Interview croisée musclée entre Osih Joshua et Elimbi Lobè

Le Vice président du Sdf répond à « Ouest Littoral »  : « La politique des aigris ne devrait plus avoir droit de cité »
Répondant aux critiques du conseiller municipal Elimbi Lobé, Joshua Osih s’est voulu ferme dans la défense du candidat élu du Sdf au poste de 6ème adjoint au maire de Douala 5

Êtes-vous satisfait du déroulement des opérations de vote en vue du renouvellement de l’exécutif communal à Douala V ?
Nous sommes satisfaits de savoir que finalement la loi a été respectée.

L’image de votre parti en sort-elle intacte ?
Oui bien sûr. Si vous faites allusion au fait qu’un conseiller, membre du SDF a voulu faire obstacle au parti, je crois que la position du parti a été respectée et même confortée ; nous nous sommes soumis au verdict de l’urne qui est resté logique.

Quelques soient vos divergences, trouvez-vous normal de les étaler en public, appliquant une méthode chère à  votre adversaire le Rdpc consistant à  sortir une enveloppe indiquant le nom de votre candidat à  la dernière minute ? N’y avait-il pas moyen de faire autrement ?
Les statuts du parti sont clairs : les candidats sont investis par le parti et l’investiture donne une enveloppe avec le nom du candidat investit. En prélude à  cela, il fallait s’assurer que nous pouvions effectivement présenter un candidat, chose acquise en début de procédure et donc nous avons tout naturellement donné au conseiller SDF le plus gradé du conseil municipal l’enveloppe contenant le nom. Il y avait un seul candidat, donc le choix était très simple. C’est cela la procédure et elle marche très bien. Nous ne pouvons pas empêcher que des gens pensent qu’ils sont au-dessus des statuts du Parti du simple fait qu’ils sont devenus conseillers municipaux, oubliant qu’ils sont issus d’une liste SDF et que les électeurs de Douala 5 ont élu une liste et non des individus.

On a de la peine à  y croire: votre candidat est-il oui ou non poursuivi par des membres de son parti pour détournement de fonds ? Si vous pouvez éviter la langue de bois Restez tout de même poli.
Pourquoi parlez-vous de langue de bois avant même que je ne donne ma réponse? Les textes du parti sont clairs : s’il y a un problème disciplinaire entre des membres du parti, pour des faits internes, il y a une procédure disciplinaire interne qui existe. A ma connaissance et au vu du dossier, il n’y a aucune procédure disciplinaire contre l’unique candidat qui s’est présenté pour ce poste et d’ailleurs, s’il est poursuivi en justice, je suppose que c’est de cela que vous voulez parler, il ne peut être poursuivi par des membres du SDF puisque cet acte les auto-exclurait et donc ils ne pourraient plus être considérés comme membres, mais plutôt comme d’anciens membres.

Avez-vous conscience que si de tels faits sont avérés, ce serait une bombe à  retardement pour votre parti ?
Ecoutez, nous n’avons aucun problème avec ce candidat, qui aujourd’hui est maire adjoint. Notre maire, votre maire. Je pense que ceux qui veulent à tout prix trouver des problèmes pour nuire au SDF et à notre Maire adjoint, devraient plutôt s’en prendre à eux-mêmes et essayer de grandir, travailler en tant que politique dans l’intérêt des populations et non dans l’optique de leurs intérêts égoïstes et malsains. La politique des aigris et des opportunistes ne devrait plus avoir droit de cité au Cameroun et surtout pas dans un journal aussi respecté comme le vôtre. Que ceux qui veulent gagner des élections le fassent sur le terrain. La commune de Douala 5 est une commune sinistrée qui a besoin de se mettre au travail. Mon parti est minoritaire dans ce conseil municipal et donc doit jouer son rôle en tant que membre minoritaire et aller au travail. Ce que j’attends du nouveau maire adjoint, c’est d’être à la hauteur de la tâche et tous ceux qui, au lieu de rechercher l’intérêt commun des populations, essayerons de nuire et de bloquer ce travail, nous trouverons sur leur chemin. L’élection de l’Adjoint au Maire est derrière nous, il y avait un candidat et il a été élu, n’en déplaise, face un adversaire de dernière heure. Nous avons tourné la page et nous travaillons aujourd’hui à la prochaine élection municipale dans cet arrondissement qui aura lieu en 2018. Tout le reste ne peut que être contre-productif et du bruit d’aigris.


Elimbi Lobé répond à Ouest Littoral : « Monsieur Ngoualem Carlos retire nos cautions du Trésor, il en fait siennes »

Pourquoi tant de bruit autour de l’élection du maire et de ses adjoints à Douala V ?
La commune de Douala 5 s’est illustrée pendant longtemps comme une entité atypique où aucune règle n’est respectée et peut-être que c’est pour cela qu’elle cristallise toutes les attentions à l’occasion du remplacement des personnels de son exécutif. Les règles et pratiques respectées ailleurs étaient vouées à être modifiées à Douala V au gré des calculs occultes et inavoués. Il a fallu stopper tous ces complots, pour faire valoir:
a- les droits du SDF: et pour cela tout le monde attendait de voir si les efforts d’Elimbi Lobe allaient être couronnés de succès. C’est-à-dire si le poste d’adjoint au maire qui revenait normalement au SDF au regard de la pratique que le gouvernement et le RDPC ont mise en œuvre allait enfin revenir à la maison.
b- respecter la jurisprudence interne au RDPC qui en cas de décès d’un maire, a toujours investit pour le remplacement de celui-ci, son premier adjoint. Cette pratique correcte au regard des exigences de cohésion, et des pratiques en vigueur dans le management des ressources humaines était à soutenir afin que les silences de l’article 70 de la loi fixant les règles applicables aux communes ne servent plus de prétexte aux thuriféraires du tribalisme qui voulaient se servir des non-dits de la loi pour faire valoir leur volonté hégémonique sur les autres groupes sociaux.
Tous ces aspects de la réorganisation de l’exécutif communal de Douala V étaient suffisamment importants pour cristalliser l’attention du Cameroun sur notre commune.

La méthode utilisée pour choisir le candidat du Sdf ne risque-t-elle pas de choquer les militants ? Que reprochez-vous à celui qui a été, au nom de votre parti, choisi pour occuper les fonctions de 6ème adjoint au maire ?
J’ai ramené le siège perdu du SDF à la maison. Comme un soldat de notre parti, j’ai fait mon travail et je me réjouis que mon parti soit rétabli dans ses droits. Hélas! l’utilisation de ce droit a révélé la mentalité clientéliste et l’incompétence de ceux qui se cachent derrière le terme nébuleux de “hiérarchie” pour donner suite à leurs calculs qui n’ont rien à voir avec les intérêts supérieurs du SDF car, depuis le décès du maire, alors que je conduisais la lutte pour le rétablissement de nos droits, personne de ceux qui se réclament de la hiérarchie dans le parti ne s’est rapproché des huit conseillers du SDF à l’effet de préparer la manifestation de la candidature du SDF au poste d’adjoint au cas où celui-ci serait acquis. Au contraire, tout le Cameroun a vu des esprits hideux qui sont venus sur les plateaux de télévision me contrarier et agir pour obtenir l’échec de la lutte pour un siège de maire adjoint au profit du SDF; il n’y a que le président de la Circonscription électorale de Douala V N°1 Nkembeng Edward qui a eu l’idée de rassembler les conseillers municipaux du SDF pour qu’ils dégagent un candidat consensuel, ce qui a été fait au terme de deux réunions ténues les 19 et 23 mars 2015.
C’est au terme de ces réunions que les conseillers SDF de Douala V ont dégagé eux-mêmes un candidat en la personne du conseiller Djeuga Rémy. Monsieur Ngoualem Carlos qui s’est rendu coupable d’infraction à la fortune des militants du SDF à Douala V n’a jamais proposé sa candidature au poste d’adjoint au maire, étant entendu qu’une telle ambition venant de lui n’aurait pas prospéré.

En effet Ngoualem  Rodrigue Carlos, en tant que mandataire des candidats du SDF aux élections municipales de 2013 était chargé de collecter les cautions des candidats soit 50 000 F par candidat et de les verser au Trésor. Puis, il devait les retirer du Trésor au cas où notre liste obtiendrait plus de 5% des suffrages valablement exprimés, à sa charge de les restituer aux candidats et ceci sans délai. Or en octobre 2013 lorsque Monsieur Ngoualem Carlos retire nos cautions du Trésor, il en fait siennes au préjudice des candidats. Malgré diverses interpellations à l’effet de rendre ces cautions, jusqu’à ce jour, de nombreux candidats ne sont pas rétablis dans leurs droits et parmi ceux-ci, plusieurs conseillers municipaux qui devraient soutenir sa candidature éventuelle.

Sachant qu’il ne jouissait pas de la confiance de ses pairs, il est allé chercher les faveurs des personnes qui estiment que nos avis ne comptent pas au nom de la discipline du parti. C’est ainsi que ses parrains politiques dans le SDF, Nintcheu Jean Michel et autres sont venus le jour du conseil, le 5 août dernier, présenter sa candidature par le truchement d’un conseiller SDF, maître Ngouana Mustapha en contrariant le président du Groupe municipal que je suis et qui dans les usages en vigueur, est le seul à présenter le candidat de son parti.

Evidemment les instigateurs de cette manœuvre savaient que s’ils me contactaient, j’aurais préalablement vérifié l’authenticité de cette soi-disant lettre d’investiture en faveur d’une personnalité de moralité douteuse et que j’aurais défendu le consensus des conseillers municipaux qui après tout, sont les principaux concernés. Comment peut-on comprendre que Nintcheu et compagnie qui ne vivent pas à Douala 5, qui ne sont pas militants à Douala 5, qui ne sont pas conseillers municipaux à Douala 5, envisagent de nous imposer un candidat au poste d’adjoint au maire sans aucune consultation préalable, ni du chef du parti à Douala 5, ni du membre du NEC que je suis, ni des autres conseillers municipaux qui sont les victimes des agissements délictueux de monsieur Ngoualem Carlos ?

A ce jour, les militants s’interrogent sur les valeurs politiques que notre parti défend, dès lors que c’est le SDF qui promeut à une responsabilité publique et politique un militant que les militants du SDF  poursuivent au tribunal pour abus de confiance. Les militants sont meurtris par ces agissements qui ruinent notre crédibilité politique et qui achèvent de convaincre les camerounais que nous ne pourront pas porter un vrai changement dans ce pays. Le SDF a l’obligation d’exemplarité, il doit pratiquer ce qu’il prêche. Le SDF ne peut pas prêcher la probité morale et promouvoir à une fonction publique élective un militant que le SDF poursuit au tribunal. C’est tout simplement inacceptable et cela sera combattu.

Quels conseils pouvez-vous lui donner aujourd’hui ?
Monsieur Ngoualem Carlos doit bien se dire que je n’ai pas ramené le siège du SDF à la maison pour qu’un abuseur de la confiance des conseillers municipaux l’occupe. Il s’est rendu indigne de toute promotion politique dans nos rangs. Je lui suggère de remettre ce mandat au risque de se voir pourrir la vie durant tout le temps qu’il envisage de passer à ce poste pour engranger de l’argent, ce qui semble être sa principale préoccupation.

Que faire pour que le calme revienne au sein du Sdf dans le Littoral ?
Nintcheu est le principal instigateur du désordre dans le SDF-Littoral. Il est le manipulateur de Ngoualem Carlos à l’effet de déstabiliser  Nkembeng et moi-même, afin d’avoir à sa solde de falots qui vont servir son investiture comme tête de liste aux législatives de 2018, car sachant qu’il ne peut pas gagner une élection générale, il compte sur la répartition des sièges en cas de majorité relative pour recevoir l’unique siège qui peut revenir au SDF dans la circonscription de Wouri-EST.

Il est très peu soucieux des résultats du SDF dans le littoral où depuis 12 ans, il a atteint les performances de 137 conseillers municipaux sur 1026 qu’il y a au littoral. Avec ces résultats, les élections sénatoriales de 2018 sont déjà perdues et  il en est de même pour le conseil régional à venir. Oui je pense sérieusement que Nintcheu est le mal du SDF dans notre région et il doit bien se rendre compte qu’il a fait 12 ans , il a fait ce qu’il a pu, ce qu’il a pu est très peu, il serait honorable de passer le témoin pour avoir un peu de légitimité à critiquer le président BIYA qui a déjà fait 32 ans.