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La résidence présidentielle à Bertoua vit dans l’obscurité

La résidence présidentielle à Bertoua vit dans l’obscurité

Elle n’est pas déjà épargnée par les délestages, en plus le groupe électrogène de secours accuse aussi un retard à l’allumage.

C’est un haut dignitaire du régime qui en fait la remarque lors d’un des nombreux délestages observés à Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est. «Imaginez un instant que le président de la République décide de façon inopinée et de nuit de venir se reposer à Bertoua. Imaginez la catastrophe s’il vient à constater que sa résidence est plongée dans le noir du fait des délestages opérés par la Sonel», fulmine notre interlocuteur qui craint pour « ce cas de figure».

Surtout que, ce 10 août 2014, cela fait exactement un an que cette situation dure. En effet, c’est à la même date l’année dernière qu’à la centrale thermique de Bertoua, l’on avait constaté «une chute drastique de la production de l’énergie électrique». Le programme de délestage élaboré à l’époque, affirmaient les responsables d’Aes-Sonel de l’époque, «avait reçu l’aval du gouverneur de la Région qui avait accepté lui-même de partager le risque d’être plongé dans l’obscurité».

Du coup, la résidence du président de la République, située au quartier Mokolo I et sur la même ligne que celle du gouverneur, fut sevrée d’énergie électrique. Jusqu’à ce jour, seule la résidence présidentielle reste dans le noir au cours des délestages. Une situation qui provoque la psychose au sein des éléments de la garde présidentielle généralement postés aux miradors de cette résidence.

Et l’On peut les comprendre lorsqu’on évoque les évènements qui se déroulent actuellement dans la région de l’Est et qui militent pour un renforcement de la sécurité surtout autour des points névralgiques comme la résidence présidentielle de Bertoua. Jusqu’ici, de sources crédibles et proches de la résidence présidentielle, «aucune disposition n’a été prise jusqu’alors pour que ce palais soit éclairé en tout temps».

Pourtant, cet endroit stratégique de la ville de Bertoua est muni d’un groupe électrogène de haute puissance. Et selon les techniciens qui l’avaient installé à l’approche de la descente de Paul Biya pour la pose de la première pierre du barrage de retenue d’eau de Lom Pangar il y a deux ans, «ce groupe a été placé ici pour suppléer automatiquement les multiples coupures d’énergie électrique qu’on signale souvent à Bertoua». Bien plus, les mêmes sources évoquaient «des réserves suffisantes de carburant pour permettre à ce groupe d’alimenter le palais présidentiel 24h/24 pendant plusieurs semaines».

Mais aujourd’hui, la réalité est toute autre. Et pour cause, apprend-on de sources bien introduites dans la gestion de ce palais, «ce groupe n’a jamais fonctionné parce que le palais présidentiel n’avait encore jamais subi de délestage. D’où le laxisme observé dans sa gestion et sa maintenance.»

Au-delà de l’obscurité qui plane au-dessus de la résidence présidentielle à Bertoua, les populations des localités de l’Est tributaires de la centrale thermique de Bertoua vivent un cauchemar depuis un an. Au point que Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le gouverneur de la Région, avait présenté les délestages comme « le premier facteur d’insécurité à l’Est ». C’était à l’occasion de la séance de travail restreinte qui avait suivi l’installation il y a quelques mois par Jean Baptiste Bokam, le secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie, du nouveau commandant de légion de gendarmerie de l’Est.

Duperie

Malgré l’arrivée de deux groupes électrogènes en juin dernier, et les communiqués annonçant «le retour progressif de la stabilité énergétique» par les responsables d’Aes-Sonel, on est toujours dans le noir à l’Est. Plus grave, et certainement dépassés par les évènements, ces mêmes responsables se sont résolus à ne plus communiquer, laissant les populations deviner le jour du sevrage de l’énergie électrique dans leurs localités respectives.

A la faveur de cette obscurité et de la saison des pluies, on note une recrudescence de l’insécurité. Dans les postes de police et de gendarmerie, on révèle qu’« on nous signale au moins une agression par nuit. Parfois, ce sont des assassinats qui nous sont rapportés.» L’indulgence de départ a cédé la place à un sentiment de révolte face à ce qui est considéré par tous comme «une duperie de la part de Aes Sonel». M. Ivaha Diboua félicitait d’ailleurs au cours des assises évoquées plus haut cette « indulgence » sans laquelle on aurait assisté à d’autres foyers de tension liés aux délestages que Batouri et Nguelemendouka ont vécu avec les émeutes meurtrières d’Abong-Mbang en septembre 2007.

Selon M. Mataba le sous-directeur régional de l’époque qui s’adressait à la presse, « c’est le 10 aout 2013 que nos techniciens nous ont signalé une chute drastique de la production de l’électricité de l’ordre de 60% «( 3.750 Kwh au lieu des 10.850 en temps normal, ndlr)».Mais il s’empressait de rassurer que «depuis le 12 août 2013, des équipes d’ingénieurs et techniciens venus de Douala se sont mobilisés et ont commencé les travaux de réhabilitation de ces groupes. On n’attend plus que les pièces commandées pour rétablir la production normale de manière progressive».

Finalement, après des tentatives de dépannage, l’entreprise avait fini par informer les autorités locales et les populations concernées de son « incapacité temporaire à fournir de manière efficiente l’énergie électrique pendant quelques semaines » dans les quartiers et points stratégiques de Bertoua et ses environs. Dont la résidence de M. Biya.

 

 

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