Kyé-ossi :La douane sécurise ses recettes

Elle vient de créer le tout premier centre de négoces dans la ville frontalière.

Les adeptes de la fraude et de la contrebande seront bientôt hors d’état de nuire dans la région des trois frontières. L’administration des douanes, la commune de kyé-ossi et le Fonds d’investissement et d’intervention inter communale (Feicom), viennent de signer l’acte de naissance du tout premier centre de négoces du Cameroun.

C’était au cours d’une Assemblée générale (Ag), constitutive du Groupement d’intérêt public (Gip), dénommé centre de négoces, présidée par Minette Libom Li Likeng, Directeur général (Dg), des douanes. «C’est depuis 2011 que la loi de finances a prescrit la mise sur pied des centres de négoces au niveau des villes frontalières qui le veulent. Ces derniers permettent de canaliser le commerce, de lutter contre la fraude et la contrebande, et en même temps,  d’impliquer les communes à la gestion publique en leur donnant un peu plus d’argent pour qu’elles puissent appuyer l’Etat dans la collecte des recettes», a indiqué le Dg des douanes.

Les centres de négoces, selon le décret du Premier ministre (Pm), Philémon Yang signé le 12 septembre 2014, portant création, organisation et fonctionnement de ces structures sont : «des points uniques d’entrée de marchandises dans les localités frontalières de l’hinterland, de magasins, ou aires de dédouanement aménagés dans le cadre d’un partenariat entre l’administrations des douanes et les communes intéressées», peut-on lire à l’article deux. Il s’agit d’un viatique solide de sécurisation, d’organisation, de facilitation et de régulation du commerce extérieur dans les localités frontalières.

Le texte stipule par ailleurs qu’ils constituent une nouvelle source de revenus pour les localités comme Kyé-ossi, dans la mesure où, «les communes ayant aménagé des centre de négoces bénéficient, en guise d’appui à l’investissement réalisé, d’une allocation financière annuelle calculée sur la base des recettes budgétaires réalisées par les bureaux des douanes installés sur le territoire de la commune», souligne l’article 11.

L’aménagement de ce marché frontalier, qui est une illustration parfaite de la gestion coordonnée des frontières et un exemple de coopération inter agences, s’inscrit dans le cadre de la politique gouvernementale d’amélioration du climat des affaires, autant que ce processus va réduire considérablement les tracasseries douanières qui étaient devenues un  véritable cauchemar pour les commerçants et autres hommes d’affaires qui font transiter leurs marchandises par voie de route. Car selon le Dg des douanes, «l’un des avantages des centres de négoce est  qu’une fois la marchandise payée, le propriétaire peut librement voyager jusqu’à destination en présentant simplement ses papiers».

La convention ainsi signée qui a également permis de désigner les membres du comité de gestion du centre, est le résultat d’un travail de longue haleine qui a commencé avec la préparation des textes juridiques et dont l’acte final a été joué vendredi, 18 septembre 2015, par la signature du projet de convention constitutive du Gip entre les trois institutions. Plusieurs autres pays comme la Tunisie ont expérimenté avec succès la mise en place de ces centres, apprend-on. «Après avoir tenu cette Ag, nous allons mobiliser les fonds pour construire. Et après, suivront les retombées. Mais le moins qu’on puisse dire est que Kyé-ossi est en train de jouer sa partition pour l’atteinte de l’émergence en 2035. Cette partition va accélérer le développement économique de cette partie du pays», a soutenu la patronne des douanes.