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Hydrocarbures: Le Gouvernement augmente le prix des carburants

Hydrocarbures: Le Gouvernement augmente le prix des carburants

A compter de ce mardi 1er juillet 2014, le super passe de 569Fcfa à 650Fcfa, le gasoil de 520Fcfa à 600Fcfa. Le gaz domestique de 12,5kg part de 6000Fcfa à 6500Fcfa. Le prix du pétrole lampant est maintenu à 350Fcfa.

Après la flambée des prix des denrées alimentaires consécutives à une hausse des prix des hydrocarbures en 2008 avec les conséquences des émeutes dites de la faim enregistrées, le gouvernement a remis le couvert. En effet, un communiqué signé du secrétaire général des services du Premier ministre, Louis-Paul Motazé, lu sur les ondes de la Crtv hier, lundi 30 juin 2014, au cours du journal parlé de 20heures, fixe les nouveaux prix des carburants ( essence, gasoil et pétrole lampant) à la pompe et du gaz domestique. Ce qui se tramait depuis des lustres (voir textes ci-contre publiés dans Le Messager n°4080 du 15 mai 2014) dans les allées du pouvoir est devenu une réalité. A compter de ce jour, mardi 1er juillet 2014, le litre d’essence passe de 569Fcfa à 650 Fcfa, le gasoil de 520Fcfa à 600F soit une augmentation de 81 et 80 Fcfa respectivement. Statu quo pour le prix du pétrole lampant qui, selon le gouvernement, est maintenu à 350 Fcfa à la pompe alors que le gaz domestique passe de 6000Fcfa la bouteille de 12.5 kg à 6500Fcfa.

Dans le même temps, le gouvernement par le canal du même communiqué, annonce triomphalement, une batterie de mesures destinées à, amoindrir les effets de cette hausse devenue inéluctable, eu égard aux pressions itératives des bailleurs de fonds et des partenaires multilatéraux du Cameroun qui, en chœur, ont exigé l’arrêt des subventions des prix des hydrocarbures et le respect des grilles tarifaires affichées à la pompe. Dans la foulée, le gouvernement évoque la revalorisation des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, la renégociation du salaire minimum interprofessionnel garantie (Smig) avec les leaders syndicaux, la réduction à 50% de l’impôt libératoire, de la taxe de stationnement et la taxe à l’essieu. Cet acte du gouvernement intervient au moment où, la Coupe du monde de football, bat son plein au Brésil et focalise l’attention de nombreux citoyens camerounais, tous amoureux du beau jeu, malgré la déculottée historique des Lions Indomptables. Comme en 2008 (Coupe d’Afrique des nations), le gouvernement choisit un moment où le peuple se divertit, pour prendre des décisions impopulaires. Ce peuple saura-t-il avaler cette autre pilule amère ? A voir…

En rappel, entre 2008 et 2014, l’Etat à déjà subventionné les carburants à hauteur de plus de 1200 milliards Fcfa et à 157 milliards Fcfa pour l’exercice budgétaire en cours.

Alain NJIPOU

Inflation: Le prix de l’essence passe à 700 F/litre*

La subvention des prix des carburants à la pompe, les pouvoirs publics cherchent le bon timing pour suspendre l’appui qui permet de pratiquer les prix actuellement en vigueur. C’est ce que révèle une proposition de grille de prix transmise par la Csph au gouvernement.

C’est quasi inévitable. Nos sources au ministère des Finances affirment même imminente une hausse de prix. Le gouvernement camerounais va devoir cesser de subventionner les prix des carburants à la pompe. Ce qui va indubitablement causer une hausse. Pour ne citer que l’exemple du « Super », le litre pourrait passer à 700 Fcfa, soit une augmentation de 131 Fcfa, puisqu’il se vend actuellement à 569 Fcfa dans les stations services du pays. Les sources du Messager expliquent que cette décision pourrait être rendue publique dans peu de temps seulement : « l’on a pensé au mois de juin de cette année », indique-t-on en substance. Le fait est que les gouvernants camerounais chercheraient, depuis octobre 2013 que le document est prêt, « le bon moment » pour annoncer cette douloureuse décision, dans la mesure où elle ne recevra pas l’assentiment d’une grande majorité de la population.

Quoi qu’il en soit, le gouvernement est dos au mur. Les subventions versées depuis plus de quatre ans pour maintenir les prix des carburants à la pompe à un niveau « acceptable » ne peuvent plus être supportées, sauf à avoir des incidences fâcheuses sur les prévisions budgétaires. Pour l’année 2014, l’on avait tablé à environ 220 milliards Fcfa le montant global des subventions. Mais, les analyses – notamment celle de la Banque mondiale – montrent que l’Etat devra casquer près de 450 milliards Fcfa, soit plus du double de ce qui avait été prévu. Et au moment où les caisses gouvernementales ont du mal à se remplir – même le paiement des salaires des fonctionnaires devient une gageure chaque fin du mois – il va sans dire pour le Fmi notamment qu’il serait plus sage pour les pouvoirs publics de stopper lesdites subventions.

Meilleure formule

Cela fait depuis trois ans que les institutions financières internationales estiment que les subventions des carburants ne servent pas à grand-chose. La semaine dernière encore, une mission du Fonds monétaire international (Fmi) faisait savoir dans ses conclusions qu’il serait mieux pour le Cameroun de procéder à une suppression progressive de ces subventions. « Le coût de ces subventions reste élevé et écarte la possibilité d’autres dépenses qui pourraient promouvoir une croissance plus inclusive », estime en effet le Fmi. Plus simplement, l’on demande à l’Etat de consacrer plutôt cet argent – plus de 1 000 milliards Fcfa en 4 ans – à d’autres investissements pouvant créer la richesse, de sorte que les Camerounais, devenus plus nantis, puissent supporter le coût de la vie qui va ainsi augmenter.

L’Etat est donc à la recherche d’une meilleure formule pour passer à la suppression des subventions des prix des carburants à la pompe. Sous cape, l’on a laissé penser que Paul Biya devrait donner l’ordre de le faire à tout moment, même s’il est personnellement opposé à la hausse des prix du pétrole lampant, du gaz domestique et de l’essence. La parade envisagée consiste à annoncer l’augmentation des prix des carburants, puis les abaisser très légèrement pour parer à la grogne populaire. Autre hypothèse avancée : le faire au moment de la coupe du monde, lorsque le peuple est trop occupé à observer le comportement de ses Lions indomptables au Brésil. Tout ceci est encore dans le « pipe » en attendant le dernier mot du Prince.

Alain NOAH AWANA

Alternative – Révision de la structure des prix: la solution escomptée*

Au sein de la Csph, l’on estime qu’il faut annuler certaines impositions pour alléger les prix des carburants à la pompe.

Si le gouvernement n’a pas d’autres choix que de stopper les subventions, il semble qu’il ait la possibilité d’alléger les prix des carburants à la pompe au Cameroun. L’avis de plusieurs sources au sein de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph) et d’experts en la matière est clair : il faut supprimer certaines impositions qui sont faites sur les carburants. Entre la Société nationale de raffinage (Sonara) et les stations-service, les produits pétroliers sont en effet frappés de nombreuses taxes, une vingtaine au total (voir encadré).

Ces taxes vont du coefficient d’ajustement à la taxe spéciale sur les produits pétroliers (Tspp), en passant par les droits de douane, la Tva, le cabotage, les redevances portuaires, la péréquation transport, etc. Reprenons un calcul effectué par un de nos confrères en ligne, en 2012, et qui se basait sur la structure des prix de la Csph en mars 2011. Le litre du Super, à l’intérieur de la Sonara, coûtait 335,27 Fcfa, le pétrole lampant 380,62 Fcfa et le gasoil était à 372,08 FCfa.

A cela, il fallait ajouter, entre autres, les droits de douane (33,3 Fcfa) et la Tva qui était de 70,99 FCfa. L’ajustement économique, taxe qui prend en compte les coûts du transport engagés par un opérateur était de 50,29 Fcfa. S’agissant du cabotage calculé entre Limbe et Douala, il s’élevait à 7,92 Fcfa par litre, en y ajoutant 1,52 Fcfa de Tva sur cabotage. L’entretien des cuves de la Société camerounaise de dépôts pétroliers (Scdp) et le stockage des produits pétroliers étaient indexés à 11,09 Fcfa, et il fallait y ajouter la taxe sur passage dépôt. Le fonds de lutte contre la fraude quant à lui grignotait 0,27 Fcfa pour le Super, 1,87 Fcfa pour le pétrole lampant et 0,16 Fcfa pour le gasoil.

L’on pourrait indéfiniment citer toutes les composantes fiscales et non-fiscales de ces impositions. Mais, l’on sait aujourd’hui que c’est sur cette batterie de taxes que l’Etat peut jouer pour alléger les prix des carburants à la pompe.

D’aucuns fustigent particulièrement la Taxe spéciale sur les produits pétroliers (Tspp). Elle coûte à elle seule 120 Fcfa par litre de Super. Or, s’indignent certains « on ne voit pas trop à quoi elle renvoie. On ne sait pas à quoi elle est destinée. Il s’agit tout simplement d’une taxe imposée au consommateur final et qui finance les poches des décideurs ».

Il faut donc de nouveau examiner la structure des prix des carburants au Cameroun. Les syndicalistes et les économistes le suggèrent vivement à l’Etat, qui doit dans tous les cas prendre ses responsabilités. Revoir cette structure des prix conduirait irrémédiablement à une réduction des coûts, et au moins à une réduction considérable des subventions.

 

 

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