La résidence de Jean Nkuété part en fumée

La résidence de Jean Nkuété part en fumée

Le feu s’est déclenché mardi 12 août 2014, peu après 21 heures, dans la maison du secrétaire général du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), consumant tout sur son passage.

Les visiteurs n’en reviennent pas. Les membres du gouvernement qui vont et viennent sont stupéfaits. Tous ne comprennent pas que le feu ait pu ravager la résidence du secrétaire général du Comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), situé à un jet de pierre du stade omnisports de Yaoundé, lui-même installé à moins de trois kilomètres de la base des sapeurs pompiers de Mimboman. Dans tous les cas, hier mercredi 13 août 2014, l’heure est à la présentation des messages de réconfort à la famille de la deuxième personnalité du parti au pouvoir au Cameroun.

Dans la cour avant, des visiteurs sont installés sur des chaises en plastique de couleur blanche. Sous la véranda, se trouvent quelques autres personnes visiblement très aisées au regard de leur mode vestimentaire et de l’attention que les force de l’ordre leur accordent. Au dessus d’eux, c’est l’horreur. La toiture est devenue un amas de fer calciné. Les lattes qui ont résisté présentent une noirceur hors du commun. Les murs aussi. Au salon, rien n’a résisté au feu. Le classeur rangé dans un coin du mur a lui aussi brûlé. Dans un coin de ce salon recouvert de morceaux de planches brûlés, se trouve l’ancien ministre de l’Agriculture et du développement rural, Clobert Tchatat. Il tente de comprendre, en compagnie de quelques membres de la famille, ce qui s’est passé.

La bibliothèque d’où est parti le feu, est dans un piteux état. Aucun document n’a résisté à furie des flammes. « Lorsqu’il revient de n’importe quel voyage, il classe les documents dans cette salle », se souvient-on ici. Certains filous n’ont autre chose à faire qu’à déguster les dernières bouteilles de liqueurs qui ont échappé aux flammes. «On nous a autorisés de boire ce que nous trouvons. Et depuis hier soir, nous buvons parce que nous avons aidé à éteindre le feu », lance l’un d’eux visiblement ivre. Dans une autre pièce, l’on aperçoit un lit recouvert d’un matelas en lambeau. C’était visiblement la chambre des enfants. « Le Sg était déjà rentré. Après avoir mangé, il regardait la télévision avec un visiteur et les enfants lorsqu’on a senti la fumée. Avant de se rendre compte que le feu avait pris dans la bibliothèque. Nous nous sommes efforcés à l’éteindre sans succès », explique un occupant de la maison.

Sapeur où es-tu ?

Mais les témoignages sont formels. La lenteur des sapeurs pompiers auraient milité en faveur de l’aggravation de la situation. « Nous avons appelé les sapeurs à plusieurs reprises sans qu’ils ne décrochent le téléphone. Finalement, nous avons été obligés de démarrer une voiture pour aller les informer sur place à leur base de Mimboman. Et lorsqu’ils sont arrivés, il fallait fixer les tuyaux. Tout cela a permis au feu de tout consumer », révèle un membre de la famille. Mais ces incendies à répétition qui ne frappent que les militants au sommet du parti du flambeau ardent laissent quelque perplexe.

Car il y a moins de deux semaines, c’est le compartiment avant du véhicule de Gaston Komba, député de la circonscription électorale du Nkam qui partait en fumée non loin du palais des Congrès de Yaoundé. Après cela, l’on a enregistré un autre incendie à la résidence d’une sénatrice au quartier Odza à Yaoundé. Tous sont, faut-il le rappeler, des membres du Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Sabotage ou simple négligence ? L’opinion publique s’interroge.

camernews-Jean-Nkuete

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