Video source missing

Interview : Nabe-Daone, Réalisateur – Cameroun

Interview : Nabe-Daone, Réalisateur – Cameroun

Sans cesse à la recherche de talents made-in-Africa, nous avons rencontré un jeune réalisateur camerounais basé à Yaoundé, Nabe-Daone. Il a récemment co réalisé le court-métrage « JACKPOT » avec Rostand WANDJA. Le film parle de Nadia et Sandra, deux jeunes étudiantes qui consacrent leur temps libre à la recherche d’hommes fortunés, jusqu’au jour où Nadia fait une rencontre surprenante. Le film a fait parti de la sélection officielle des Ecrans Noirs cette année. Passionné et en quête perpétuelle de nouvelles histoires à raconter, il partage avec nous son amour pour le cinéma …

Je Wanda Magazine: Avant de te lancer dans l’écriture ou la réalisation, c’est le métier d’acteur qui t’a attiré. Pourquoi ?

Nabe-Daone: Je dirai plutôt que le métier d’acteur est venu jusqu’à. Je m’explique : lors du tournage de « Mariage virtuel », une série de cinq épisodes tournée en 2007, la réalisatrice cherchait un acteur au teint et à la carrure très spécifiques. Parmi ceux déjà dans le casting, ma sœur s’y trouvait. C’est elle qui m’a vivement suggéré à la réalisatriceBlandine FOUMAN et une rencontre s’est faite rapidement.

J’ai ainsi été choisi pour la simple et bonne raison que je correspondais physiquement au personnage. Je n’avais jamais côtoyé le milieu du cinéma avant ça, mais je me suis vite rendu compte que c’est un domaine qui n’allait pas tarder à me passionner. Sur le plateau, la réalisatrice a remarqué ma curiosité et a jugé mes questions pertinentes quant aux dialogues de mon personnage, que je trouvais parfois trop longs voir inutiles. J’ai réussi par la suite à avoir son accord pour effectuer quelques modifications. Si je dois résumer cette première aventure, je dirai que j’ai accepté ce rôle non pas par attrait, mais par défi d’accomplir mon meilleur hasard de la vie.

J.W.M: Tu as fait partie de l’aventure d’une série camerounaise appelée « Couple Noir & Blanc » et diffusée sur Canal 2 : quel en est le résumé et comment l’aventure a-t-elle démarré ? Quelques anecdotes de tournages ?

N-D: (Rires….) « Couple Noir et Blanc » raconte l’histoire d’un architecte camerounais expatrié, qui décide de retourner aux sources pour contribuer au développement de son pays. Il est promis à une succession, mais aussi à la polygamie. Le choc culturel avec sa femme blanche est alors inévitable.

Nabe Daone avec Patricia Kwendé et Rostand Wandja

Le concept de la série m’a plu sur le coup. 8 épisodes étaient déjà écrits sur les 25 prévus auxquels j’ai aussi pu apporter ma jeune plume. Je suis arrivé sur le tournage d’abord par curiosité, avec l’envie de voir concrètement comment les choses se passaient. Il m’a fallu une journée pour faire le tour et le courant est vite passé avec deux excellentes techniciennes : la caméra woman Alida KOUANKEP et la perchiste-son Félicité TONYE

Plus tard, j’ai commencé à proposer des idées ou des alternatives au planning, découpage technique, à la régie générale et à la mise en scène qui laissaient un peu à désirer. Mais nous étions tous là pour apprendre. Sans le vouloir réellement, le plateau est devenu mien et d’après l’équipe, ma méthode de travail était différente et je dégageais ce qu’ils ont appelé une « énergie positive ».

(Rires…) j’ai « imposé mon style », comme dirait Ali G. Les rennes m’ont été définitivement donnés au troisième jour sur le tournage et ce avec l’accord du Producteur, qui était aussi l’acteur principal du film et normalement, le Réalisateur. Le travail, la discipline, le respect en général et la ponctualité ont été rétablis.

Je ne saurais vous dire comment j’ai fait pour allier les casquettes d’Acteur, Régisseur général, Co réalisateur, Scénariste, Eclairagiste et Secrétaire ( !!) en même temps, mais la PASSION m’a animé chaque jour de 6h du matin à 1h le lendemain ! Une pure folie qui m’a énormément appris et qui m’a également coûté quelques soucis de santé pour tout vous dire …

 

J.W.M: Durant les RIFIC (Rencontres Internationales de Films Courts), vous avez participé à un atelier scénario et signé la coréalisation d’un court-métrage intitulé « JACKPOT », fait en 48h seulement. Est-ce réellement possible de réaliser un film en si peu de temps ?

N-D: Si c’est possible? Mon groupe et moi l’avons fait et ce grâce à deux choses : un groupe solide et solidaire et une expertise professionnelle acharnée de la Scénariste et Réalisatrice Françoise ELLONG, instigatrice du projet. Le public Camerounais est très difficile et les voir silencieux pendant la projection et applaudir à la fin, je me suis senti heureux !!!

J.W.M: Qu’aimes-tu le plus dans le milieu cinématographique ?

N-D: Rien mais tout (rires…). C’est un milieu complexe où l’on peut devenir qui on veut et créer des choses que l’on veut. C’est rempli de pleins de bonnes et mauvaises choses et c’est à nous de choisir notre camp.

J.W.M: Tu as réalisé un premier long-métrage, un drame musical intitulé « PASSION ». Peux-tu nous en dire plus ? Où peut-on voir ou se procurer ce film ?

N-D: « Passion » raconte l’histoire de deux jeunes frères amoureux de la danse et du genre musical dit « AFRO-POP », qui perdent leur mère et finissent par apprendre que la route vers la réussite et que la vie elle-même sont un parcours semé d’embuches.

Mais c’est aussi une plateforme dédicace et soutien à mes talentueux collègues Djibril Angel, King Creol, le créateur d’un pas de danse utilisé dans la vidéo « Bouge » par le non moins célèbre groupe Camerounais X-Maleya et enfin, SOFTOUCH / THE PERSON /MJ-IV/ MAREMINT et Samuel ESHU, ces compositeurs et « beats makers » des musiques et instrumentales quasiment utilisés comme dialogues dans le film.

Pour l’instant, c’est impossible de se procurer le film, car ma logique pendant la conception n’était pas la vente en support et la diffusion en salles. J’ai plutôt eu une approche de Festivals de films et diffusion télés pour ce premier long-métrage.
D’ailleurs, STV est l’une des quatre télévisions à avoir reçu le dossier et le P.A.D (Prêt A Diffuser) du projet. Ils m’ont communiqué leur intérêt pour le film.

Image de prévisualisation YouTube

J.W.M: Quel est ton regard sur le cinéma camerounais ?

N-D: Le Cinéma Camerounais souffre d’un manque de formation de la nouvelle génération de cinéastes, qui eux mêmes sont responsables de leur échec dans le milieu, car trop négligents. De maigres opportunités de stages sont proposées et le cinéma camerounais se perd dans cet objectif universel qui doit allier divertissement, éducation, sensibilisation, conception et formation. Aujourd’hui, on nous sert des sketches, pas du cinéma. Mais surtout, on voit un cercle de personnes qui nous pondent de la médiocrité et de l’imposture tout en se moquant de son public.

J.W.M: Un mot pour tous les jeunes qui aimeraient exercer la même passion que toi …

N-D: Avec tant d’interviews vus et accordés aux cinéastes, je préfère me décaler de cette routine qui à mon humble avis ne booste pas vraiment la majeure partie de ces jeunes qui souvent au premier échec, éteignent la flamme de leur passion. J’ai simplement envie de leur poser une seule question : quelle est la première chose qui leur vient à l’esprit de faire, quand ils se lèvent le matin ?

Le rejoindre sur Twitter.

Visiter la page du film « Passion« .

Nabe-Daone a été l’invité de Maxino Tjabag sur Satellite FM dans l’émission « Ma Maison Ciné »

 

 

camernews-Interview-nabe-daone-réalisateur-cameroun²

camernews-Interview-nabe-daone-réalisateur-cameroun