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La BEAC lance les activités du Comité de surveillance des moyens de paiements dans la zone Cemac

La BEAC lance les activités du Comité de surveillance des moyens de paiements dans la zone Cemac

Tahir Hamid Nguilin (photo), le vice-gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), institut d’émission des six pays membres de la Cemac, que sont le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine, la Guinée équatoriale et le Tchad, a officiellement lancé, le 26 juin 2015 au siège de la BEAC à Yaoundé, les activités du Comité régional de surveillance des systèmes de paiements de la zone Cemac.

La première tâche du tout nouveau comité, qui, au travers de contrôles sur pièces et surplace, veillera désormais aux respects scrupuleux de la Charte de bonne conduite en matière d’exploitation des systèmes de paiements dans la zone Cemac, a été d’adopter les outils de travail tels que le référentiel de surveillance, le guide d’utilisation de ce référentiel, les fiches de surveillance et les fiches de reporting.

Selon le vice-gouverneur de la BEAC, la mise en place de ce dispositif de surveillance, qui permet ainsi à cette banque centrale de «s’arrimer aux bonnes pratiques définies par la Banque de règlements internationaux», survient dans un contexte marqué par l’explosion des transactions sur les systèmes de paiements mis en place par la BEAC depuis 10 ans.

Il s’agit notamment du Système de gros montant automatisé (Sygma), qui permet le dénouement automatique et instantané des transactions de plus de 100 millions de francs Cfa ; et du Système de télécompensation de l’Afrique centrale (Systac), qui permet aux banques de compenser automatiquement les chèques et autres moyens de paiement scripturaux reçus de leurs clients.

93 000 milliards de francs Cfa de transactions en un 2014

Afin de démontrer le niveau d’engouement autour de ces systèmes de paiements et d’en dévoiler la nécessité d’une surveillance accrue du dispositif, Tahir Hamid Nguilin a révélé que pour la seule année 2014, plus de 185 000 transactions ont été effectuées via le Sygma, pour un montant total de plus de 76 600 milliards de francs Cfa, contre 5 millions de transactions effectuées sur le Systac, pour un montant de 16 500 milliards de francs Cfa. Calculette en main, cela fait 93 000 milliards de francs Cfa de transactions sur les deux plateformes en une seule année.

«L’importance tant par le nombre que par les montants des transactions échangées, ainsi que la rapidité de leur dénouement sur notre place financière totalement décloisonnée, constituent de réels facteurs de risque, dont la non prise en compte pourrait induire et transmettre des ondes de chocs, de nature à compromettre la stabilité monétaire et financière de la zone (…) Pour nous, la surveillance est la seule réponse à même d’endiguer les risques inhérents à l’exploitation des systèmes de paiements et de réduire les possibilités de survenance des crises financières, ainsi que les contagions systémiques éventuelles», a indiqué le vice-gouverneur de la BEAC.

A l’en croire, les 135 utilisateurs des plateformes Sygma et Systac (banques, Trésors nationaux, entreprises, etc.) dans la zone Cemac s’exposent à des sanctions allant du simple blâme à l’exclusion totale du système, selon la gravité des manquements qui seront observés pendant les contrôles sur pièces ou surplace du Comité régionale de surveillance des systèmes de paiements de la Cemac.

Brice R. Mbodiam

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