La coopération Turquie-cameroun réactualise le libéralisme communautaire

La coopération Turquie-cameroun réactualise le libéralisme communautaire

La philosophie politi que du Président camerounais s’est remise à couler à grands fl ots dans ses importants discours orientés vers le grand marché internati onal des investi sseurs qu’il appelle à venir parti ciper à la constructi on du Cameroun émergent. On avait presque oublié cett e rhétorique.

Car on l’avait classée dans les placards des souvenirs historiques marquant l’avènement du Président Biya à la magistrature suprême. Force est de constater que l’homme est resté sur une vision très précise du capitalisme qu’il aimerait voir se développer dans le pays qu’il dirige. Je suis pour le libéralisme communautaire annonçait le Président Biya en 1987, expliquant son opti on pour le libéralisme économique et l’initi ati ve privée, tout en préconisant la solidarité nati onale, la répartition équitable des fruits de la croissance, la justice sociale, l’éclosion d’une culture basée sur l’inventi vité et la coexistence harmonieuse des valeurs propres aux diverses communautés qui forment la Nation d’une part, mais aussi et surtout la nécessité de moderniser l’État et d’entretenir des relati ons de coopérati on avec les autres pays du monde.

Une vision que ne peut que conforter le monde des aff aires, les investi sseurs. En Turquie, les discours du Président Biya ont non seulement été appréciés, ils ont aussi été analysés, voire réinterprétés en des termes et comparaisons assez surprenants, générant même une nouvelle percepti on de l’homme d’Etat. Comme si la pensée et le discours politi que du Président Biya prenaient une intensité sous les cieux où sa parole est rare, voire inconnue. Il est vrai que les propos du chef de l’Etat semblent trouver un terrain de forte récepti on auprès du public averti des hommes d’aff aires et auprès de la classe dirigeante, qui ne tarissent pas d’éloges sur le Cameroun comme s’ils avaient subi collecti vement un endoctrinement renforcé. En anglais ou en français, pour ceux qui parviennent à soutenir l’échange, on entend toujours nos amis Turcs répéter votre Président est un grand Président et votre pays est un grand pays. Nous allons travailler avec le Cameroun. Nous aimons beaucoup la pensée politi que de votre Président. Vous savez ce que nous admirons chez votre Président, c’est ce que vous autres camerounais vous n’appréciez peut être pas. On n’est pas là pour juger vos opinions.

Chez nous, nous sommes fi ers des personnages historiques qui marquent fortement l’histoire du peuple et qui ti ennent le commandement malgré les péripéti es et votre président est là depuis le début pour son pays. Paul Biya c’est votre Atatürk ! entend- on dire.Il vous montre le chemin et plus tard vous allez voir tout le travail réalisé. On ne voit pas la récolte quand on sème. Nous dit un homme d’aff aires c’est pourquoi vous voyez chez nous, la photo d’Atatürk partout. Car c’est après que l’on a compris ce qu’il a fait pour la nati on Turque pas quand il faisait. La comparaison est surprenante et on se dit que nos amis Turcs uti lisent ici des fl agorneries desti nées à faciliter leur commerce.

Mais cette comparaison faite à plusieurs reprises certes par une classe d’hommes d’aff aires, nous est parue comme une percepti on et de notre chef d’Etat et de notre pays que nous même avons le plus souvent oubliée. Le peuple Turc est en train de réviser sa façon de se présenter au monde et a mis en place une stratégie pour se faire connaitre et peser sur le jeu mondial au niveau politi que comme au niveau économique. Pendant très longtemps nous disent nos interlocuteurs, la Turquie était tourné vers les grands pas de l’occident et se comportait comme un élève qui att endait la reconnaissance de son maître comme le sont les pays africains face à leurs anciens colonisateurs. Nous avons vu que cett e stratégie et cett e obéissance ne nous rapportait rien.

Les grands pays d’occident ne faisaient aucun eff ort pour reconnaître tous nos efforts pour leur ressembler. Alors nous avons décidé non pas de couper nos relati ons avec les grands pays industrialisés mais de nous prendre en charge et assurer notre propre épanouissement par l’émancipati on économique. Cett e prise de conscience a créé un changement dans notre pays depuis treize ans déjà et a provoqué le miracle économique Turc.

Le Cameroun sait très bien gérer sa coopérati on avec les puissances occidentales et aujourd’hui il est temps de construire une nouvelle coopérati on avec d’autres pays qui ont émergé économiquement comme la Turquie qui ne coupe pas ses relati ons avec les grands pays industriels, mais qui est libre de développer de nouvelles alliances stratégiques.

C’est plus facile d’apprendre d’une personne qui a vécu les mêmes diffi cultés. Nous en Turquie, mieux que la Chine et l’Inde qui ont décollé bien avant, nous pouvons mieux apprendre au Cameroun et aux africains comment uti liser l’économie pour ratt raper son retard industriel sur les autres économies du monde globalisé. Afi n de construire comme nous, des grandes nati ons composées de plusieurs sensibilités régionales, plusieurs religions comme c’est le cas en Turquie. Nous sommes très bien placés pour créer avec le Cameroun, un vrai miracle qui va accélérer son avancée vers l’émergence.