Il faut plus de moyens à Hysacam pour rendre les villes camerounaises plus propres

Les rues de nos villes et cités sont sales, pourtant l’omniprésence de l’entreprise Hygiène et salubrité du Cameroun (Hysacam) en charge du nettoyage de ces cités ne fait aucun doute.

En dépit de la volonté de ses dirigeants, d’une logistique importante en comparaison à ce qui se fait ailleurs dans les rares pays du continent où l’activité subsiste encore, d’un management apprécié au Cameroun et dans la sous-région où elle est sollicité à l’instar du Gabon et de la mise en route de projets innovants enviés par d’autres acteurs de secteur de la salubrité qui peine à rentabiliser leurs structures ; Hysacam ne parvient tout de même pas à rendre propre en permanence les centaines de quartiers appartenant à l’une des villes où elle exerce l’enlèvement des déchets au Cameroun.

Un tour sur le portail web de cette structure étatique que dirige le compatriote Michel Ngapanoun

permet de se rendre compte qu’en théorie, Hysacam est censé enlever tous les jours à des plages horaires connues d’avance et variables suivant chaque ville les déchets dans 191 secteurs dans la ville de Yaoundé, 14 secteurs de Meyomessala-Sangmelima, 26 secteurs de Maroua, 43 secteurs de Limbé, 24 secteurs de Kribi, 25 secteurs de Garoua, 77 secteurs de Buea, 23 secteurs d’Ebolowa, 46 secteurs d’Edéa, 123 secteurs de Douala, 31 secteurs de Bertoua, et 27 secteurs de Bafoussam… soit un total de 650 secteurs où il faut collecter les déchets tous les jours dans 12 villes. La plupart des grandes villes connaissant plusieurs rotations par jour par quartier ou secteurs de quartiers.

Un contact téléphonique sur le site web (et pas sur les bacs à ordures hélas), permet aux populations de signaler un bac plein ou une abondance de déchets dans leurs quartiers.

Pour la seule ville de Douala, Hysacam affirme enlever pas moins de 1440 tonnes de déchets ménagers tous les jours. Le tonnage n’est cependant pas indiqué pour les autres villes, comme Yaoundé et Bafoussam qui sont presque de la taille de Douala.

Des pistes de solutions

La situation est si urgente qu’il faudrait soit renforcer le personnel opérationnel avec de nouveaux recrutements qui impliqueraient une nouvelle acquisition d’engins supplémentaires,  soit prendre le courage de libéraliser le secteur de l’assainissement urbain et permettre ainsi aux entreprises privées qui le désirent de se lancer dans le business des déchets ménagers, un business tout aussi porteur sinon plus que d’autres dans la mesure où il débouche sur la production d’énergies renouvelables, le biogaz notamment, à travers la valorisation des déchets ainsi collectés.

Afin de faire face à l’incivisme des populations qui n’hésitent pas à déverser les ordures en tout genre sur la voie publique, Hysacam gagnerait, en association avec les opérateurs du secteur de la plasturgie et les collectivités territoriales désormais décentralisées, à mettre à la disposition des ménages des sacs poubelles fut-ils sponsorisés, mais surtout à éduquer ces dernières sur la nécessité de ranger les déchets par catégories (plastique, verre, bois, papier, etc.) avant de les jeter.

Mais l’argent étant le nerf de la guerre, une autre solution pour contraindre les ménages à l’auto discipline reste la mise en place d’une politique de rachat des déchets triés comme cela se fait dans des pays émergents à l’instar du Brésil.

Hysacam peut également s’inspirer du modèle de l’entreprise de transport terrestre Touristique express (à ses débuts) pour se déployer dans toutes les villes du Cameroun. Il y a 13 ans soit à ses premiers balbutiements à Garoua dans la région du Nord et à Ngaoundéré dans la région de l’Adamaoua, tous les véhicules de Touristique express appartenaient à des particuliers, qui en avaient confié la gestion à l’entreprise et attendaient des dividendes en fin d’année. Ce modèle de développement est tout à fait équitable lorsque les parties contractantes ont accepté les termes du business. Tout le monde y gagne !

Au final, de nombreuses solutions existent pour rendre nos villes plus propres, pourvu que l’Etat joue pleinement et sans tacle irrégulier son rôle de facilitateur.

Seul regret ou curiosité dans ce microcosme, le fait de savoir que la ville de Bamenda dans la région du Nord-Ouest, pourtant une grande métropole, n’a pas encore reçu l’insigne honneur (si c’en est un) d’abriter une représentation d’Hysacam. Allez savoir pourquoi ?