yayi Boni du Bénin et Mohamadou Issoufou du Niger ont déclaré une guerre sans merci au groupe terroriste.

En soutien, plusieurs pays occidentaux, en l’occurrence la France, la Grande-Bretagne, le Canada mais aussi les Etats-Unis ont pris l’engagement de soutenir les efforts des pays de la région par des troupes et des experts avec un matériel militaire lourd. Ces renforts étrangers viennent s’ajouter au dispositif des forces de défense et de sécurité camerounaises qui vient de s’étoffer.

camernews-Militaire

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