Koza :Un préfet fait tabasser des électeurs

Candidat malheureux à la chefferie, il leur reproche d’avoir pris son pot-de-vin sans pouvoir jeter le moindre bulletin dans l’urne.

La scène se passe dans l’arrondissement de Koza, dans le département du Mayo-Tsanaga, au lendemain d’une élection en vue de la désignation du chef de troisième degré. Une consultation des notabilités coutumières qui a vu une large victoire d’un villageois au détriment d’un préfet de la république. Le mardi 25 aout dernier, au lawanat de Koza, la consultation met aux prises sept candidats avec un collège électoral de 28 votants. Le sous-préfet qui présidait la cérémonie, par souci d’équité et d’impartialité, confie l’organisation à Elections Cameroun (Elecam).

Au terme du vote, c’est Pardapa Zanadi qui sort vainqueur avec 11 voix. Parmi les candidats figurait alors Taguiéké Kildadi, l’actuel préfet du Mayo-Banyo qui s’en sort malheureusement avec deux maigres voix. Il tente de contester mais rien n’y fait. Mais le lendemain, le préfet, candidat malheureux et qui avait visiblement “vu” les votants quelques jours avant décide de régler ses comptes en allant récupérer son bakchich tout en passant au tabac les insolvables. “Il était flanqué de son garde du corps et de son petit frère qu’il a envoyé chez chaque notable récupérer l’argent de campagne, parce qu’ils n’ont pas voté pour lui. C’est dans la foulée que Maidadi Houdvatak, un autre notable a été tabassé par le petit frère du préfet et son garde du corps. Le préfet candidat malheureux a violemment éconduit un visiteur à qui il reproche d’avoir pris part à l’arrosage de la victoire de son rival“.

Selon plusieurs sources qui s’accordent sur la véracité de cet incident avec une pointe d’ironie, il ne jouirait pas de la sympathie de ses frères et brille toujours par un abus d’autorité. Une élite de Koza nous a également confié sous cape : “On l’a pourtant conseillé de ne pas se présenter parce que les sondages lui étaient défavorables. Dans la ville de Koza, on connait qui est qui. C’est à l’exemple du ministre Zacharie Perevet, tête de liste aux municipales à la commune de Koza lors des élections du 30 septembre 2015 et qui a mordu la poussière devant l’Undp“.