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Journée de la liberté de la presse: Le Gouvernement annonce son retrait de l’organisation

Journée de la liberté de la presse: Le Gouvernement annonce son retrait de l’organisation

Issa Tchiroma Bakary qui a convié le 9 avril 2014, les patrons de presse et autres leaders syndicaux à une réunion préparatoire de la célébration de la 21e journée internationale de la liberté de la presse a indiqué que c’est la dernière fois que le gouvernement régente les activités de cette commémoration.

 

Le ministre de la Communication ne s’est pas lassé de le répéter : « il ne s’agit pas d’ingérence ou d’immixtion dans les activités professionnelles des hommes et femmes de médias, mais juste d’accompagnement ». Si Issa Tchiroma sert invariablement cette rengaine à la centaine de ses convives ayant rallié la salle de conférence du bâtiment B du ministère de la Communication, c’est qu’il se trouve qu’il y en a parmi les professionnels de la plume et du micro qui ne cachent pas ou qui cachent très mal du moins, le fait qu’à l’occasion de cette rencontre, le ministre signale d’un ton quasi impérial que la journée internationale de la liberté de la presse se célèbrera au Cameroun sous le thème : « vers de nouveaux objectifs : soutien de l’agenda post 2015 pour le développement », or l’Unesco qui a institué de cette commémoration a choisi le thème, « vers de nouveaux objectifs : des médias libres, facteurs de bonne gouvernance, d’autonomisation et d’éradication de la pauvreté ». Quel est le problème ? Le gouvernement voudrait s’accaparer la « fête » ? Arguent les journalistes. « Non, il s’agit de la dernière édition où le gouvernement prend une part active dans l’organisation. Dès 2015, ce sont les organisations socioprofessionnelles qui régenteront les activités de la journée internationale de la liberté de la presse », apprend Tchriroma en guise de riposte.Cette annonce rassure quelque peu mais ne dissipe pas toute appréhension. La preuve ? Grommelant, un éditeur indique que depuis 2012, le gouvernement le suggère sans jamais passer à l’acte. Un peu dans le même sillage, Haman Mana, sous sa casquette de président de la fédération des éditeurs de presse du Cameroun, un des derniers nés des regroupements corporatifs sous le landerneau médiatique, déroule au ministre Tchiroma le planning de la commémoration du 3 mai 2014 préparé par ses pairs et lui. Un peu comme pour souligner par les actes que l’organisation de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse par le gouvernement n’est pas tout à fait bienvenue. Cependant le Dp du Jour estime qu’on peut imbriquer les activités prévues par les éditeurs dans celles envisagées par le gouvernement, lesquelles s’étendent sur près d’une semaine et sont agrémentées par de concours du meilleur papier, les expositions, une table ronde et un gala.

Frustrations

L’idée est vendue… du reste si l’on s’en tient quelques acquiescements des collaborateurs du ministre Tchiroma. Enfin… jusqu’à ce que Nta à Bitang, le Vice président de l’Union des journalistes camerounais (Ujc) et enseignant de journalisme bien connu, sonne à nouveau la révolte. Plus abrupte, que les autres « indignés » M. Nta dit vouloir partager avec l’assistance sa frustration causée par le fait qu’une énième fois, c’est le gouvernement qui doit organiser les activités du 3 mai. Sa frustration est partagée par certains visages emblématiques de la presse camerounaise invitée à la réunion préparatoire comme Félix Ebolé Bola.

Mais c’était sans compter avec le bagou du ministre de la Communication qui propose que le gouvernement arrête séance tenante sa participation à la préparation des activités du 3 mai 2014. « Si vous voulez, je suspends toute participation maintenant et je préviens ma hiérarchie de la situation. Ainsi vous organiserez vous-même, les activités et le gouvernement vous apportera le soutien qu’il pourra », fulmine Tchiroma qui a subitement abandonné sa pince d’humour. Pris de court, les journalistes restent prudents. Ce, avant qu’Haman Mana reprenne la parole pour indiquer -tenant l’instrument de travail qu’a distribuer aux journalistes, les collaborateurs du Mincom- que puisqu’on y est… qu’on reste jusqu’au 3 mai 2014. Et qu’en 2015…. le gouvernement libère le planché.

Le modus vivendi est visiblement trouvé. Puisqu’en se séparant quelques dizaines de minutes après, Dp, leaders syndicaux, représentant de groupe de presse et cadre du Mincom ont promis de travailler sur « l’instrumentum laboris » proposé par le ministère afin de faire des propositions concrètes. Mille castors ! Ce sera la dernière fois que la presse deal avec les pouvoirs publics pour exalter la liberté de la presse au Cameroun. Vivement donc 2015.