Itinéraire Présidentiel et détournement des frais d’amende

Le Code de la route camerounais s’est enrichi d’une nouvelle infraction : l’Itinéraire Présidentiel.
Lors d’un débat à Radio Siantou, j’ai garé ma voiture dans l’espace payant aménagé par la Communauté Urbaine de Yaoundé à cet effet. Il était 10H05 et il n’y avait pas l’ombre d’un policier ou d’un gendarme dans la rue et de surcroit, c’était un dimanche.

A la fin du débat à 12H00, j’ai remarqué qu’il y avait des policiers dans la rue et que ma voiture avait disparu. Me voyant dans le désarroi, une policière qui était dans les parages m’a dit que ma voiture avait été transportée par les agents de la Communauté Urbaine et que je devais la chercher à la fourrière municipale.

J’y suis allé croyant que comme il ne s’agissait peut-être que de la sécurité présidentielle et que je n’avais commis aucune infraction, on me remettrait ma voiture sans problème. Mais je me trompais de pays.

Malgré toutes mes explications, on m’a demandé de payer 25 000 FCFA. Quand j’ai demandé la faute que j’avais commise, on m’a dit que j’avais violé « l’itinéraire présidentiel ».

Puis, les agents m’ont demandé de repasser le lendemain lundi pour retirer une quittance pour aller payer à la Communauté urbaine comme je ne voulais pas « bien parler ».

Je suis revenu le lendemain et on m’a donné un bout de papier qui portait la signature de l’officier de police principal Essomba Jean qui n’avait rien d’un formulaire administratif préparé à cet effet. Arrivé à la Communauté Urbaine, j’ai cru que les gens de là-bas seraient plus compréhensifs et me suis encore mis à m’expliquer.

Peine perdue. A la fin, on m’expliqua que j’avais violé l’itinéraire présidentiel et que je n’avais aucune raison de ne pas savoir que le président était parti chez lui à Mvogmekaa et qu’il devrait rentrer ce dimanche là.

Devant une situation aussi kafkaesque, j’ai décidé de payer pour retirer ma voiture espérant au moins que cet argent irait dans les caisses de l’État. Mais quelle ne fut pas ma surprise quand après avoir encaissé l’argent, on revint me remettre le même bout de papier sur lequel on demandait aux agents de la fourrière de me remettre ma voiture.

Sachant que les agents de la fourrière ne me remettront plus le bout de papier après m’avoir remis la voiture, je l’ai scanné avant de leur remettre l’original.
Voilà comment disparaissent les recettes de l’Etat. C’est pourquoi je publie ce papier scanner pour servir et valoir ce que de droit.

J’ai publié la copie où j’ai effacé le numéro de ma voiture pour éviter les coups bas. Je garde l’autre copie entière au cas où les brigades anti-corruption se décidaient à ouvrir une enquête.