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Lady Ponce, chanteuse: «Que les vrais artistes se réveillent»

Lady Ponce, chanteuse: «Que les vrais artistes se réveillent»

La semaine de la femme en diamant, du 1er au 9 mars, est un programme pour valoriser la femme.

Cameroun – Musique: Les nouveaux projets de Lady Ponce

La star du bikutsi est au Cameroun pour mettre en avant son projet baptisé «La Semaine de la femme en diamant».

Elle revient au Cameroun pour vanter la femme. Lady Ponce avec son projet baptisé «La Semaine de la femme en diamant», rassure tout de suite, elle ne veut pas se lancer dans une bataille de genre, juste promouvoir la femme et la jeune fille. Entre le samedi 1er mars et le dimanche 9 mars 2014, Lady Ponce, star du bikutsi, veut donner une voix et une place de choix à ces dames. Une série d’animations axées autour du rôle de la femme, parmi lesquelles une foire ou encore la remise de trophées aux plus méritantes, meublera l’événement. Lady Ponce est donc au Cameroun, et elle a fait une escale à CT, qu’elle décrit comme «la maison qui m’a soutenu à mes débuts». Et puisque on la tient — une fois n’est pas coutume — CT lui a demandé ses dernières nouvelles.

Elle s’étale sur sa carrière avec sa nouvelle maison de production N.A.R (initiales de son vrai nom, Ngono Adèle Rufine). Un single pour ses danseurs et l’accompagnement d’une jeune chanteuse, Mireille Fashion, sont pour le moment les grands projets de N.A.R. «D’autres réalisations sont à venir», prévient la chanteuse, afin d’aider les chanteurs en herbe et les autres à se faire un nom sur la scène musicale. En attendant, Lady Ponce parle de son duo avec l’idole de la rumba et du ndombolo congolais, Koffi Olomidé. Dans un entretien avec CT, elle s’étend également sur des sujets brûlants comme le droit d’auteur, la piraterie, l’avenir du bikutsi…

Cameroun – Lady Ponce, chanteuse: «Que les vrais artistes se réveillent»

La semaine de la femme en diamant, du 1er au 9 mars, est un programme pour valoriser la femme.

Vous revenez au Cameroun avec la semaine de la femme en diamant. De quoi s’agit-il?

La semaine de la femme en diamant, du 1er au 9 mars, est un programme pour valoriser la femme. Cela tombe bien, parce que le 8 mars c’est la journée de la femme. A partir du 1er mars, pour moi débute le mois de la femme. J’avais constaté qu’à Yaoundé, on n’avait pas un endroit où les femmes peuvent se retrouver et se détendre. Les femmes étaient oubliées dans certains domaines et certaines activités. C’est pourquoi nous avons eu l’idée de créer la semaine de la femme en diamant, avec des foires, des espaces de loisir, et à la fin, il y aura une remise de dons dans un orphelinat qui sera tiré au sort. Ils sont nombreux, et on ne peut tous les satisfaire dès la première édition.

C’est une cause humanitaire qui vous ramène, mais qu’en est-il de la musique?

Je viens de mettre sur le marché un single intitulé «Immortel», produit par ma société, N.A R. production. Le single est sorti depuis plus de deux mois aujourd’hui, et nous sommes à plus de 200 000 vues sur Youtube, mais nous n’avons pas encore vraiment commencé la promotion au niveau du Cameroun. Nous le ferons à la fin de ce mois, pour essayer de mieux communiquer, parce que quand le single est sorti j’étais en tournée, donc je n’avais pas vraiment le temps. Et là je suis au pays jusqu’à la fin du mois de mars, car je dois aller représenter le Cameroun en Côte d’Ivoire avec tout mon orchestre et mes danseurs au festival des Magic System.

Comment avez-vous vécu l’expérience avec Koffi Olomidé?

Koffi c’est un individu comme tout le monde, il se comporte simplement et il est très humble. Cette collaboration m’a apporté un plus. Depuis près de 30 ans, il a une carrière extraordinaire, il chantait bien avant ma naissance. Je ne suis pas sûre qu’il y ait beaucoup d’artistes africains capables de créer autant de buzz. Pour moi, c’est un monument de la musique africaine, un rêve qui se réalise. Je commence à être bien connue en Afrique de l’Ouest, mais au Congo pour être célèbre, c’est très difficile. Je pense que cette collaboration m’a ouvert les portes. Ils n’écoutent que leur musique, et pour toucher ces personnes, il me fallait un musicien de calibre. J’ai composé la chanson que je lui ai envoyé, il a aimé et a accepté de collaborer. C’est un mélange de bikutsi et de rumba.

Cette tendance rumba est-elle une ouverture vers d’autres styles musicaux?

Pas vraiment, puisque dans mes albums il n’y a pas que des rythmes bikutsi. C’est plus un moyen de me mettre en avant. Les clips de Koffi ont beaucoup de succès sur Youtube, et cela me permet aussi d’être vue par ses fans. Dans ce domaine, il faut être ambitieux, et je le suis. Je ne suis pas venue en aventure dans la musique, mais pour y rester, pour laisser mon empreinte comme les Myriam Makeba, Anne-Marie Nzié, Zanzibar…

Vous vous engagez dans une politique de promotion de la femme, mais une artiste de bikutsi, aux textes souvent sulfureux, peut-elle vraiment le prétendre?

On a mis dans la tête du public que la langue béti est une langue de sauvages, et que le bikutsi, chanté en cette langue est également mis au même niveau. Il y a des termes sensuels utilisés de manière soft. Il y a des manières sexy d’aborder certains sujets, et c’est ce que j’essaye de faire. Quand j’ai chanté «Le ventre et le bas-ventre», il fallait écouter le texte qui allait derrière. Il s’agit de conseils, comme celui de ne jamais refuser à manger à son mari, de ne pas lui fermer la porte quoi qu’il arrive. Si certains artistes bikutsi chantent n’importe quoi, c’est parce qu’ils ne sont pas encadrés. Moi, j’ai eu la chance de l’être. Ils sont bourrés de talent, mais ils sont abandonnés à eux-mêmes.

Que pensez-vous de la situation du droit d’auteur qui fait couler beaucoup d’encre en ce moment?

Le droit d’auteur ne marchera que quand les médias vont nous aider à nous en sortir, parce que certains d’entre eux cherchent à diviser les artistes. Il y a également le fait que les artistes qui créent le désordre dans le droit d’auteur ne sont pas réellement de vrais artistes. Ceux qui bagarrent, je suis désolée de le dire, n’ont jamais écrit une chanson ou sorti un seul CD. Mais les vrais artistes sont là. C’est pourquoi je suis heureuse de la nomination de Sam Fan Thomas. Ce sont des personnes comme lui qui doivent vraiment diriger les artistes. C’est chez lui que j’ai fait mon deuxième album. De nombreux artistes sont passés par son studio, et il nous a pour la plupart apporté un plus. Nous sommes mélangés avec des barbares.. Je demande aux vrais artistes de se réveiller et de se demander quel est notre avenir?

Autre cancer de la musique camerounaise, la piraterie, que vous avez toujours combattue. Où en-est la bataille?

Les artistes sont quasiment impuissants face à la piraterie. Tout dépend du Camerounais. Il doit aimer sa culture; c’est lui qui doit combattre la piraterie, parce que c’est lui qui achète des albums piratés. La piraterie pour moi c’est du vol, et lorsqu’on en achète, on encourage le vol. Si le Camerounais aimait sa culture, il achèterait les originaux. En ce moment, on n’a pas beaucoup d’endroits où trouver des originaux, et cela est difficile pour ces personnes qui veulent vraiment nous encourager. C’est pourquoi avant la sortie de mon album, nous allons faire un plan pour cibler des endroits de proximité, afin que tous les mélomanes soient proches de Lady Ponce dans n’importe quel quartier.

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