Issa Tchiroma Bakary : « Il n’existe aucun acharnement judiciaire contre les homosexuels dans notre pays» !

Issa Tchiroma Bakary : « Il n’existe aucun acharnement judiciaire contre les homosexuels dans notre pays» !

C’est la précision que les pouvoirs publics Camerounais, ont apporté face aux accusations faites par certains médias internationaux, selon lesquelles, les homosexuels de ce pays, feraient l’objet d’une traque systématique et permanente. C’est Issa Tchiroma Bakary, le ministre Camerounais de la Communication du gouvernement Yang Philémon II, qui a fait cette clarification, devant la presse nationale et internationale, ce jeudi 23 janvier 2014 à Yaoundé, capitale politique du Cameroun.

Pour le ministre de la Communication du Cameroun, les homosexuels de son pays vivent en toute liberté et écument les rues sans être inquiétés du fait de leur appartenance sexuelle « De nombreux homosexuels notoirement connus, vivent et circulent en toute liberté au Cameroun sans qu’ils ne soient systématiquement poursuivis devant les cours des tribunaux de la République » a précisé M. Issa Tchiroma Bakary.

Le ministre a noté au passage que certains membres de la société civile Camerounaise font de la défense des homosexuels, leur mode de vie, pour des raisons soit d’opportunisme ou d’affairisme « Certains de nos compatriotes ont même fait de l’apologie de cette illégalité leur occupation essentielle et sans doute leur gagne-pain quotidien sans que pour autant, ils aient eu à en être inquiétés pour le moins du moins du monde » a poursuivi le ministre de la Communication.

Cette tolérance a pour principale conséquence, la souplesse au niveau de l’application des textes, devant les tribunaux, où les homosexuels sont de moins en moins condamnés « On peut même noter une relative souplesse dans la gestion judiciaire de cette infraction. De mémoire en effet, nous n’avons retrouvé aucune trace jurisprudentielle, faisant état d’une condamnation pour un délit d’homosexualité à la peine maximale prévue dans le code pénal, ou le cas échéant, celle d’une personne condamnée à cette peine maximale et ayant purgé l’intégralité de sa peine » a-t- il lancé.

Pourtant, la loi Camerounaise en la matière est claire. L’homosexualité dans ce pays d’Afrique Centrale est encore considérée comme un délit, prévue et réprimé par le code Pénal en son article 347 bis « est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à cinq (5) ans et d’une amende de vingt (20) mille à deux cents (200 000) mille Francs CFA, toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe ».

Pour Issa Tchiroma Bakary donc, la théorie tendant à faire croire que les homosexuels vivent une traque permanente est montée de toute pièce « la vision selon laquelle les homosexuels feraient l’objet d’une traque systématique et permanente au Cameroun est inexacte comme le sont tout aussi les allégations tendant à faire croire que les crimes perpétrés sur les personnes homosexuelles resteraient impunis » a conclu le membre du gouvernement.

Acharnement

A titre de rappel, cette sortie musclée du ministre de la Communication du Cameroun, fait suite à la diffusion sur les ondes de la multinationale Française de l’information, France 24, d’un documentaire sur les conditions de vie des homosexuels au Cameroun.

Le pays dit vivre sous la pression des occidentaux. Ceci, depuis la mort du « journaliste » infographe Éric Lembembé présenté par les médias internationaux comme un jeune activiste de la cause gay. Visiblement, les autorités de Yaoundé, n’ont pas encore digéré la présence de quelques diplomates en poste dans la capitale Camerounaise, aux obsèques de l’homosexuel, dont certaines chancelleries occidentales ont dénoncé, les circonstances de la mort.

Le débat a été relancé le 10 janvier 2014, après le décès de Roger Jean Claude Mbedé. Un homosexuel en délicatesse avec la justice de son pays.

 

De manière générale, le Cameroun n’est pas le seul pays où l’on pense que l’homosexualité est un délit. Soixante-dix-huit (78) pays au monde continuent de croire que l’homosexualité est un délit voire un crime. Dans dix (10) d’entre eux, la pratique est sanctionnée par la peine de mort. Les pays occidentaux, qui reconnaissent aujourd’hui l’homosexualité, ont traversé une longue histoire sur le sujet. Aux Usa, 17 Etats sur les cinquante (50) qui composent la fédération, reconnaissent l’homosexualité.

Au Royaume-Uni d’Irlande du Nord et de Grande Bretagne, deux(2) des quatre (4) qui le constituent ont reconnu la pratique homosexuelle. Tandis qu’en France, en 1968 encore, l’homosexualité était classée comme une « maladie mentale ».

Comment comprendre donc une telle pression sur le Cameroun qui a juste une cinquantaine d’années d’indépendance ? Les portes de la reconnaissance juridique de la pratique homosexuelle au Cameroun resteront-elles éternellement fermées ? M. Paul Biya Chef de l’Etat Camerounais, au sortir d’une séance de travail avec son homologue français, François Hollande, au palais de l’Elysée en janvier 2013, avait avoué que « les mentalités évoluent ». Mais, dans quel sens ? Difficile de penser que le pays va très vite suivre le « vent occidental ». Quand l’on sait que plus de 90% des Camerounais sont profondément ancrés dans leurs pratiques socioculturelles. Ils restent aussi très influencés par les pratiques religieuses qui promeuvent la famille. Les leaders religieux aussi bien du culte islamique et chrétien, majoritaires dans ce pays de plus de 20 millions d’habitants, condamnent régulièrement ce qu’ils appellent…« l’odieuse pratique ».

camernews-Issa-Tchiroma

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