L’action de la femme au scanner dans la Décentralisation et la gouvernance

A la faveur de la quatrième édition de la Journée africaine célébrée lundi, la faible représentativité féminine a été déplorée.

Les femmes doivent peser de tout leur poids dans le processus de la décentralisation et de la gouvernance locale au Cameroun. Le constat n’a, à vrai dire, surpris personne lundi à Yaoundé au cours de la célébration de la Journée africaine de la décentralisation et de la gouvernance locale. Pas plus que le chiffre sur la représentativité de ces dames dans les conseils exécutifs communaux : 10% environ. L’occasion était un prétexte pour réfléchir sur le renforcement de leur participation dans cette option politique de gestion participative. On s’est très peu attardé sur des évidences,  par exemple, la qualité de la contribution des femmes dans la gestion municipale. Même si Jules Doret Ndongo, ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale chargée des collectivités territoriales décentralisées, s’est félicité de la percée des femmes magistrates municipales, il reste que le thème de la célébration demeure une interpellation : « L’approfondissement de la décentralisation et du développement local à travers une participation effective des femmes à la gouvernance locale ». Ce thème suscite des questionnements : sur la lenteur des femmes à occuper les premières places dans ce processus, sur la projection sur l’avenir, sur la volonté des dames à lever les obstacles devant les conduire vers les sommets. 10% de représentativité, c’est encore loin de l’objectif de 30% visé ! La présence féminine est pourtant un enjeu décisif dans  l’implémentation du processus de la décentralisation, a remarqué Emile Andze Andze, président de l’association Communes et villes unies du Cameroun (CVUC). Mais aucune disposition légale et réglementaire n’encadre cet impératif.

Emile Andze Andze a souhaité l’instauration d’un espace de dialogue et de concertation pour une meilleure insertion de la femme dans le développement local. Mais déjà, a-t-il dit, l’association CVUC discute régulièrement du sujet de manière à anticiper les grands ajustements structurels ou conjoncturels liés au renforcement de l’action féminine. Aujourd’hui est déjà meilleur qu’hier. Parce que l’évolution de la conquête du pouvoir municipal par les femmes va crescendo. A chaque mandature, le nombre s’améliore : une femme maire titulaire en 87-92, deux en 92-97, 10 en 2002-2007, 23 en 2007-2013 et depuis septembre 2013, elles sont 29 titulaires après le décès de deux d’entre elles. Dans tous les cas, la gestion des communes par les femmes a contribué à en rendre visibles plusieurs. Grâce au développement impulsé, des femmes-maires se sont distinguées par leurs activités. Et leurs résultats, en leur temps, furent largement médiatisés. Mais beaucoup reste à faire et il faut agir vite, suggère Emile Andze Andze.