ICE de Bétamba: une réponse institutionnelle cohérente

L’établissement a contribué à remettre de nombreuses générations d’enfants inadaptés sociaux sur le droit chemin.

Bétamba. Malgré le temps qui passe, le nom inspire toujours quelque chose au commun des Camerounais. Relativement avec la protection et la promotion des droits de l’enfant en danger moral, inadapté social ou en conflit avec la loi. En effet, dans la dynamique d’offrir à cette frange de la population, exposée à la criminalité et à toutes sortes d’exploitation ou d’abus, des mesures de protection spéciale, de réinsertion familiale, scolaire ou socioéconomique,  l’Institution camerounaise de l’Enfance (ICE) de Bétamba a été créée en 1952 par l’administration coloniale. Rétrocédée en 1968 au gouvernement camerounais qui l’a organisée par décret du 25 juin 1973, elle a joué un rôle essentiel en tant que pionnière et fleuron du système camerounais de rééducation pour mineurs. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’institution mythique a connu l’érosion du temps et est marquée aujourd’hui par la vétusté des infrastructures et équipements, le déficit des ressources humaines, l’inadéquation des programmes pédagogiques et un faible taux de fréquentation eu égard à sa capacité d’accueil.
De plus, le phénomène des enfants de la rue et de la délinquance juvénile s’est complexifié. Et face à la recrudescence de l’enrôlement des enfants vulnérables par les groupes armés pour servir à des fins terroristes, au nombre de plus en plus élevé d’enfants dans les prisons, le Minas a trouvé judicieux de remettre à flot à l’institution. Et au-delà de ses missions classiques, celle-ci devrait servir d’incubateur de création de richesse et de pôle de développement, eu égard à sa situation géographique et à ses potentialités en matière d’insertion socioéconomique.
Le plan stratégique de modernisation de l’Institution camerounaise de l’Enfance est conçu pour une période de trois ans, allant de 2017 à 2019. « Sa vision est de faire de l’ICE une institution moderne adaptée au contexte socio-sécuritaire, qui contribue efficacement à la lutte contre la criminalité juvénile et un incubateur de développement pour la jeunesse inadaptée sociale au Cameroun à l’horizon 2020 », assure le ministre Pauline Irène Nguene. Trois axes sont identifiés pour ce faire. Il s’agit de l’amélioration de la qualité et de l’offre de service,  l’optimisation du fonctionnement de l’institution et la rationalisation  des ressources. Concrètement, 30 projets ont été montés en vue de la réalisation de ce plan triennal pour un coût global de 2 571 500 000 F que le ministère des Affaires sociales ne saurait à lui seul mobiliser. D’où le plaidoyer en direction des partenaires nationaux et internationaux en vue de lever des fonds additionnels, contribuant ainsi à l’exécution performante de cette opération de modernisation.

La parole aux acteurs

Pierre Théophile Eyock: « Nous sommes très heureux »

Directeur de l’ICE de Betamba

« C’est un sentiment de joie. Nous sommes très heureux de nous imaginer à l’horizon 2019 dans une institution totalement rénovée et dans laquelle nous aurons des conditions de travail et des outils modernes. La modernisation de cette institution devrait commencer par le cadre de vie. En matière d’éducation, les personnels devraient être dans un cadre de travail décent qui demande des choses simples que sont l’électricité, l’eau, les moyens de locomotion et autres. Ce que nous n’avons pas actuellement. A l’horizon 2019, la capacité de l’institution devrait être portée à 240 enfants».

Parfait Nana Ngassa: « L’Etat doit réhabiliter les ateliers »

Pensionnaire

« Nous souhaitons qu’on nous aménage la cuisine avec tout ce que cela exige comme ustensiles et autres accessoires. Si on ne mange pas bien, on ne peut rien faire. Que l’Etat pense aussi à nos ateliers, ils n’ont plus rien. On n’apprend plus. Au niveau des pavillons, nous avons besoin des téléviseurs pour nos loisirs parce que nous allons visionner chez les éducateurs qui parfois refusent de nous accueillir. On s’ennuie et ce qui fait que d’autres préfèrent les balades au village. Ce qui n’est pas bien pour nous».