La Présidence de la République bloque la publication du rapport de la CONAC

Le palais présidentiel a adressé une correspondance à cette institution lui déniant son statut d’organe de lutte contre la corruption et d’allier toutes les administrations dans sa démarche avant toute publication de son rapport…

Mardi dernier, sur le plateau de l’émission 1/7 sur Canal 2 International, Garga Haman Adji, membre du comité de coordination de la Commission Nationale Anticorruption (CONAC) a expliqué ce qui bloque la sortie du rapport. D’après le quotidien Emergence de ce jeudi 13 août 2015, la publication officielle de ce rapport initialement prévue pour le 18 décembre dernier, a été bloquée par les sbires de la présidence de la République qui ont adressé à la CONAC une correspondance enlevant le droit de traque à ce gardien de la fortune publique.

D’après l’une des chevilles ouvrières de la CONAC, «le rapport de la CONAC est là. Mais quand certaines personnes s’introduisent dans le travail des autres naturellement ça cause problème. Depuis que la CONAC existe, nous avons toujours présenté au public des rapports. Personne ne nous avait dit un mot. Mais cette fois-ci, on nous a écrit en disant que la lutte contre la corruption ne révèle pas de la CONAC ; Qu’il faut associer toute l’administration camerounaise», déclare-t-il lors de la question posée par le présentateur: « pourquoi le rapport de la CONAC n’est pas publié ? »

Pour Garga Haman Adji, « le président de la République ne peut pas être l’initiateur de cette correspondance ».

Par ailleurs, le quotidien rappelle que  « la CONAC créée par décret présidentiel en 2006 avant sa mise en service quatre ans après, a pour rôle de traquer les détournements des derniers publics. Aussi, le président de la République lui a décerné la responsabilité d’éduquer et sensibiliser les gestionnaires des fonds publics ».

Pourquoi aujourd’hui la présidence de la République affirme-t-elle que la lutte contre la corruption ne relève pas de la CONAC ?  Pour le quotidien, tout ce qui fait problème est « la nature des personnalités épinglées dans le dernier rapport dont les contrôleurs et vérificateurs du consupe», comme l’avait d’ailleurs préciséDieudonné Massi Gam’s président de la CONAC, lors la conférence de presse qu’il avait donnée le 26 juin 2014.