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LA DIASPORA COMBATTANTE EN CONCLAVE À PARIS, PROMET LE FEU À PAUL BIYA

LA DIASPORA COMBATTANTE EN CONCLAVE À PARIS, PROMET LE FEU À PAUL BIYA

Les délégués des différents mouvements de la Diaspora camerounaise réunis à Paris.

C’est dans une relative discrétion que la diaspora combattante d’Europe et des Etats Unis s’est retrouvée le samedi 22 novembre 2014, dans une rencontre que certains participants ont qualifié de cruciale pour le changement au Cameroun. Préparée depuis quelque temps, cette rencontre a rassemblé les responsables et les membres des principales organisations patriotiques d’Europe et des Etats Unis. C’est en plein cœur de Paris que les leaders du CODE et leurs militants, toutes tendances confondues, se sont retrouvés aux côtés du Dr Jean Bosco Tagne, leader de CAMDIAC, basé à Boston, de Jean Robert Wanko, leader du Demokratish Netwerk für Kamerun (DNK) basé en Allemagne, et d’une forte délégation du Conseil des Camerounais de la Diaspora (CCD), présidé par Robert Waffo Wanto dit Général et basé à Paris.

Aux côtés de ces représentants d’organisations, quelques individualités ont apporté leur efficace contribution aux débats et à la réflexion. A leur nombre se trouvaient Bertrand Teyou, l’écrivain activiste, ainsi que Emmanuel Fonkwa, doyen de la rencontre, un économiste très actif, qui a su apporter sa tempérance dans la conduite des débats.

A l’ouverture des travaux, la trentaine de participants ont observé une minute de silence en mémoire et en l’honneur de tous les patriotes morts au combat pour la liberté. Pendant cette minute de silence, l’absence du Dr Guérandi n’était pas loin. D’ailleurs un peu plus tôt, pendant l’arrivée et l’installation des délégations, quelques échanges entre certains participants s’étaient focalisés sur le sort du Capitaine Guérandi. « Avec un tel régime, ce qui est arrivé à Guérandi peut arriver à chacun de nous », conclut un participant, non pas pour appeler à la crainte, mais pour appeler à la vigilance et à la solidarité entre les adversaires résolus du régime dictatorial de Yaoundé.

Les travaux, menés sur un ordre du jour préparé d’avance, ont porté sur la finalisation de la structuration du Front Uni de la Diaspora pour une Alternative au Cameroun (FUDAC), en abrégé « Le Front ».

La charte rédigée en septembre 2011, au lendemain de la dernière mascarade d’élection présidentielle, a fait l’objet de quelques dernières mises au point. Tous les chapitres de la charte sont alors passés en revue pour une dernière confrontation des idées avant l’adoption finale. Il faut préciser que la charte du Front détermine, dans ses principes, les grandes orientations des organisations membres du Front sur les élections, sur le choix des partenaires de lutte, sur les options de la lutte, sur les orientations diplomatiques du Front et enfin sur l’éthique indispensable à avoir en tant que membre du Front.

Après deux heures de débats empreints à la fois de détermination, de respect mutuel entre les participants mais aussi d’un esprit d’ouverture, la charte est solennellement adoptée. Pour marquer le moment, le président de séance se lève alors pour formaliser solennellement l’adoption de la charte, en notre présence et sous la caméra d’un confrère spécialement autorisé à filmer quelques moments de cette journée.

La charte étant adoptée, les actions concrètes à mener ont été passées en revue et examinées à la loupe par les participants. Les interventions du combattant Kemta, du Dr Ndjoumi, d’Henri Kingué, du commissaire Junior Zogo, de Jean Marie Moukam, et de nombreux autres militants, en plus de ceux cités ci-dessus, alimentent une discussion où le sérieux, la faisabilité, les moyens, les objectifs, sont passés au crible des intelligences et des expériences pratiques. Une discrétion nous est demandée à ce sujet. Le sérieux des débats et la nécessité d’aller au fond des choses pour plus de cohésion et d’efficacité emmènent les participants jusqu’à 17H00, heure initialement prévue pour terminer une longue journée entamée 7 heures plus tôt. Tout ce que nous pouvons en dire, c’est que la détermination des participants est indiscutable, et totale. Malgré quelques nuances dans les méthodes et les actions, tous sont d’accord pour constater que seule une épreuve de rapport de force amènera un véritable changement au Cameroun et contraindra le régime à enfin écouter les aspirations profondes du peuple camerounais, dont le départ de Paul Biya du pouvoir est la première et incontournable étape.

Au terme de cette journée, il faut surtout retenir que, outre la signature de la charte par toutes les organisations membres, un directoire composé d’un représentant de chacun des 5 organisations membre est mis sur pied. Sont désignés dans ce directoire pour Camdiac, Jean Bosco Tagne, pour le CODE, Brice Nitcheu et Moïse Essoh, pour DNK, Jean Robert Wanko, et pour le CCD Robert Waffo Wanto.

Une pause agrémentée d’un excellent repas de mets camerounais préparés par l’équipe d’organisation de la rencontre, donne l’occasion à une commission composée des secrétaires de séance, de récapituler les principales idées et décisions de la journée pendant que les autres se restaurent. Celles-ci sont solennellement lues et transmises au Directoire, qui se voit confier la mission de toiletter les textes, de les soumettre à un dernier regard de la part de chacune des organisations membres, et de les communiquer de la manière la plus adéquate. Malgré le départ de certains militants pour raisons personnelles ou professionnelles, la brochette de ceux qui ont tenu le coup jusqu’à la fin de la journée sacrifie alors à la séance de photos de famille, qui est couronnée par les cinq membres du Directoire du Front.

C’est dans la bonne humeur que les participants, heureux d’avoir réussi à dépasser leurs divergences pour renforcer leurs convergences, se séparent. Certains prennent la route du retour, pendant que d’autres décident de prolonger la fraternité, en cette soirée agréable du samedi 22 novembre, dans l’un ou l’autre restaurant africain de la région parisienne.

La diaspora combattante d’Europe et des Etats Unis, qui s’était cristallisée pendant la mascarade électorale de septembre 2011, a pris le temps de la maturation. Expérience après expérience, collaboration après collaboration, la confiance, la convergence et la camaraderie ont pris le temps de grandir suffisamment pendant ces trois longues années. Ce temps était nécessaire pour ne pas mettre la charrue avant les bœufs, disent ses représentants en chœur. Maintenant, avec le contexte qui s’ouvre partout en Afrique, c’était le bon moment. Au peuple camerounais, à la société civile et politique et à l’armée de lire les signes du temps, concluent-ils. Voici le temps du changement.

 

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