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Hymne : ce que vaut le couple Dipanda-King

Hymne : ce que vaut le couple Dipanda-King

Après un premier concours déclaré infructueux, les critères du choix des deux artistes ont nourri la polémique pendant plusieurs semaines.

La cérémonie solennelle de présentation de la mascotte, du logo et de l’hymne de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2016 se tiendra le 18 septembre prochain, au palais polyvalent des sports à Yaoundé. Le clip de l’hymne «Hommage aux footballeuses », qui est chanté par les artistes Charlotte Dipanda et Richard Kings, a été tourné au Cameroun, dans les villes de Yaoundé, Buea et Limbe et sera monté en France. Un choix à l’origine d’une grosse polémique autour du tri des deux artistes.

Une pilule dure à avaler pour certains professionnels camerounais du montage audio-visuel et du marketing. Pourtant au ministère des sports et de l’éducation physique (minsep), l’on se défend d’avoir respecté tous les critères de sélection, pour ce qui est du choix des artistes et de l’appel d’offre public.

Ici, le discours est sans ambigüité : transparence et compétitivité ont primé. Selon le vice-président de la commission communication de la Can 2016, Gabriel Nloga : «ce sont les critères rigoureux d’originalité, de conformité au cahier de charges, d’esthétique, du discours mobilisateur et fédérateur qui ont primé» renseigne-t-il. Étaient aussi recherchés le modernisme, l’orchestration suivant la mélodie, la partition, l’harmonie, le rythme et le message. Sur la cinquantaine de candidats ayant soumissionnés lors du premier concours, aucun n’a respecté entièrement les critères cités plus haut.

«Le premier concours a été infructueux et nous avons été obligés de faire des commandes et c’est par cette voie que Charlotte Dipanda et Richard Kings ont été retenus. La même transparence a prévalu pour ce qui est de la sous-commission de la mascotte, puisque chaque candidat soumissionnaire devait présenter son œuvre, accompagnée d’un descriptif», précise-t-il.

S’il y a un autre point sur lequel certaines critiques ont convergé, c’est bien celui du rythme sous lequel l’hymne de la Can est chanté. Certains l’ont trouvé trop langoureux pour un hymne conçu par rapport à une compétition de football. «Nous avons voulu quelque chose de soft (doux Ndlr). J’ai justement suivi beaucoup de choses autour du rythme de cette Can. Cet hymne a quelque chose de solennel et je peux rassurer les uns et les autres qu’il y aura d’autres chansons de la Can 2016» rassure Gabriel Nloga.

Style

Mais pour Guy-marc Tony Mefe, manager d’artistes, cet hymne ne reflète pas véritablement «l’immense» talent de l’artiste Charlotte Dipanda. Pour lui : «si on avait tenu compte de son registre musical, je suis sûre qu’elle aurait fait mieux que ça. Néanmoins avec le temps, je suis sûre que les gens vont s’y habituer». Une observation tout de suite balayée du revers de la main par Ferdinand Nana Payong, qui se présente comme le «père conseiller » de l’artiste.

Pour ce dernier, il s’agit simplement «celebrating marketing», c’est-à-dire que le Comité d’organisation a décidé de s’associer à des marques que sont Charlotte Dipanda et Richard Kings, bien que ce dernier, avoue-t-il, n’est pas très connu au Cameroun. Il explique que, le choix porté sur Charlotte Dipanda s’est fondé sur sa notoriété et la sympathie que la star présente auprès du public. «J’ai encadré ses premiers pas dans la musique, donc je sais de quoi je parle quand il s’agit d’elle. Quand vous écoutez ses albums, vous constatez qu’il y a un fil conducteur, un style Charlotte Dipanda.

Mais ça n’empêche  pas qu’elle sorte de ce régime quand il s’agit de l’hymne, puisqu’il porte d’abord un message. Qui ne peut pas être différencié de la personne qui exécute cet hymne» recadre Ferdinand Nana Payong. Ce dernier explique aussi que, le Comité national d’organisation aurait dû rendre publiques les paroles et que «si cela traine trop, le risque serait que ceux qui écoutent l’hymne de la Can, se focalisent uniquement sur l’aspect musical, sans tenir compte du message qu’on veut véhiculer. Ce qu’on ne veut pas dire aux gens c’est que, très peu d’artistes musiciens camerounais peuvent chanter en live comme ce couple qui a été choisi». Pour le choix de l’artiste Richard Kings, hors mis son talent, Gabriel Nloga explique que, l’accent a été mis sur le caractère bilingue du Cameroun.

 

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