Jean C. Defosokeng: « 40% des véhicules sont en bon état à Yaoundé »

Le président national du syndicat national des employés du secteur des transports terrestres l’a déclaré à la télévision publique camerounaise (Crtv) mardi, 20 septembre 2016

 

Le président national du syndicat national des employés du secteur des transports terrestres, Jean Collins Defosokeng, était l’invité au journal de midi à la télévision publique camerounaise (Crtv), mardi 20 septembre 2016.

Crtv : Que pensez-vous de cette initiative de la Communauté urbaine de Douala (de nouveaux taxis en circulation, Ndlr)?
Jean Collins Defosokeng : Je crois que tout ce qui va dans le sens du service public adéquat est bien ; sauf que je découvre cette initiative autant que vous sur votre téléviseur. Nous accueillons tout ce qui pourra permettre qu’il y ait un transport décent au Cameroun pendant la Coupe d’Afrique des Nations. Pour le moment, nous regardons cela étant heureux de voir les taxis propres. Seulement, il me semble que dans tous les pays, les couleurs de taxi sont uniformes et quand je jette un regard, tout se passe comme si nous avions plusieurs couleurs au Cameroun et déjà ça pose un problème. Il n y a pas eu une concertation véritable entre les principaux acteurs que nous sommes, la communauté urbaine de Yaoundé et même le ministère des Transports. C’est pratiquement la communauté urbaine, qui surement de manière individuelle s’est alliée à un partenaire lambda pour mettre sur pied une telle initiative.

Nous sommes à moins de deux semaines du deadline imposé par le ministère des Transports, on ne voit pas encore des changements dans les rues de la capitale (Yaoundé, Ndlr). Que se passe-t-il ?
Nous sommes déjà en train de remplir notre cahier de charge parce qu’il y a quatre mois, l’ex délégué de transport pour le Centre, nous avait demandé de rénover nos véhicules pour qu’on ait pratiquement un décor urbain agréable. Et nous avons déjà commencé. Si vous regardez bien à Yaoundé, il est possible de voir de beaux taxis. Cependant, on a dit au ministère que nous ne pourrions avoir de beaux taxis que lorsque nous serions accompagnés par des centres de visite technique. Ces véhicules brinquebalants qui circulent encore sont ceux qui ont obtenus des documents de manière frauduleuse. Si les visites techniques jouaient leur partition à terme, on aurait des véhicules bons état. A l’heure où je vous parle, à Yaoundé 40% des véhicules sont en bon état.

Par ailleurs, nous ne sommes pas aussi accompagnés par le ministère des Transports qui devrait normalement descendre sur le terrain contrôler ces véhicules et se demander comment ces véhicules vieux ont-ils fait pour obtenir des visites techniques. S’ils le font, je sors d’une réunion avec madame le délégué des Transports pour le centre. Nous avons conclu que d’ici la fin de la semaine, il y’aura une équipe qui sera déployée sur le terrain pour amener nos camarades à se conformer et vous verrez que 90% qui se conformeront avant la fin de ce mois.

 

Vous êtes syndicaliste, alors est-ce que cette mesure pose un problème à certains propriétaires de taxi ?
Oui c’est vrai ! Vous savez qu’à chaque fois qu’on demande à un citoyen de créer une poche supplémentaire de dépenses, c’est toujours quelque chose dont on n’est pas prêt à exécuter à l’immédiat. Seulement, nous avons pris le temps de conscientiser, de sensibiliser nos camarades et de leur faire savoir que c’est l’image du Cameroun que nous devons défendre lors de cette Can. Aussi, si nous essayons d’avoir les véhicules propres forcément, les officiels et touristes qui arrivent vont emprunter nos taxis. Ainsi on compensera les dépenses qu’on a eu à faire. Les camarades ont été réceptifs, c’est pour ça qu’ils sont à pied d’œuvre pour être à jour.

Je rappelle que les réfections concernent entre autre la carrosserie, la peinture, la propreté à l’intérieur du véhicule. Qu’est-ce que ça coute concrètement ces travaux de réfection ?
Lorsqu’on parle d tôlerie, de peinture et de tapisserie, les trois peuvent pratiquement couter 200 à 250 000 F cfa. En termes de rénovation de véhicules, ces derniers n’ont pas le même niveau de vétusté. Il y en a qui sont plus vieux que les autres, dans ce cas, la rénovation peut aller à 300 000 F cfa par contre, pour un véhicule en bon état, les travaux peuvent vous revenir à 150 000 F cfa.

Est-ce qu’il fallait vraiment attendre les instructions du ministère des Transports pour le faire ? Cela ne devrait-il pas aller de soi ?
Quand on a eu un véhicule en bon état neuf, il a pratiquement un an au Cameroun pour être déprécié. Vous voyez l’état de nos routes. Nous effectuons le transport de ramassage. Ce qui détruit le véhicule. Les taxis qui effectuent le ramassage marquent un arrêt à tout moment, forcément vous abimez et endommagez la voiture en permanence. Chaque année, on a les camarades qui vont en tapisserie et en tôlerie.
Maintenant, c’est un évènement ponctuel, c’est un évènement qu’il faut encadrer pendant un temps bien précis donc c’est pour ça que nous sommes partis pour aller ensemble pour que lors de la Can que tous les taxis du Cameroun soient en norme.

Monsieur Defosokeng, nous avons longuement parlé de la beauté et de l’esthétique, la sécurité est aussi concernée. Aujourd’hui est ce que si l’on vient se plaindre d’un délit commis par un taximan, vous serez capable de l’identifier ?
Oui, c’est possible. Seulement, nous avons posé le problème au gouvernement que tous les taximen du pays devraient être identifiés. On devrait avoir un fichier département des taxis de manière à ce qu’à partir du badge du taxi, son identification puisse être possible. Ce fichier devait mettre hors d’état de nuire les taximen délinquants. C’est-à-dire que si vous avez par exemple fait la prison pour des motifs détestables, vous ne pourrez plus être taximan grâce ainsi aux informations recueillies en collaboration avec le Ministère de la Justice.

Malheureusement ça fait sept ans que nous avons fait cette proposition jusqu’à présent ce n’est pas encore implémenté. Vous voyez donc que nous avons bien de propositions que nous soumettons. Nous dévons être accompagnés du Ministère des Transports parce que je suis sure que si celui-ci décrète que d’ici la fin du mois que tous les taxis soient identifiés et identifiables, ils le feront. Il faut simplement que ce ministère joue son rôle, celui d’amener ces taximen à se conformer à la réglementation.