Interview de Martinez Zogo, Journaliste et animateur radio

Considéré comme l’un des hommes de radio  les plus célèbres  de la capitale, Martinez Zogo, qu’on ne présente plus,  nous a accordé une interview sur le bras-de-fer qui oppose depuis plus d’une semaine, la primature au Ministère des arts et de la culture.

«C’est le premier Ministère qui est à l’origine de la cacophonie qui prévaut dans le secteur du droit d’auteur. Présentement, il appartient  au chef de l’Etat de siffler la fin de la récréation. Le désordre n’a que trop duré et cela met en péril la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins et partant même, la vie des artistes.»

Monsieur Martinez Zogo, vous êtes une voix qui compte dans les milieux du show Biz Camerounais, à ce titre vous observez sans doute comme tous les autres observateurs avertis, le duel qui oppose en ce moment la primature à la SOCACIM… dites-nous quelques mots à ce sujet

Le conflit qui oppose la primature à la Socacim illustre merveilleusement, s’il en était encore besoin, l’incompétence caractérisée du premier Ministre Philémon Yang ainsi que celle de son SG M. Louis Paul Motaze qui n’ont rien compris du tout du problème des artistes. Le Premier Ministre et son SG ont mis en péril les intérêts des artistes et de la musique au nom du favoritisme aveugle, au profit de leurs petits copains. Le PM dans le cadre de cette affaire aurait dû privilégier la cohésion sociale dans le milieu artistique, la protection de l’action gouvernementale et pour finir le bien-être des artistes, ce qui aurait pu déboucher sur une concertation tripartite : Primature- Ministère des arts et de la culture- leaders d’opinion culturel (Roméo Dika, Sam Mbendé, Joe Mboulé) qui ont une parfaite connaissance des lois qui encadrent les droits d’auteurs.


Est-ce que le premier Ministre ne voulait justement pas exclure des acteurs de certains camps ?

A  ma connaissance, quand je parle du favoritisme aveugle. Naturellement, je parle des intérêts égoïstes appuyés sur des liens que le PM Yang et son SG Motaze auraient avec certains individus qui n’ont aucune qualité dans les questions du droit d’auteurs. Si on s’en tient à ce que dit la loi sur la double nationalité par exemple, on note que les services du premier Ministre auraient dû exclure Ndedi Eyango. Donc, c’est le premier Ministère qui est à l’origine de la cacophonie qui prévaut dans le secteur du droit d’auteur. Présentement, il appartient  au chef de l’Etat de siffler la fin de la récréation. Le désordre n’a que trop duré et cela met en péril la gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins et partant même, la vie des artistes. Entre autres, si le président de la république avait désavoué M. Yang Philémon après avoir constaté les manquements de la coordination gouvernementale dans son ensemble, que serait-il devenu ?


Dites-nous quelques mots sur la procédure judiciaire enclenchée par la Socacim, même comme il est interdit de commenter des affaires pendantes en justice, pensez-vous qu’elle a une chance d’aboutir ?

Pour ce qui est de la procédure en cours. Je ne doute pas un seul instant que la Socacim sera rétablie dans ses droits. Même les juristes les plus médiocres s’accordent à dire que le PM a violé la loi, qu’il a outrepassé ses prérogatives, c’est la preuve fragrante s’il en était encore besoin que nous sommes à la fin d’un règne. Quand dans un pays normal, une république, les gens se permettent de violer la loi fondamentale comme ils veulent, comme ils l’entendent et comme ils pensent, c’est très grave. Le Premier Ministre en tant que magistrat hors hiérarchie mérite d’être sévèrement condamné, car il est tenu de par sa formation à mieux interpréter la loi et à mieux la respecter. Malheureusement, il est curieux et même fâcheux de constater que c’est lui-même qui la foule aux pieds. Sincèrement, je pense qu’une fois que la justice l’aurait désavoué, il faut que Philémon Yang ait l’honnêteté intellectuelle de démissionner.