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Justice : le TCS a un nouveau procureur général

Justice : le TCS a un nouveau procureur général

Justine Aimée Ngounou Tchokonthieu remplace Emile Zéphyrin Nsoga.

Hier, 28 juillet 2015, Justine Aimée Ngounou Tchokonthieu a été nommée par le chef de l’Etat, Paul Biya, procureur général près le Tribunal criminel spécial (Tcs).  Maintenue au poste de procureur général près la Cour d’appel du Nord à Garoua à la suite du dernier Conseil supérieur de la magistrature qui s’est tenue le 18 décembre 2014, elle avait par ailleurs été promue au grade de magistrate hors hiérarchie 2ème groupe. Ancienne vice-présidente de la Cour d’appel du Littoral à Douala, poste qu’elle occupe avant d’être affectée à Garoua, Justine Ngounou hérite d’un parquet qui était jusqu’ici dirigé par Emile Zéphyrin Nsoga qui a très souvent défrayé la chronique par ses faits et méfaits au sein du Tcs dont il restera le tout premier procureur général, après y avoir été nommé en avril 2012, lorsque cette juridiction a été mise en place.

Depuis quelques semaines, en effet, il se murmurait dans les allées du palais de justice de Yaoundé, qu’un important mouvement des magistrats se profilait à l’horizon. Et le nom d’Emile Zéphyrin Nsoga revenait comme un de ceux qui pourrait quitter leur fonction. La nouvelle n’a donc pas surpris grand monde hier au Tcs lorsqu’elle est tombée vers 17h00. Certains personnels de cette juridiction souvent déjà partis de leurs bureaux à 18h s’y trouvaient encore à cette heure là et longtemps après, principalement pour commenter le départ du « tout puissant Pg ». Un départ qui, là bas, semble faire plus d’heureux que de mécontents. Pour les plus cyniques, c’est même un « bon débarras ».

Officiellement « admis à faire valoir ses droits à la retraite », dans le milieu judiciaire, le remplacement de Emile Zéphyrin Nsoga est davantage perçu comme un limogeage. Et ce, car depuis le mois de février 2015, l’entourage du procureur général du Tribunal criminel spécial est cité dans un scandale de corruption. S’il n’est (pour l’instant) pas directement incriminé, son garde du corps, le gardien de la paix principal, Maurice Belinga est accusé d’avoir abusé d’un justiciable incarcéré à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui à qui il a pris la somme de 11 millions FCfa contre un arrêt des poursuites, une décision qui relevait pourtant de la compétence du procureur général du Tcs, son patron d’alors.

Emporté par son garde du corps ?

Lorsque l’affaire est mise à nue, une enquête est ouverte par le corps spécialisé des enquêtes du Tcs, une instance qui dépend du parquet général du Tcs. Le garde du corps du procureur général du Tcs est suspendu de ses fonctions. Des collaborateurs du président du Tcs et du procureur général du Tcs sont entendus. Des confrontations sont organisées. Le garde du corps d’Emile Zéphyrin Nsoga passe aux aveux. Le journal Kalara révèle dans une de ses éditions que Maurice Belinga propose même de rembourser une partie des 11 millions FCfa extorqués. Le 15 mai 2015, Maurice Belinga est placé sous mandat de détention provisoire à Kondengui. Le ministère de la Justice se mêle à l’enquête. L’affaire se trouve actuellement au stade de l’information judiciaire.

Aurait-elle emporté l’ancien directeur des affaires pénales et des grâces du ministère de la Justice ? Emile Zéphyrin Nsoga s’en va sans qu’on ait eu besoin d’attendre un prochain Conseil supérieur de la magistrature, l’instance qui habituellement connait de la gestion des carrières des magistrats. Les mouvements opérés hier n’ont alors touché que des magistrats du parquet, qui, contrairement aux magistrats de siège, peuvent être bougés sans nécessairement l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, car, eux (les magistrats du parquet) dépendent du ministère de la Justice.

 

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