La Diplomatie camerounaise en « Paul position »

 La Diplomatie camerounaise en « Paul position »

A quelque chose malheur est bon, dit un vieux dicton. Le dénouement heureux de l’enlèvement de la famille Moulin Fournier composée de sept personnes trois adultes et quatre enfants, vient rappeler au monde entier que le Cameroun a un Président de très grande stature.

Ainsi est faite l’histoire. Elle ?nit souvent par de peti ts ou grands événements à vous rendre justice, malgré les hommes. La discrétion légendaire de la diplomatie non démonstrative du Président Biya a souvent été brocardée par ses détracteurs. On vient de voir par cette situation inédite ce que la sagesse africaine et l’expérience politique peuvent aider pour trouver une issue à une situation qui était dans tous les sens dramatique. Il y aura sans nul doute dans la relati on Cameroun France, une période d’avant l’a?aire Moulin Fournier et une période après l’a?aire Moulin Fournier. Tout simplement parce que le Président Hollande avait adopté jusqu’ici, une posture raide et diplomatiquement inappropriée pour recevoir, considérer certains chefs d’Etat africains qui pourtant sont ses aînés au regard de leur expérience politique bien plus longue. Les africains ne sont pas rancuniers. Il appartient au Président Hollande d’apprendre de l’Afrique qui représentera toujours beaucoup pour la France. Il s’agit de trouver des mots justes pour parler aux Africains. Hier on critiquait des mots inadaptés et injustes de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui ce ne sont pas les mots de Hollande qui choquent. C’est sa condescendance injusti?ée. On n’est pas meilleur Président africain parce qu’on un vient juste d’être élu, et mauvais Président parce qu’on est au pouvoir de plusieurs années. Nous espérons que la gestion de cet enlèvement et son dénouement permettrons à l’Elysée et au quai d’Orsay de prendre la mesure de l’expérience politi que du Président Paul Biya. Le Président Hollande qui ne jure que par la discrétion dans l’accomplissement des actes majeurs surtout en de telles circonstances. Il a donc trouvé l‘interlocuteur qui lui fallait et le résultat est là. Le cas Moulin Fournier, cett e famille très att achée à notre pays est venu se présenter à la France et au Cameroun comme l’épreuve ulti me d’examen approfondi de leurs liens de con?ance. Beaucoup sera dit par les commentateurs sur les prestigieux plateaux de la télévision française. On ne manquera pas de détailler les pourquoi et les comment qui ont permis cett e libération. Au Cameroun, il nous restera de fortes images du bonheur de la liberté retrouvée, percepti ble sur les visages de la famille Moulin Fournier à la sortie de l’hélicoptère qui se pose à l’aéroport de Yaoundé, de hautes personnalité son à l’accueil. Le Secrétaire général de la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, l’ambas sadeur de France au Cameroun Bruno Gain, les o?ciers de l’armée de l’air, les membres de la Brigade d’interventi on rapide et même les charmantes hôtesses. On sentait le souci de remettre avec une douceur in?nie aux autorités, cett e famille qui a sou?ert. Certes bien amaigris et barbus pour les hommes, madame Albane Moulin Fournier arborait un joli sourire, malgré son état frêle. Que dire des quatre enfants qui frayaient tranquillement leur chemin au milieu des adultes, les peti tes frimousses à peine marquées par l’épreuve. La réception pour un verre d’amitié avant le départ en France offerte par Monsieur et Madame Biya au Palais de l’unité a elle aussi été teintée d’une même joie et d’une émoti on palpable, ponctuée de chaudes accolades et de fortes étreintes de la première Dame Chantal Biya, aux membres de la famille Moulin Fournier. Quand Tanguy Moulin Fournier prend la parole, il impressionne par sa ?erté et sa lucidité, n’hésitant pas à rappeler son amour et son att achement pour le Cameroun malgré la dure épreuve vécue. Paul Biya dans son rôle de sage, que nous lui connaissons mais que d’autres se plaisent à minimiser, n’a pas manqué ce rendezvous diplomati que. Dans une adresse très courte, il a rappelé les e?orts et les coopérati ons qui ont été mise en œuvre pour la résolution de cet enlèvement. Pour le groupe GDF SUEZ et son PDG Gérard Mestrallet, cett e libérati on intervient comme une éclaircie qui dégage l’horizon des acti vités du groupe dont les ambiti ons au Cameroun avaient été a?chées avec vigueur au Chef de l’Etat Camerounais lors du forum économique de Paris par une délégation de représentant de son entreprise dans laquelle se trouvait Tanguy Moulin Fournier. La longue expérience d’échanges entre Yaoundé et Abuja est une réalité diplomatique dont le président Biya maitrise les arcanes depuis des années particulièrement sur les dossiers sensibles comme nos con?its frontaliers. Il va sans aucun doute que le Président Biya a travaillé main dans la main avec son homologue Goodluck Jonathan pour atteindre les résultats qui aujourd’hui sont cités comme un vrai succès diplomatique entre le Cameroun, le Nigeria et la France. Arrivé en France, on notera au bas de la passerelle d’accueil de la Famille Fournier, le Président Hollande et le Chef de la diplomatie Française Laurent Fabius, les familles mais aussi de la présence de l’ambassadeur du Cameroun à Paris. Le président Hollande lors de son adresse à la presse dans le pavillon d’honneur de l’aéroport d’Orly dira « Une fois encore, je veux remercier aussi bien le Cameroun que le Nigéria qui ont multi plié les contacts et permis cette libération, ajoute-il. Une pensée parti culière pour le président Biya qui, dans ces derniers jours, a eu un rôle important »
La prise d’otages d’une famille de re s s o r t i s s a nt s français avec de très jeunes enfants a provoqué une colère et un très grand émoi dans tout le pays. Le Chef de l’Etat, comme pour l’épisode de l’enlèvement des travailleurs pétroliers français par les pirates mariti mes a de nouveau fait parler son autorité et sa discrétion légendaire pour trouver une issue favorable à ce nouvel acte de terrorisme qui nuit à l’image du Cameroun pays de paix. Jamais en relations belliqueuses avec ses voisins de la sous-région.