Jean Abate Edi’i, Gouverneur Du Nord, Dénonce L’inertie Des Travailleurs

Jean Abate Edi’i a par ailleurs appelé les formations syndicales à s’unir pour avoir un impact réel sur les conditions de travail au sein des entreprises.

Le Boulevard de l’indépendance situé à califourchon entre le quartier Plateau et le quartier Roumdé-Adjia à Garoua a accueilli près de cinq mille travailleurs, venus des quatre coins de la région du Nord, pour participer à la célébration de la 129ème édition de la fête de travail. Il est évident que c’est le seul moment où les travailleurs se rencontrent pour dénoncer leur condition de travail et surtout revendiquer leurs droits à travers les regroupements syndicaux au sein desquels ils militent.

D’ailleurs, le responsable régional de l’Union des syndicats libres du Cameroun (Uslc), Njidda Bouba a saisi l’occasion pour révéler les problèmes auxquels les salariés sont confrontés dans la région du Nord. Notamment le licenciement abusif dont certains sont victimes, pour avoir fait état des maux qui minent une entreprise pour laquelle ils exercent et la révision du Code de travail dont les textes ne sont pas mis en application jusqu’aujourd’hui. Par ailleurs le responsable de l’Uslc a reconnu l’avancée qu’a connue le secteur du travail au Cameroun à travers notamment la revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig).

Toutefois, il estime qu’une autre augmentation ferait la part belle aux  travailleurs, étant donné que 36 000 Fcfa, somme arrêtée pour le Smig, ne suffisent pas à nourrir une famille camerounaise. Une déclaration qui sera nourrie par des salves d’applaudissements des travailleurs issus des 156 entreprises que compte la ville de Garoua.

Au moment où les travailleurs s’attendaient à un discours de complicité de la part du gouverneur du Nord, Jean Abate Edi’i a plutôt décrier les phénomènes rencontrés dans les services publics, parapublics et privés. Lesquels phénomènes constituent un véritable handicap pour le développement non seulement de la région du Nord, mais aussi celui du Cameroun tout entier. Le gouverneur a par ailleurs fait un constat sur le comportement du syndicalisme dans la région du Nord. «Nous voulons un syndicalisme responsable qui ne se manifeste pas seulement à l’approche de la fête de travail, mais qui doit être présent auprès des travailleurs, non seulement pour reconnaître, une capacité à défendre leurs droits mais également à donner à l’Etat, les moyens dans les critiques de pouvoir améliorer le travail décent», conclut le gouverneur.

Un propos qui a lancé le débat au sein de l’opinion publique de la ville de Garoua à l’issue de la célébration de la 129ème de la fête de travail. « C’est un fait réel à Garoua, lorsque vous vous rendez dans un bureau, vous verrez que c’est devenu un lieu de rencontre pour raconter les histoires de la veille, il faudrait que cela change » argue Désiré Walezai, employé dans une société de la place.