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La guerre de la France au Cameroun : qui a fait quoi ?

La guerre de la France au Cameroun : qui a fait quoi ?

La version du colonel Mboussi Onana

L’officier supérieur à la retraite a participé à la « lutte contre la rébellion » dans la Sanaga Maritime et à l’Ouest. Il en parle dans un livre publié aux Editions du Schabel.

Le colonel Clément Mboussi Onana, aujourd’hui à la retraite, est un acteur clé de ce qu’il appelle « la lutte contre la rébellion ». Il a travaillé comme militaire dès les années 1960 dans les différents théâtres de répression, notamment dans la Sanaga Maritime, le Moungo et l’Ouest. Il a publié en mai 2014, aux éditions du Schabel, un livre autobiographique intitulé « Le soldat de l’ombre ». « Au cours d’une opération entre Solé et Loum, je détruis un maquis, avec pour bilan un mort et un prisonnier parmi les rebelles. Le mort est décapité et sa tête portée sur une pique par le survivant ».

Des anecdotes comme celles-là fourmillent dans un chapitre réservé à ces « événements » pour l’instant peu connus des Camerounais. Lui-même pour des raisons non avouées ne dit pas tout avec précision sur ce pan de l’histoire du Cameroun. Il l’avoue d’ailleurs : « (…) Je couvrais le département du Moungo, donc l’arrondissement de Mbanga où a été capturé M. Ouandié. Je ne vais pas rentrer dans les détails de sa capture que je maitrise », dit-il à la page 67 de son livre. L’on sait par contre que le colonel à la retraite a mené ce qu’il désigne par « opérations » dans la forêt de Pendjock, la forêt d’Ibaik, Banganté, Makombé, Kola-Mission etc. Il souligne aussi que lors de certaines opérations notamment dans les collines de Batcha, dans le secteur de Bazou, Makombé et Bassoundjang, il était avec Pierre Semengué, capitaine à l’époque.

A Bazou par exemple, il y avait un « redoutable chef rebelle » qui se faisait appeler Château Dynamique. Il était la terreur des officiers français. « Il avait tué le lieutenant Vivares et deux de ses officiers. Une information non vérifiée disait que ce chef rebelle, après avoir tué l’officier français, l’aurait décapité et qu’il se servait du crane récupéré comme récipient dans lequel il buvait son vin de raphia, le fameux Nounkeu, en langue bamileké », écrit-il avant d’indiquer que sur le terrain, les officiers français avait une peur bleue.

A la lecture de cet ouvrage, l’on apprend qu’avant et après l’indépendance du Cameroun, il y a eu une sanglante répression dans plusieurs parties de notre pays. Ceux qui étaient considérés comme des rebelles avaient des convictions assez solides auxquelles ont adhéré une bonne partie de la population. En fait, un paragraphe du livre du colonel Mboussi Onana résume cette situation : « Le fait marquant de la rébellion était son implication idéologique dans la population civile à travers les actes de terreur, assassinats, enlèvements, incendie des maisons de ceux qui étaient considérés par les rebelles comme collaborateurs, parce que ne participant pas à l’idéologie de l’Upc. En effet, l’Upc fut le premier parti politique du Cameroun véritablement nationaliste. J’ai personnellement connu son secrétaire général, le très charismatique Ruben Um Nyobé ». C’est donc ce charisme et cette idéologie qui ont été combattus.

 

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