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J.A. Bell : « Malheureusement, nous sommes prisonniers d’hier »

J.A. Bell : « Malheureusement, nous sommes prisonniers d’hier »

L’ancien Lion Indomptable analyse le groupe de la coupe du monde dans lequel est tombé le Cameroun et parle des chances du Cameroun face au Mexique, la Croatie et le Brésil pour la Coupe du Monde 2014. Mais, il explique aussi comment procéder pour être performant à cette compétition.

Le tirage au sort pour la Coupe du Monde, Brésil 2014 place le Cameroun dans le même groupe que le Brésil, le Mexique et la Croatie. Le Cameroun peut-il s’en sortir ?

Je ne crois pas qu’il y aurait pu y avoir de tirage au sort tel qu’avant d’avoir joué, on puisse affirmer que le Cameroun s’en sortirait. Le Cameroun n’est pas parmi les équipes les plus fortes au monde. Donc, quel que soit le tirage qui lui sera proposé, il lui faudra un maximum de sérieux dans son organisation, dans sa préparation, un maximum d’imagination, pour conduire cette préparation et arriver à réaliser des résultats qui soient au-dessus de ce qu’on peut attendre ordinairement de l’équipe. Ce seront des matchs extrêmement difficiles. Ce sont des matches qui sont d’autant plus périlleux que précisément chez les Camerounais, la Croatie et le Mexique semblent des adversaires prenables. Battre le Mexique et la Croatie n’étant pas, aux yeux des Camerounais, des exploits, obtenir des joueurs qu’ils soient transcendés va être un problème.

Quand vous parlez de sérieux dans l’organisation, la préparation, il s’agit de quoi concrètement ?

On a tous vu comment l’équipe s’est comportée depuis quatre ans et peut-être davantage. Quand je parle d’équipe, c’est au-delà des joueurs. On sait qu’on a toujours connu beaucoup de problèmes, beaucoup de dispersions, de distractions et je pense que pour réussir à passer dans ce groupe, on n’est pas condamné, en perdant un match de foot de perdre la face. Je parle de l’organisation pour présenter l’image d’une vraie équipe, des gens qui sont soudés. Quand je parle d’équipe, c’est les joueurs entre eux, avec leur encadrement immédiat, l’encadrement technique, les joueurs avec l’encadrement technique, administratif et politique. C’est un ensemble. Or, par le passé, on sait très bien qu’on a connu beaucoup de distensions, beaucoup de problèmes et beaucoup de distractions, qui sont de nature à distraire et les joueurs, et l’opinion, et les observateurs. Donc, il faut qu’on puisse arranger tout ça pour arriver véritablement concentrés sur la compétition pour présenter l’image d’une vraie équipe de foot.

Vous parlez des gens qui sont au-delà des joueurs. Cela veut dire qu’il faut remplacer certaines personnes autour de cette équipe ?

Non. Je ne suis pas responsable de ces choix-là. J’observe simplement et je constate. Il y a un journaliste du quotidien Le Jour (Jean-Bruno Tagne, ndlr), qui, à la suite de 2010, a écrit un livre qui s’appelle « Programmés pour échouer ». On ne peut pas faire comme s’il ne s’est jamais rien passé. Ce livre-là décrivait des situations. On ne peut pas faire comme si elle devait s’envoler toute seule ou comme s’il n’avait jamais existé, comme si ce livre est un tissu de mensonges et personne n’a jamais attaqué ça. Je crois qu’il faut qu’on puisse tirer des leçons de tout cela, tenir compte de tout ce qui s’est passé. C’est un livre qui décrit des situations que personne n’a contesté. Je ne crois pas avoir entendu dire que quelqu’un a contesté ce qui est dit dans ce livre. On ne peut pas faire comme si des jours passent et comme c’est passé, on oublie ce qui s’est passé. Malheureusement, nous sommes prisonniers d’hier.