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Kareyce Fotso: «Nos différences doivent être une force et non un frein»

Kareyce Fotso: «Nos différences doivent être une force et non un frein»

Son troisième album, «Mokte» est sorti officiellement hier 20 mai, à l’occasion de la célébration de la fête de l’Unité nationale. En accord parfait avec l’esprit de cet opus qui invite à l’acceptation dans la diversité. L’artiste musicienne s’est confiée à nous à la veille de deux showcases à Douala et à Yaoundé.

A qui s’adressent les thèmes de votre nouvel album ?

Les thèmes de l’album s’adressent à tout le monde entier parce que je parle de l’acceptation de l’autre malgré nos différences dans sa globalité. A l’intérieur, il y a aussi deux autres sujets mais je pense que ça concerne tout le monde. Dans le contexte camerounais, je parle du renforcement de l’Unité nationale. J’invite les uns et les autres à prendre conscience que nos langues et nos différences doivent être une source de développement, une source pour l’avancée et le bien-être de notre pays. Le Cameroun est riche. Il ne faudrait pas que ces différences soient un frein à l’élan de développement qui est mis sur pied. Ça doit être une force.

Qu’est-ce qui a guidé le choix des thèmes. Un constat ou une frustration vécue?

Je suis partie du constat selon lequel, le Cameroun est linguistiquement riche. Aussi lorsqu’on est un enfant qui ne chante plus uniquement à un endroit précis et qui voyage à travers le monde, tu ne peux plus représenter une tribu mais une nation. Et pour représenter valablement la nation camerounaise, je me suis sentie le devoir d’aller explorer d’autres régions et a ne plus rester cantonner dans une seule.

Ont collaboré dans cet album, Jack Djeyim, Gino Sitson, Isnebo…pourquoi avoir fait appel à ces aînés pour ce troisième album alors que comme vous le dites, vous avez grandi ?

J’ai grandi certes mais on a toujours besoin de plus grand que soi. J’ai besoin d’eux encore et encore. Parce que quand je grandis, ils grandissement aussi. Ils m’ont aidée sur tous les plans. Gino, la voix, la direction artistique ; Jack Djeyim m’a guidée, a fait des guitares et m’a montré le chemin et Isnebo a composé pour une belle chanson. Bref, ils m’ont porté.

Votre troisième album Mokte, est sorti officiellement au Cameroun le 20 mai, jour de la célébration de la fête de l’Unité nationale…

Je pense que c’est important de célébrer cette fête. Surtout si on croit que nous ne sommes pas unis. C’est le lieu de le rappeler parce que l’Unité n’est pas un acquis. Quand on en parle, cela rappelle à chacun que nous appartenons à une nation indivisible. Qu’on est un peuple qui appartient à une terre.

Est-ce que la manière avec laquelle est célébrée cette fête au Cameroun renforce l’acceptation de l’autre que vous prêchez sur votre troisième opus ?

C’est un combat perpétuel. Il faut continuer à le mener et aller jusqu’au bout. Et continuer à poser des actes positifs pour que la nation se dise que c’est possible qu’on le fasse. Que chacun de nous pose des actes pareils et considère l’autre comme son frère. Eviter le favoritisme, que le seul motif d’un recrutement soit la compétence. Qu’un enfant se dise que s’il est performant, il sera recruté. C’est des actes comme cela qui renforcent l’Unité nationale. Chacun se sent ainsi camerounais.

Vous avez rêvé quand vous étiez jeune d’être une grande artiste, une épouse et une mère épanouie. Aujourd’hui vous les avez. Est-ce que vous continuez de rêver ?

(Souries !) Je continue de rêver. Encore et encore parce que je continue de travailler. Je rêve de découvrir le monde, de faire de belles rencontres artistiques et explorer tous les rythmes de chez nous. Je continue de travailler la guitare et ma voix pour être meilleure. On n’est jamais arrivé, le jour où on arrête de travailler, tout s’arrête aussi.

 

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