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Jalel Snoussi : «l’implantation de Teriak au Cameroun n’est pas une perspective, mais une réalité»

Jalel Snoussi : «l’implantation de Teriak au Cameroun n’est pas une perspective, mais une réalité»

Dans cet entretien, qui sera publié en intégralité dans le magazine Investir au Cameroun à paraître au mois de décembre 2015, l’ambassadeur de Tunisie dévoile les ambitions des entreprises tunisiennes pour le Cameroun.

Les laboratoires tunisiens Teriak vont relancer la production du laboratoire camerounais Cinpharm à Douala, dont ils ont pris le contrôle. Quelle expérience la Tunisie pourrait-elle apporter au Cameroun dans ce domaine ?

Les Laboratoires Teriak, filiale du groupe “Kilani”, qui est un acteur majeur de l’industrie pharmaceutique tunisienne, a déjà posé pied au Cameroun en investissant dans deux grands projets à Douala. Le premier d’ordre industriel, en rachetant l’usine de production de produits pharmaceutiques Cinpharm. Et le deuxième à vocation commerciale, en investissant dans une unité de commercialisation de produits cosmétiques. Ces deux unités seront inaugurées sous peu.

Donc, l’implantation industrielle et commerciale de Teriak au Cameroun n’est pas une perspective, mais bel et bien une réalité. Et je crois savoir que ses responsables ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin. Une réflexion est menée sur d’autres projets, au Cameroun ou dans la sous-région, dans les secteurs de la production et la distribution de produits pharmaceutiques ainsi qu’au niveau de la promotion médicale. Déjà, le groupe projette de mettre en place, à terme, une deuxième unité de commercialisation de produits cosmétiques à Yaoundé.

Les investissements du groupe “Kilani” ont donc ouvert la voie, ce qui est de nature à inciter d’autres entreprises tunisiennes à s’installer au Cameroun et à investir en coopération avec des partenaires camerounais. Dans le même secteur ou dans d’autres, l’éventail des possibilités sectorielles étant large.

L’on constate que les entreprises tunisiennes actives dans le domaine de la santé s’intéressent de plus en plus au Cameroun depuis ces deux dernières années. Votre première sortie officielle en tant qu’ambassadeur au Cameroun a d’ailleurs été lors des journées professionnelles de la santé que votre pays organisait au Cameroun. Qu’est-ce qui, d’après vous, explique cet attrait des professionnels tunisiens de la santé pour le Cameroun ?

En organisant “les journées professionnelles tunisiennes dans le domaine de la santé au Cameroun“, en juin 2015 respectivement à Yaoundé et Douala, l’objectif a consisté à identifier les opportunités de coopération, d’établir un cadre de partenariat entre les professionnels tunisiens et camerounais de la santé et de conclure des accords de commercialisation de services, d’équipements et de produits, dans l’intérêt réciproque des deux parties.

Il a été question aussi d’explorer les opportunités d’investissement, de favoriser l’échange d’expériences, de prospecter de nouvelles pistes de coopération mutuellement avantageuses et d’examiner les possibilités de formation, de recyclage et de perfectionnement pour les étudiants et jeunes médecins camerounais, et de mettre l’expertise et le savoir-faire de la Tunisie en matière de soins médicaux à la disposition du Cameroun.

Le principal objectif étant d’installer, dans la durée, une plateforme de coopération et de partenariat entre les professionnels et les établissements tunisiens et camerounais opérant dans le secteur de la santé. En tout cas, rien que le fait que les professionnels des deux pays se rencontrent est déjà un palier franchi. On ne peut pas parler de coopération sans un premier contact. Ce qui a été fait et bien fait. Il revient maintenant aux professionnels de transformer l’essai et concrétiser sur le terrain. Donc, la mission a balisé la voie, ce qui est un succès en soi.

Quelles sont les actions que vous menez pour que les entreprises de votre pays investissent au Cameroun ? A ce jour, quelles sont les principales entreprises de votre pays (grandes et PME) qui investissent au Cameroun ?

A part les investissements du groupe “Kilani”, dont je parlais plus haut, et les bureaux d’étude tunisiens implantés au Cameroun, il y a lieu de reconnaitre que l’éventail des investisseurs tunisiens n’est pas vraiment étoffé, pour ne pas dire qu’il est au-dessous des opportunités qu’offre le marché camerounais.

La présence industrielle tunisienne au Cameroun gagnerait à être accrue. Il faut garder à l’esprit que pour tout investissement, il n’y a pas vraiment de secret. Tout est question de capacité d’investissement, d’opportunité, de partenariat et d’environnement d’affaires. Peut-être que les investisseurs potentiels tunisiens ont manqué de moyens ou d’opportunités ou de partenaires, vraiment engagés à collaborer.

Mais, les lignes commencent à bouger. Outre les laboratoires Teriak, je sais que certaines sociétés tunisiennes comptent investir dans le domaine de la santé et des soins médicaux, à travers la construction de cliniques, polycliniques et unités de soins, surtout si les partenaires camerounais sont disponibles et bien disposés à s’associer. Aussi, d’autres investisseurs sont en cours de réflexion sur des projets de partenariat et de joint-ventures dans les secteurs de l’agroalimentaire et du tourisme. Tout cela pour dire que la situation commence à évoluer.

Entretien mené par Beaugas Orain-Djoyum

 

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