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JOSEPH ANTOINE BELL : UN CANDIDAT SUR SON NUAGE

JOSEPH ANTOINE BELL : UN CANDIDAT SUR SON NUAGE

L’ancien gardien de buts a annoncé sa candidature à la présidence de la Fecafoot hier à Yaoundé. Il en appelle à l’action des medias pour l’aider à enrayer le holdup électoral qui se prépare à Tsinga.

Un festival exceptionnel d’auto gloriole, voilà ce que Joseph Antoine Bell a servi aux journalistes venus nombreux au Hilton Hôtel de Yaoundé assister au lancement de sa candidature à la Présidence de la Fecafoot prévue cette fin de mois. L’humilité n’est pas la marque de fabrique de la maison et Bell en a mis plein la vue aux journalistes qui ont bu du petit lait devant l’ancien capitaine de l’olympique de Marseille sanglé pour la circonstance dans un costume noir assorti d’une chemise blanche et d’une cravate noire.

Dans son propos liminaire, Bell a d’abord rappelé son fabuleux parcours sportif et sa stature de grand connaisseur du ballon rond avant de se poser en homme providentiel d’un football camerounais à l’agonie : « prenez le football camerounais par n’importe quel pan et vous trouverez que la solution c’est Joseph Antoine Bell » a notamment déclaré le candidat. Toute la stratégie de l’équipe du « new deal » (le Renouveau !) repose sur l’aura de l’ancien international qui ne s’est pas montré avare en anecdotes à sa gloire : « Deschamps m’appelle le Professeur » ou encore « quand je parlais à Marseille tout ce monde m’écoutait y compris Laurent Blanc » a fait Bell dans une ambiance enjouée où des journalistes applaudissaient à tout rompre.

Dans ce concert de louanges narcissiques, Il fallait bien tendre l’oreille pour cerner des éléments du programme de Bell sur lequel ne pèse toutefois pas le moindre soupçon d’incompétence. Travailler à la structuration du football à la base, développer le football de masse y compris le football féminin, viabiliser les finances de la Fecafoot trop dépendantes des retombées de la Fifa et de la manne financière de l’Etat. « Avec moi l’Etat n’aura qu’un apport moral annonce Bell. Dès demain je rencontre à Douala des patrons d’entreprises qui ont besoin d’investir dans le football mais qui veulent de gens sérieux pour s’engager » a précisé l’ancien président d’AS Babimbi.

Bell compte donc élargir l’assiette financière de la Fede sur le plan local mais pas seulement. Sa plus grande carte devrait se jouer à l’international et le candidat a beau jeu de rappeler que Noel Le Graet, l’actuel président de la Fédération Française de Football lui avait promis tout son soutien pour l’aider au développement du football au Cameroun quand il prenait sa retraite sportive il ya …20 ans. Le temps a passé mais qu’importe puisqu’il s’agit de Bell…

L’appel aux medias

Pour dérouler ce beau programme, Bell sait qu’il devra se défaire de l’alchimiste Tombi a Roko qui a taillé ces élections à sa taille. Avec l’aide du président du Comité de normalisation le Pr Joseph Owona son principal allié qui a systématiquement invalidé toutes les candidatures défavorables à l’actuel SG de la Fecafoot dont la candidature devrait être officialisée dans les toutes prochaines heures. A la question d’un journaliste qui souhaitait savoir comment il comptait gagner avec un collège électoral acquis au camp d’en face, Bell a déploré que la Normalisation ait inventé « un match sans adversaire » avant d’enfourcher la trompette de la dénonciation médiatique : « Pourquoi restez-vous muets alors qu’on pend votre héritage en otage » a martelé Bell avant d’en appeler aux journalistes pour qu’ils accentuent la pression sur ce Comité de Normalisation qui se prépare à reconduire des gens « anormaux » après la normalisation.

« J’attends que vous preniez les devants d’une marche du peuple qui viserait à déloger ces gens de Tsinga » a même dit Bell à un journaliste qu’il soupçonne visiblement d’accointance avec le camp Tombi. C’est donc sur un mouvement populaire que Bell compte pour inverser un rapport de force qui lui est pour l’instant défavorable. Comme en 1996, le candidat Bell refuse toute compromission avec les « fossoyeurs de notre football » même s’il se dit ouvert au compromis. Dans sa quête pour un football Camerounais débarrassé de sa gangrène managériale, Bell a tenu à ménager le pouvoir qui peut encore faire reculer le camp Tombi. « Je ne connais pas un seul président au monde qui se couche en pensant à la construction d’un stade » a-t-il notamment déclaré pour dédouaner le régime Biya de sa scandaleuse incapacité à doter le pays d’infrastructures sportives viables.

Et si cela n’était pas bien entendu, il est revenu à la charge pour dire qu’il « ne sera pas le président qui aura des problèmes avec l’Etat du Cameroun » montrant par là même qu’il n’était pas un simple rêveur, lui qui a repris le fameux slogan du « Renouveau » à son compte. Qu’il était aussi capable d’arrondir des angles pour s’emménager quelques soutiens. Car en dehors du frondeur Louis Marie Ondoua, (ancien membre de la Commission du football jeune a la Fecafoot et lui-même candidat malheureux aux électionsbde 2009) et de l’imprévisible Bassek Ba Kobhio dont on se demande encore ce qu’il est venu chercher dans cette arène, on n’a pas vu le gratin du foot se presser à la conférence de Bell.

Qu’importe, l’excellent rhéteur a encore fait mouche. Il a encore touché sa cible de prédilection faite de journalistes et autres admirateurs qui continueront à se délecter de ses envolées lyriques toniques, de ses piques sarcastiques, et de son « incroyable » connaissance du football. Loin des enjeux décisifs d’une élection qui semble pliée d’avance.

 

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