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Iya Mohammed, Tombi, Abdouraman : Alim Konaté parle

Iya Mohammed, Tombi, Abdouraman : Alim Konaté parle

Le président réélu de la Ligue régionale de football du Nord aborde un nouveau mandat sans crainte, et avec beaucoup de chantiers à mettre en œuvre dans ses dossiers, pour les quatre prochaines années. Nous l’avons rencontré samedi à Garoua, à son domicile. L’air décontracté, ouvert et sans complexe, Alim Konaté a bien voulu nous donner quelques nouvelles d’Iya Mohammed, ancien président de la Fécafoot. Il donne également sa position par rapport à la crise qui continue à secouer le club local de l’Etoile Filante, et aussi, de la probable candidature de Tombi à Roko, secrétaire général de la Fédération, à l’élection fédérale du 29 novembre prochain. Entretien.

Est-ce que la joie est aussi grande, lorsqu’on est élu après avoir été seul candidat en lice ?

Je suis très satisfait du résultat du scrutin de vendredi (7 novembre, Ndlr.). Nous avons bénéficié de la confiance de tous les acteurs du football de la région. Donc la joie est immense effectivement, parce que ce n’est pas facile de faire l’unanimité dans un monde où la passion est très présente. Le fait de rassembler autour de soi la totalité des acteurs du football, est la preuve que nous avons un bilan satisfaisant, que nous avons su travailler durant toutes ces années en harmonie avec tout le monde, que nous avons su dialoguer et écouter. C’est pourquoi nous sommes satisfaits du résultat.

Est-ce que vous auriez aimé avoir un ou deux challengers à cette élection ?

Une élection est régie par des textes. Nous nous appliquons à respecter la loi. Nous sommes des légalistes. Les textes sont là. Nous n’avons aucun problème à avoir des challengers. Ils doivent venir d’eux-mêmes, faire ce qui est prévu par les règlements, être présents sur le terrain et présenter leurs candidatures. Il se trouve que personne n’a jugé utile de le faire ou n’a pu le faire plus probablement. Nous, ça ne nous pose aucun problème.

La normalisation touche à sa fin, et vous reprenez officiellement les commandes du football dans la région du Nord. Quels sont les projets en vue ?

Le Cameroun va accueillir la Can en 2019. La région du Nord notamment la ville de Garoua, a été choisie comme un des sites devant accueillir cette importante et prestigieuse compétition. Nous avons inscrit cela dans notre programme. Nous comptons saisir cette opportunité pour tirer davantage le football de la région du Nord vers le haut. Ceci se fera notamment à travers des infrastructures sportives que nous allons certainement bénéficier. Nous allons aussi continuer à développer le football féminin et le football jeune. Nous sommes très satisfaits de ce que nous faisons au niveau du football féminin, dans une région où les filles n’ont pas forcément l’habitude de jouer. Je salue également le travail qui est fait par monsieur Abdoul Karim. Grâce à ses initiatives combinées à notre appui, on a aujourd’hui des filles de nos clubs qui sont régulièrement convoquées en sélection nationale du Cameroun. Nous devons continuer à progresser.

A votre avis, votre ascension aujourd’hui n’est-elle pas le fruit du travail du président Iya Mohammed ?

Il n’y a aucune honte à cela. Tous les acteurs objectifs du football camerounais, savent que le président Iya Mohammed a eu un apport décisif et considérable pour la bonne santé de notre football : au plan des résultats sportifs, c’est lui qui a eu les meilleurs résultats à la tête de la Fédération camerounaise de football ; au plan de la gestion, c’est celui qui a permis de mettre en place une gestion administrative moderne de la Fédération, qui a mis en place une vraie comptabilité et plusieurs autres choses qui n’existaient pas ; au plan du développement, c’est lui qui a permis de faire en sorte que le football camerounais soit présent dans toutes les catégories. Il n’y a pas de honte à être proche d’un bilan pareil. Et si ça a pu avoir un impact positif sur ma candidature, tant mieux. Je suis content d’avoir appris à ses côtés.

Vous êtes très proches, et on imagine bien que vous lui rendez visite très souvent (parce qu’il est incarcéré à la prison centrale de Yaoundé, Ndlr.). Quel intérêt porte-t-il à tout ce qu’il se passe aujourd’hui tant en sélections nationales de football, qu’à la Fédération elle-même ?

Le président Iya a d’autres soucis en ce moment. Je lui rends visite régulièrement. Mais ce sont ces soucis-là qui le préoccupent davantage. Certainement il suit mais de loin ce qui se passe, à travers les médias.

En tant que président réélu de la Ligue régionale de football du Nord, quelle est votre position par rapport à la crise qui perdure à la présidence du club de l’Etoile Filante de Garoua ?

Ça m’amuse beaucoup, cette histoire de l’Etoile Filante. Parce que tout le monde me pose cette question. Je ne suis pas sûr qu’on puisse compter les clubs au Cameroun et dans le monde principalement, qui ont changé de présidents cette année. C’est quelque chose de banale qui arrive tous les jours dans la vie des clubs. On se focalise sur Etoile parce que ça s’est passé avec un peu de tension, ou que ceux qui ont perdu continuent de contester ? Nous, nous ne sommes pas là pour nous occuper de la vie des clubs, en tant que Fédération que nous représentons sur le plan régionale. Nous sommes chargés de vérifier que les clubs fonctionnent en respectant leurs propres statuts, et ceux de la Fédération, de la Caf et de la Fifa. Et dans le cadre de la dernière Assemblée générale de l’Etoile Filante, c’est ce qui s’est passé. Nous travaillons avec les dirigeants qu’Etoile choisi, peu nous importe les personnes. Avant c’était avec monsieur Alpha que nous avons travaillé, ensuite il y a eu monsieur Abdouraman Hamadou avec qui nous avons également travaillé de la même manière que son prédécesseur. Aujourd’hui, c’est monsieur Abdoulaye. Nous travaillons avec lui. Et si demain Etoile décide de changer, nous travaillerons avec la personne qui viendra.

Qu’est-ce que ça vous fait justement d’avoir monsieur Abdouraman Hamadou qui est un fils de la région, comme opposant avéré de la Fécafoot ?

Ça ne me fait absolument rien du tout. C’est sa position. On est en démocratie. Chacun est libre de ses choix. Moi j’ai choisi une autre direction, il a choisi la sienne. C’est tout.

La région voisine (Extrême-Nord, Ndlr.) comme celle du Littoral notamment ont lancé un appel à la candidature de monsieur Tombi à Roko pour l’élection à la présidence de la Fécafoot. Quelle est votre position dans le Nord ?

Chaque chose en son temps. Nous avons fini les élections au niveau régional, donc nous allons maintenant nous pencher sur l’élection au niveau national. Moi, je ne suis pas candidat. Nous allons probablement appuyer la candidature de quelqu’un à cette élection fédérale. Nous nous retrouverons en début de semaine, avec nos collègues des autres régions qui partagent les mêmes opinions que nous. Et nous déciderons ensemble sur la personne que nous allons appuyer lors de cette élection fédérale.

 

 

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