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Hausse du tarif du transport : Le gouvernement pousse le peuple dans la rue

Hausse du tarif du transport : Le gouvernement pousse le peuple dans la rue

La revalorisation de 50 Fcfa des prix de transport urbain de jour et de nuit a été décidée mercredi 8 juillet 2014 au terme de la concertation entre le ministre du Commerce et des syndicats des Transports terrestres. Une onction à l’inflation généralisée et par ricochet à une révolte latente des Camerounais.

I- La deuxième provocation du gouvernement

LA CONFIRMATION a été faite au journal de 17 heures du Poste national de la Crtv du mercredi 8 juillet 2014. Le tarif des transports urbains des personnes passe de 200 à 250 Fcfa entre 5 heures du matin et 22 heures et de 250 Fcfa à 300 Fcfa de 22 heures à 5 heures du matin. On apprendra que cette décision du ministre du  Commerce est l’une des principales résolutions prise au terme de la concertation ouverte depuis le début de la semaine entre le gouvernement et les syndicats  du secteur des transports «terrestres ».

Une décision qui arrive alors que le Ministre des Transports (Mintransports), Robert Nkili était à Douala où il rencontrait dans une théâtralisation les Unions départementales des syndicats qui lui ont affirmé leur solidarité sans faille à la décision prise par les centrales syndicales avec lesquelles il devrait poursuivre les négociations. Comme quoi, cette sortie du Mintransport à Douala était sans objet. Puisqu’il sera par la suite abandonné dans la salle par les vrais représentants des syndicats. Il ne va rester en salle qu’avec des syndicalistes jaunes avec lesquels il est parti de Yaoundé dans un minibus de marque Coaster.

De même, cette décision va susciter au sein de la grande famille syndicale des contestations et une désapprobation quasi-générale des centrales syndicales des autres secteurs d’activités et particulièrement de la seule centrale syndicale des syndicats des transports du Cameroun, la Cgstc que dirige Pierre Nyemeck. Ce qui signifie que la concertation que vient de boucler le Mincommerce, Luc Magloire Mbarga Atangana est sans objet. Ce qui explique que des dix qu’ils étaient au départ, il sont passés à douze centrales syndicales, soit la totalité de ce que compte le Cameroun en la matière annoncent le maintien du mot d’ordre de grève  qui a été tout simplement reporté du 10 juillet pour le 28 juillet 2014. A cet effet, lors d’une conférence de presse donné à Yaoundé hier avec pour porte-parole, Jean-Marie Zambo Amougou, les confédérations syndicales annoncent le dépôt sur la table du Chef du gouvernement, Philémon Yang ce vendredi matin d’un nouveau préavis de grève généralisée.

Ils contestent la représentativité à cette concertation entre le ministre du Commerce et les syndicats du secteur des transports et la volonté du gouvernement de les diviser pour aboutir à ses fins. Ils soutiennent que cette concertation était illégale et dénuée de toute crédibilité. Car y ont pris part uniquement les syndicats du patronat et des chauffeurs du secteur du transport terrestre. Ignorant religieusement les syndicats des secteurs du transport aérien et du transport maritime, qui disent ne pas se reconnaitre dans cette concertation et dans cette résolution. Une concertation menée intentionnellement sur le principe de Machiavel par le gouvernement.

Démarrée le jeudi 3 juillet 2014, en présence de dix membres du gouvernement et les centrales syndicales de tous les secteurs d’activités, celle-ci va s’achever en queue de poisson avec le maintien de la menace de grève programmé pour le 10 juillet et le dépôt de plusieurs autres préavis de grève. C’est alors que le gouvernement opte pour la division et poursuivant discrètement et nuitamment la concertation avec les syndicats du secteur des transports terrestres en lieu et place de toutes centrales syndicales. Elle va aboutir le dimanche 6 juillet 2014 à une déclaration de levée de mot d’ordre de grève des transporteurs qui était programmé pour le lundi 7 juillet 2014.

II- Le gouvernement cautionne l’inflation

Il va se susurrer qu’il y a eu une exhalation d’une forte odeur de corruption des dirigeants des syndicats signataires. Le lendemain la concertation consacrée à la revalorisation du tarif du transport va se poursuivre avec les mêmes acteurs de la veille et va s’achever dans la cacophonie. Il faudra attendre 72 heures, soit le mercredi pour que finalement, cette revalorisation qui était déjà acquise soit confirmée. Curieusement, elle arrive alors que le président de la République, Paul Biya voyant que les concertations entamées entre le gouvernement et les partenaires sociaux n’arrivaient pas atténuer la grogne sociale qui sourdait, a vite fait de rendre concrètes, certes partielles, des mesures d’accompagnement promises dans le communiqué du Secrétaire général des Service du Premier ministre du 30 juin 2014 rendant officiel la hausse très redoutée des prix des hydrocarbures.

Des mesures que les Camerounais dans leur ensemble et les principaux bénéficiaires, qui sont les agents civils et militaires de l’Etat ont vite fait de qualifier de moquerie. Notamment, la revalorisation de 5% de leur salaire de base. Alors qu’on attend que le gouvernement reste dans cette perspective de trouver des mesures d’accompagnement et surtout de lutter de manière énergétique contre l’inévitable inflation qui arrive au galop avec comme conséquence, une grogne sociale qui peut replonger le Cameroun dans les émeutes de la faim de 2008.

Les pouvoirs publics ont réussi l’exploit «d’autoriser», mieux de donner leur onction à l’inflation et à la spéculation. Evidemment avec les effets néfastes qui vont avec. Puisqu’avec la décision de revoir à la hausse le prix du transport terrestre, qui a une forte influence sur le prix de vente des marchandises, le gouvernement donnait le coup d’envoi d’une inflation généralisée qui va se faire ressentir dans le panier de la ménagère et probablement susciter des mécontentements généralisés.

Et cela ne s’est pas fait attendre, puisque les dix signataires du préavis de grève générale du 10 juillet 2014 ont renouvelé leur menace de grève pour le 28 juillet 2014 et ont le soutien des syndicats du secteurs des transports aériens et du transport maritime qui sont les gros consommateurs des hydrocarbures et dont la hausse des prix du carburant affecte directement et devrait être répercutée immédiatement dans les prestations qu’offre les entreprises de ces deux sous secteur des transports. A cela s’ajoute aussi, les premières réactions de protestation, à l’instar du Rassemblement de la Jeunesse du Cameroun (Rjc) que dirige, le très activiste des réseaux sociaux camerounais, Sismondi Barlev qui en appelle à «une rentrée morte».

Pendant ce temps, les autres secteurs d’activités aussi susurrent déjà des éventuels hausses des prix des produits commercialisés qu’ils soient de première nécessité ou non. Même ceux qui s’abstiennent jusqu’à présent d’augmenter les prix de leurs marchandises disent «maintenir encore les prix pour le moment», mieux  provisoirement. Gérant encore les stocks anciens. Ils disent attendre de voir lors de leur prochain approvisionnement si les fournisseurs ne vont pas revaloriser les prix. «C’est ce qui va nous déterminer ». Et d’autres propriétaires des commerces d’ajouter : «C’est évident qu’il y aura dans les semaines à venir flambée des prix des produits dans les marchés. Car lorsque les prix des hydrocarbures augmentent et que ceux du transport suivent, même le gouvernement qui s’est rendu compte qu’il venait de franchir la ligne rouge a essayé de nuancer. La présentatrice du journal de 13 heures du Poste national de la Crtv et même  le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana ont donné la précision selon laquelle, le prix du transport se négocie de gré à gré avec le chauffeur.

Un revirement tardif et inopportun, puisque ne remettant pas en cause l’augmentation. Et que l’on sait que la négociation pour une proposition au rabais ou à la hausse de la tarification officielle se fait toujours au gré à gré et selon la distance ou le confort exigé.

 

 

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