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Joseph Béti Assomo imprime ses marques

Joseph Béti Assomo imprime ses marques

A peine arrivé à la tête du département ministériel en charge de la Défense, le natif d’Ayos marque de précieux points, déterminé qu’il est à restaurer la discipline qui doit régner dans les rangs et les relations saines qui doivent régner entre les populations et les forces de défense. Les brebis galeuses n’ont plus qu’à bien se tenir.  

Trois semaines après sa promotion au rang de ministre délégué à la présidence en charge de la défense, Joseph Béti Assomo, réputé homme de terrain, entreprend une tournée des unités placées sous son commandement, tournée qui le conduit tout d’abord dans les zones de la guerre qui oppose depuis environ deux ans, le Cameroun au groupe terroriste Boko Haram. La visite du Mindef se situe dans un contexte tel que les populations se sont retournées contre l’armée, qui était sensée construire la digue de Maga. Occasion que saisit Joseph Béti Assomo pour faire le point sur les opérations avec les différents responsables qu’il rencontre dans leurs postes de commandement respectifs. La principale leçon à tirer de la tournée du Mindef à l’Extrême-Nord étant le renforcement de la politique de défense populaire, qui doit s’articuler autour des liens forts entre les populations et les forces de défense. L’armée doit se sentir entourée par les populations pour qu’elle bénéficie du bon renseignement.

Durant les 72 heures du périple de Joseph Béti Assomo à travers une région de l’Extrême-Nord qu’il connait bien pour y avoir séjourné pendant deux années (2010-2012) comme gouverneur, il a rencontré les chefs militaires, les hommes de rang, les autorités administratives, politiques et religieuses, les opérateurs économiques, les chefs traditionnels et autres forces vives de la région dont les confidences vont enrichir son rapport qu’il va adresser au Chef suprême des Forces armées. Il s’est dégagé comme un air de complicité entre le ministre délégué à la Défense et ses hôtes en raison d’un passé auréolé d’esprit de franche collaboration, d’estime mutuelle. Le Mindef a indiqué le nouveau pacte de confiance qui devrait désormais régner être les forces de défense et les populations, relations jusque-là empreintes de méfiance. A ce sujet, Joseph Béti Assomo a relevé également un point important sur la discipline qui doit régner dans les rangs et les relations saines qui doivent régner entre les populations et les forces de défense. La défense populaire que nous préconisons tous suppose que l’armée qui traque Boko Haram doit être entourée des populations. Le patron de la Défense a confié être au courant de nombreuses indisciplines dont se seraient prévalu certains soldats véreux vis-à-vis des populations innocentes, même s’il a classé ces abus dans le registre des «cas isolés». Sauf que la réaction du Mindef n’a pas tardé. Selon un communiqué de presse signé le 15 novembre dernier, Joseph Béti Assomo a frappé du poing sur la table, n’hésitant pas à administrer des sanctions disciplinaires exemplaires à l’encontre de certaines brebis galeuses reconnues coupables de faits graves contre l’honneur et l’éthique.

Tolérance zéro
Certains militaires en zone d’engagement, apprend-on, ont récemment été reconnus coupables des faits graves avérés contre l’honneur et l’éthique des Forces de défense. Aussi, le Mindef désapprouve-t-il avec la plus grande fermeté ces actes odieux et heureusement isolés d’une minorité de militaires qui entachaient l’image des forces de défense, au moment où elles font face, avec abnégation et courage, aux menaces protéiformes qui menacent notre pays. «Des sanctions disciplinaires exemplaires ont été immédiatement prises à l’encontre des mis en cause en même temps que des poursuites pénales sont engagées». Et le Mindef réitère l’esprit de discipline qui doit régner au sein de la troupe et de la parfaite collaboration entre les populations et les forces de défense visant à consolider le lien armée-nation.

Enfin, il rassure l’opinion de la détermination du haut commandement à combattre toute dérive de la part de certains militaires susceptibles de porter atteinte aux droits des populations. Un autre communiqué du Mindef signé le même jour fait état de ce que Joseph Béti Assomo dégage la responsabilité du département ministériel dont il a charge autour de l’arnaque des candidats au recrutement dans les armées et la gendarmerie. En effet, il est donné de constater pour le déplorer que des individus véreux profiteraient de la naïveté de certains candidats aux recrutements actuels en cours dans les armées et la gendarmerie nationale, pour leur extorquer de l’argent sous la promesse de leur admission auxdits recrutements. Fort de ce qui précède, le Joseph Béti Assomo rappelle fermement à l’attention de l’opinion nationale que la seule voie d’admission légale aux recrutements passe par les visites médicales, les épreuves physiques et les tests qui répondent aux critères standards d’aptitude et d’égalité des chances. Il dégage par conséquent, la responsabilité du département ministériel dont il a charge concernant ces arnaques. «Les hauteurs de ces pratiques éhontés sont passibles de poursuites pénales et des sanctions disciplinaires suivant le cas», avertit-il. Il demande que de telles pratiques soient être portées avec diligence à son attention directement ou à travers ses divers collaborateurs pour que des mesures énergétiques appropriées et sans état d’âme soient prises.

Prise de contact
A noter que dans la foulée de sa visite de travail dans la région de l’Extrême-Nord en proie aux attaques du groupe terroriste Boko Haram, le Mindef s’est rendu dans la région de l’Est, une région toute aussi en proie à l’insécurité au niveau des frontières. Joseph Béti Assomo effectue le tour du propriétaire dans les différents postes de commandement des démembrements des Forces de défense implantés dans cette région, dont le 12e Bataillon d’infanterie motorisée de Bertoua. Cette escale permet au Mindef de remobiliser les responsables militaires et leurs troupes, dans la traque des bandes armées qui commettent des exactions sporadiques sur notre territoire. Ces bandes armées traînent aussi une triste réputation dans le braconnage des espèces animales en voie de disparition et dans l’exploitation illégale des pierres précieuses telles que le diamant et l’or. La prise de prise de contact du Mindef s’est poursuivie pendant le week-end à Bakassi, où Joseph Béti Assomo a pu apprécier les mesures mises en oeuvre par le Bataillon d’intervention rapide (BIR), pour protéger les eaux ter r i tor iales du Cameroun. Pour mieux lutter contre la piraterie maritime dans cette zone en butte aux trafics de toutes sortes, le Mindef annonce la construction, dès l’année prochaine, d’une garnison militaire dans la péninsule.

 

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