Kenya: la tension monte

De nombreux cas de violences recensés à quelques jours des  élections générales du 8 août prochain.

C’est dans une semaine exactement que les Kenyans vont élire leur président, mais aussi leurs gouverneurs, députés, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l’Assemblée. Le thermomètre est monté pour la dernière semaine de campagne électorale qui va conduire aux élections générales du 8 août prochain. Si la campagne électorale s’est déroulée dans un calme relatif, l’attaque de la résidence du vice-président, William Ruto samedi dernier, et l’annonce lundi de l’assassinat d’un haut responsable informatique de la Commission électorale sont venus plonger les électeurs kenyans et les observateurs dans une grande anxiété. Des débordements plus importants sont en effet à craindre, notamment du fait des critiques réciproques des deux principaux blocs politiques qui vont s’affronter : la National Super Alliance (NASA), une coalition d’opposition regroupant cinq partis dirigée par Raila Odinga et la Jubilee Alliance conduite par le président sortant, Uhuru Kenyatta.

L’opposition accuse le pouvoir de préparer des fraudes massives. Le leur côté le président Kenyatta et son vice-président William Ruto n’ont eu de cesse de rejeter en bloc les allégations de l’opposition et l’accusent de préparer l’opinion au rejet de leur réélection. Pour sa part, le chef de la Commission électorale se veut rassurant. Selon lui, le vote électronique ne permettra pas de fraudes, notamment grâce à la reconnaissance biométrique des 19,6 millions d’inscrits. D’une façon générale, la tension est vive dans le pays, car l’élection présidentielle  s’annonce serrée entre Uhuru Kenyatta, le président sortant, et le chef de l’opposition, Raila Odinga.

Pour prévenir d’éventuelles troubles à l’occasion du scrutin,  un déploiement sans précédent de 180.000 éléments des forces de sécurité est annoncé. Le vote au Kenya prend généralement une connotation ethnique. Ainsi, entre Uhuru Kenyatta (un Kikuyu) et Odinga (un Luo), la méfiance est à son comble. Les deux principaux candidats ont mis sur pied deux puissantes alliances électorales. Et d’après les observateurs, la décision va se faire sur la capacité  des deux blocs à mobiliser leurs sympathisants le jour J.