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Justice: 10 experts taclent l’attitude de Paul Biya sur le cas de Me Lydienne Eyoum

Justice: 10 experts taclent l’attitude de Paul Biya sur le cas de Me Lydienne Eyoum

La promesse faite par Paul Biya, à mots couverts, d’une libération de Me Lydienne Yen-Eyoum est scrutée par des juristes, historiens et membres de la société civile camerounaise.

Le Chef de l’Etat a peut-être bardé à Hollande l’indépendance présumée de la justice camerounaise, en promettant, même à mots couverts, une libération de Me Lydienne Yen-Eyoum. Dans un dossier de trois pages publié ce vendredi 10 juillet 2015 par le quotidien Emergence, dix experts juristes, historiens et membres de la société civile camerounaise, donnent des avis majoritairement sévères sur cette sortie du président de la République à l’occasion du séjour de François Hollande en terre camerounaise le 3 juillet dernier.

Pour Ahmadou Séhou, analyste politique, « la promesse de Paul Biya démontre le manque d’indépendance de notre justice ». Il ajoute : « Le discrédit jeté sur l’opération Epervier est réel et patent ! ».

Depuis la ville de Baltimore aux Etats-Unis, le juriste Pierre Lewe écrit : « La promesse de Biya est une preuve de non-repsect de la séparation des pouvoirs ».

Le Pr Hamadou Adama, historien, estime qu’il « faut prendre la position de Biya avec des pincettes (…) Au temps actuel de la promesse faite et du contexte de la répression des personnes coupables de distraction des deniers publics, tout semble indiquer que la traduction en actes concrets de cette promesse prendra encore quelque temps avant que sa matérialisation ne soit effective ».

Me Léonard Ndem, avocat au Barreau du Cameroun, est plus péremptoire : « Le président de la République a jeté le discrédit sur le pouvoir judiciaire ». Pour sa part, Me Marc Ndzouba, Président de SOS Racisme Cameroun tempère : « Ce n’est pas un scandale, mais un geste humanitaire (…) Ce sont les textes fondamentaux de notre pays qui lui donnent ce pouvoir même si pour l’heure, il se trouve que dans le lot des personnes totalement bénéficiaires se trouvent des Français ».

Le journal au aussi rencontré Me Gabriel Zeuga, avocat au Barreau du Cameroun, qui juge : « Paul Biya est loin de nous convaincre (…) N’oublions pas qu’il a relativisé son propos en disant que sa prise de position est subordonnée à la disposition constitutionnelle ».

Eric-Achille Nko’o, analyste politique, estime lui aussi que « la réponse du président Paul Biya à ce sujet est restée ouverte ». Il insiste : « Il faut être sans pitié vis-à-vis de ces prévaricateurs de la fortune publique au Cameroun ».

Le mot de la fin revient à Cabral Libii, juriste et analyste politique, qui tranche : « Notre chef de l’Etat a courbé l’échine devant l’instruction du président français (…) La mollesse est traduite par l’occasion manquée d’affirmer avec fermeté la souveraineté de l’Etat qu’il dirige ».

 

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