Invité à un sommet des chefs d’Etat au Nigeria pour finaliser un plan de lutte contre Boko Haram, Paul Biya a délégué Le Ministre de la Defense, Edgar

Du moins, jusqu’à preuve du contraire. En l’espace de deux semaines, le chef de l’Etat camerounais a été personnellement invité à deux reprises au Nigeria pour deux événements majeurs. Par deux fois, il a décidé de se faire représenter. Après avoir envoyé Amadou Ali, Vice-Premier ministre, ministre délégué à la présidence chargé des Relations avec les Assemblées, répondre présent à sa place le vendredi 29 mai dernier à la cérémonie d’investiture de Muhammadu Buhari, président élu de la République fédérale du Nigeria, Paul Biya vient d’envoyer Edgard Alain Mebe Ngo’o, son ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, le représenter ce jeudi 11 juin 2015 à Abuja, au sommet des Chefs d’Etat des pays membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad. En plus des Etats membres directement touchés par les exactions du groupe terroriste Boko Haram, à savoir le Cameroun, le Tchad, le Nigeria et le Niger, la République du Benin, est aussi spécialement invitée aux travaux de ce sommet dont l’objectif est de finaliser le plan de lutte contre le groupe terroriste Boko Haram.

Avant la rencontre des chefs d’Etat de ce jour, les responsables militaires des cinq pays suscités se sont retrouvés entre mardi 09 et mercredi 10 juin 2015 dans la capitale nigériane pour peaufiner le plan de lutte contre les insurgés nigérians. A en croire nos sources, il a été principalement question de définir les conditions pour la mutualisation des forces de défense et les modalités pratiques pour l’entrée en fonction de la Force multinationale de lutte contre Boko Haram. Une force multinationale qui avait vu le jour il y a quatre mois lors d’un sommet à Yaoundé. Mais, cette initiative inspirée par l’Union Africaine et dont le siège est à Ndjamena au Tchad, tarde à prendre corps sur le terrain des combats.

En marge de cette mobilisation internationale, les insurgés continuent à commettre des actes terroristes sur le terrain. Avant de tuer deux militaires camerounais hier mercredi 10 juin, les membres de la secte islamiste ont causé la mort d’une centaine de personnes au Nigeria depuis la victoire aux élections de Muhammadu Buhari. Ce dernier, pendant la campagne électorale, avait promis d’anéantir Boko Haram. L’on attend toujours que cette promesse soit tenue.