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INCIVISME VESTIMENTAIRE : SANS SOUTIEN COMMENCEZ PAR LE BAS

INCIVISME VESTIMENTAIRE : SANS SOUTIEN COMMENCEZ PAR LE BAS

Il y a longtemps, Césaire fixait les conditions de stabilité d’une nation. Il estimait alors qu’elle reposait sur la famille, laquelle elle-même est fondée sur la femme. Plus clairement il disait « Il n’y a pas de famille stable sans femme stable, il n’y a pas de nation stable sans famille stable ». Nul n’est dans ce cas sans ignorer qu’outre ce qui se trame dans l’extrême-nord du pays, le Cameroun n’est pas un pays stable

La stabilité d’une nation, se juge préalablement par sa capacité à répondre aux divers problèmes de la majorité de sa population. Elle doit pouvoir à défaut de combler leurs attentes, garantir le nécessaire qui leur permet de faire corps avec lui. Par ailleurs, cette stabilité peut être jugée par la moralité des citoyens, qui dans l’esprit et dans l’agir, s’éloignent de l’immoralité et de l’amoralité. Un citoyen dans ce cas doit être capable de rendre ce qui ne lui appartient pas par exemple.

Or, nous savons depuis longtemps que cela est impossible au Cameroun. Aux feymen que dès les années 90, on a célébré comme modèle social de réussite, jusqu’aux ministres qui sont aujourd’hui en prison ou ceux qui sont sur le chemin pour y aller, en passant par ces jeunes « nangas, bagando, grand K, boys » et autres pseudonymes, la moralité se trouve hors des frontières du Cameroun

Un bagage que vous oubliez dans le taxi, il faut l’oublier stricto sensu. Une jeune fille à qui vous dites bonjour, il faut lui offrir un pot. Un renseignement afin de trouver votre chemin est négociable. La liste des services à payer est longue. Et pour cette raison, on a sacré, le Cameroun comme étant le pays le plus corrompu.

Aujourd’hui, sur le chemin de l’assainissement des mœurs, toutes sortes de mesures sont prises. Le président de la République a instauré une commission nationale anti-corruption ; il a aménagé des salons VIP dans les prisons de Yaoundé et Douala, pour installer des administrateurs véreux. Dans les locaux administratifs, des instructions sur le non-paiement des services publics sont placardées. N’empêche que l’histoire suit son cours.

Dans cette lignée, la ministre de la promotion de la femme et de la famille s’aligne. Elle a donné du temps à toutes ces personnes qui s’habillent « nues » de se vêtir. Il semble que le message n’est pas passée, sinon comme du vent et qu’elle engage la phase de la répression. Instruction, aura donc été donnée, à Tsimi Evouna, Délégué à la communauté urbaine de Yaoundé, de régler définitivement le problème.

Tsimi est connu pour sa fougue, son courage que même la mort n’ébranle pas. On peut donc imaginer le scénario de cette lutte, qui va engager les « gros-bras » qui sont à son service, et qui sont connus aussi pour leurs dérives dans les marchés, auprès des conducteurs de motos, ou plus encore dans les « casses ». On s’imagine donc que ces gars vont en faire un problème personnel, et que la définition de l’incivisme vestimentaire, sera plus subjective qu’objective. Sans compter les « passe-droit » qui vont se faire dans cette lutte. C’est au finish vers une nouvelle dérive que mène ce combat.

Et pourtant, si l’incivisme vestimentaire est réel, et qu’au-delà de se « rincer les yeux », certaines tenues choquent, tant elles invitent à l’obscénité ou suscitent des idées « pornos », la solution n’est pas de continuer à déshabiller publiquement ou d’en tirer quelques prébendes.

Ce déshabillage « choisie » est la conséquence d’une situation, qui en aval cache un réel malaise. Il existe une crise de la famille au Cameroun qui est intimement liée à la crise économique. La capacité d’un parent, à donner des ordres à sa progéniture, dépend de sa capacité à assumer ses responsabilités de parent. Aucun dialogue véritable, ne peut s’établir dans une famille où, indépendamment de l’âge, chacun doit contribuer à la charge familiale.

Ce qui suppose que tous les moyens sont bons, pourvu qu’on mange. La jeune fille pour séduire, doit se « dévoiler » au propre comme au figuré. Le parent ne peut se prononcer sur sa mise vestimentaire, sans se voir répondre « c’est toi qui achète ? ». Il a même intérêt à se taire, puisqu’après tout ça l’épargne de sa charge, en même temps que ça met quelque chose dans le plat.

Sans défendre, l’incivisme vestimentaire qui reste à définir, tant dans sa nature que dans l’espace et le temps, il est important que Madame la ministre revoie sa fonction. Promouvoir la femme et la famille, ce n’est pas commencer par déshabiller tout le monde. Le prérequis, c’est garantir en aval, les conditions de bien-être pour ses familles, en donnant à ses femmes majoritairement sans emploi, sans formation, les conditions de leurs formations et de leurs intégrations sociales.

La journée internationale de la femme doit cesser d’être la journée du « kaba » et les orgies qui vont avec, pour être un lieu de réflexions et d’actions, dans la lutte pour la libération de la femme. Elle doit avec d’autres ministères notamment celui de l’agriculture, où il semble que l’argent quitte la terre pour des coffres privés, encourager, soutenir les femmes dans leurs actions. De nombreux projets fictifs qui sont portés par plusieurs ministères, et qui ne financent que des proches doivent servir à nourrir les familles, en leur donnant la possibilité de se nourrir.

C’est à cette condition seulement qu’il y aura un véritable sens moral dans les familles, et que les filles peuvent cesser de faire de leurs corps des produits qui doivent nécessairement « passer le marché ». Pour remettre les dessous en dessous, il faut donc commencer par le bas.

 

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