JEAN-PAUL NANA SANDJO : LE DG DE LA DERNIÈRE CHANCE ?

Comme certains de ses prédécesseurs, il a produit une feuille de route pour donner à la compagnie nationale son  aura d’antan.

Tous les torts et tares de l’entreprise, il est le premier à les reconnaître. Sureffectifs, endettement, incompétence, etc. «Il y a eu improvisation dans le lancement de la compagnie alors que l’on aurait dû mettre un certain nombre de préalables en place avant de le faire». Seulement, il est attaqué sur son programme de recrutement qu’il entend porter à 1500 avec la venue des six avions que la compagnie va acquérir entre juin et août de cette année, et les deux MA 60 de l’Etat. «On évolue dans un environnement où il y a beaucoup de concurrence et des normes ; si nous devons affronter la compétition internationale, il y a des paliers à franchir.

Avec une flotte de 11 avions, il faudra recruter et former les gens qui sont là en ce moment ; grâce aux anciens de Camair à qui on propose des contrats à durée déterminée et qui permettront à la compagnie de réaliser des bonds en termes de performance,  la formation des nouveaux sera assurée parallèlement. Ce qui va nous coûter beaucoup moins cher», soutient-il.

Maire de la commune de Bazou, le Dg de Camair-Co est arrivé à la tête de la société le 20 juin 2014. Plus de neuf mois plus tard, il se dit serein quant à l’avenir. «C’est l’espoir ; nous avons traversé des moments difficiles et aujourd’hui, nous pouvons dire que la fin de nos malheurs est proche», souffle-t-il. Pour sortir de la crise, l’opérateur économique, administrateur de la compagnie au moment de sa nomination comme DG, fonde ses espoirs sur la vieille garde et sur sa stratégie de relance en huit points : l’optimisation de l’organisation, la gestion des hommes, l’exploitation et la flotte, l’extension du réseau, la réduction des charges, la qualité de service, la stratégie commerciale et la communication institutionnelle.

L’objectif de cet homme de 55 ans, opérant dans le secteur de l’aviation civile depuis des années comme prestataire de services c’est faire mieux que ses prédécesseurs avec peu de moyens et s’affranchir de la subvention qui «tombe au petit bonheur la chance». Remettre à jour la comptabilité de l’entreprise autrefois assurée par un prestataire international à des coûts faramineux, donner un équilibre et une stabilité à une entreprise qui engage à peine sa cinquième année d’existence, telle est la feuille de route du DG de l’entreprise la plus endettée et la plus instable du pays.