Je ne traite plus avec les camer !“ Qu´est-ce qui explique le repli sur soi chez les compatriotes de la diaspora ?

Je ne traite plus avec les camer !“ Qu´est-ce qui explique le repli sur soi chez les compatriotes de la diaspora ?

Ils ne côtoient plus, eux, les milieux camerounais, voire africains. C´est ce qu´il ressort des entretiens avec bon nombre de personnes pour qui la cohabitation avec leurs compatriotes ne serait qu´une source de problèmes.Au restaurant de l´université d´une grande ville allemande qui regorge un nombre considérable de compatriotes, nous observons Thierry (nom changé), un compatriote à l´air taciturne. Il ne peut s´empêcher de détourner le regard lorsqu´il découvre au coin du restaurant cinq Camerounais. Ceux-ci ont l´air de s´amuser plus des commentaires croustillants que du plat de purée de paume avec la sauce d´épinard que bon nombre de nouveaux confondent, avant la déguster, avec le Ndolé. Thierry s´éloigne, prend place au fin fond de la salle, cependant épie de temps à autre ses compatriotes qui égayent avec l´air jovial le coin.

Dans la communauté, il est dit que l´accueil réservé à Thierry par ses connaissances en Allemagne serait la cause principale de son isolement et de sa méfiance face à ses compatriotes. Après avoir vu sa caution détournée par son cousin, Thierry s´est retrouvé sans argent et incapable d´éponger ses dettes auprès du bailleur et de la compagnie d´assurance. Ainsi, il a échappé de justesse au rapatriement.

Le président de l´association des Camerounais va vers ce dernier et l´invite à la prochaine réunion. Farouche, Thierry lui répondra: «Dis donc. Vos histoires de camer là n’apportent que de problèmes. En tout cas, j´ai déjà pris ma décision.» Le président prend congé. Déterminé à convaincre un jour Thierry de s´associer à ses compatriotes pour une cause commune, le président va rejoindre ses amis qui surmontent le stress quotidien à travers ces rencontres spontanées.

Thierry n´est pas un cas isolé. Outre le projet football, il et devenu difficile de réunir plusieurs compatriotes autour d´un projet viable et d´intérêt général. Et même les plus qualifiés ne font pas l´exception. Les ténors de l´arène politique, intellectuelle et sportive camerounaise n´enseignent point aux jeunes l´urgence de rejeter au second rang l´ego, les déchirements, les différences personnelles et idéologiques pour la patrie et les bonnes causes.

Le patriotisme se manifeste autour du football, cependant lorsqu´il s´agit des associations et des projets d´ordre national, on peut compter du bout des doigts le nombre d´adhérents. Et pendant ce temps, les associations régionales regorgent des centaines de membres. Les conflits de génération, la concurrence contre-productive entre les membres de la famille et de la communauté, le conflit de générations, l´escroquerie, l´égoïsme, les accords verbaux non respectés, le Kongossa… Autant de facteurs qui sèment de la zizanie et favorise un climat de méfiance entre les compatriotes de la diaspora. Le repli sur soi en est une des conséquences.

Malgré le fait que les clivages ethnico-sociaux disparaissent chez certains, une fois à l´extérieur du triangle national, pour laisser place à une conscience et identité africaines, comment expliquer la désintégration et le repli sur soi dans les communautés camerounaises? Pourquoi autant de méfiance entre les compatriotes de la diaspora? Telles sont les questions de la semaine

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camernews-Florence-Tsague

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