La tutelle calme le jeu au Conseil national de la jeunesse

Les responsables du Minjec planchent depuis hier sur le conflit qui oppose le président et certains délégués régionaux.

« Les dossiers des deux parties qui ont été déposées seront examinés cet après-midi (Ndlr : hier) par le ministre de la Jeunesse et de l’Education civique (Minjec) au cours d’une réunion interne qu’il a convoqué. C’est à l’issue de celle-ci qu’il saura arbitrer », rassure un responsable. C’était pour répondre à la question sur la situation qui prévaut au sein du Conseil national de la Jeunesse du Cameroun (CNJC) après la tenue de l’Assemblée générale extraordinaire samedi dernier. Une rencontre au cours de laquelle les 2/3 des délégués statutaires ont destitué le président Jean Marc Afesi Mbafor. Au siège national de cette institution situé au quartier Nouvelle route Omnisports à Yaoundé, l’ambiance était au travail. Youssah Rianatou, la secrétaire et quelques jeunes en stage continuent de vaquer à leurs occupations. Dans le hall, le portrait du président Jean Marc Afesi Mbafor est toujours accroché sur le mur. Sur les lieux, une fois l’identité déclinée, l’on devine l’objet de la visite. « Vous faites bien de venir vous informer à la source. Le président est en réunion avec le Minepat. Il sera là vers 11h », affirme la secrétaire aux visiteurs. Quelques minutes plus tard après un appel reçu, elle répercute l’information. « Il demande de le rejoindre à l’annexe du ministère de la Jeunesse et des Sports situé derrière le Tribunal criminel spécial », indique-t-elle. Entre-temps, Emmanuel Batake de la cellule de la communication manifeste son indignation. « C’est ridicule que des jeunes veuillent qu’on partage de l’argent comme dans la cuisine de leur mère sans rien faire. On se rend compte que les membres ne maîtrisent pas les statuts », confie-t-il. A sa suite, Ghislain Raphaël, secrétaire général du CNJC pour le Centre poursuit : « Le président a demandé aux délégués des régions d’ouvrir des comptes afin que l’argent y soit transféré, mais personne n’a exécuté. Seule la région de l’Ouest a pu s’arrimer. Ceci pour éviter que l’argent ne soit distrait. Une idée pas du tout appréciée par les autres ». Une mésentente selon certains jeunes qui a abouti à la tenue de l’Assemblée générale extraordinaire de samedi dernier à Yaoundé. Rencontre au cours de laquelle, les 2/3 des délégués statutaires ont destitué le président dudit Conseil.

« Je suis encore le président du CNJC, et c’est ce qui est le plus important. Depuis samedi, il y a un groupuscule des membres du CNJC qui ont tenu une soi-disant Assemblée générale à laquelle j’ai assisté. J’ai participé aux travaux dont les termes de références étaient clairs : examiner la discipline au sein du Conseil, la relation entre l’institution et sa tutelle qui est le ministère de la Jeunesse et de l’Education civique. Les questions d’actualité, notamment la sécurité, les préparatifs des jeunes aux grands rendez-vous sportifs que le Cameroun va abriter », explique Jean Marc Afesi Mbafor. Et de poursuivre : « Le travail a bien commencé et s’est fait à travers quatre ateliers. Mais lors de la restitution des travaux, l’un des ateliers a tablé sur la destitution du président. Avec un certain nombre de chefs d’accusation : la convocation de l’Assemblée générale, le refus de communiquer mon plan d’action, l’arnaque des Ong, etc. Des accusations qui ne sont pas justifiées. »

Selon certains membres, les trois instigateurs de cette situation sont : Akam Akam de la région du Sud, Tabeth Nkeumi de l’Ouest, Amassambo Bello de l’Adamaoua assistés de Martial Atangana, trésorier du CNJC de la région du Centre. Pour avoir leur version des faits, nous avons essayé de joindre au téléphone en vain, Martial Atangana, et le premier vice-président du CNJC, Ahmadou Djibrilla.