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Prix du carburant : Les transporteurs sur le pied de guerre

Hausse des prix du carburant : Les transporteurs sur le pied de guerre

Ecartés du processus d’élaboration des nouveaux prix à la pompe en vigueur depuis le 1er juillet dernier, les transporteurs regroupés au sein de la Confédération générale des syndicats du transport du Cameroun ont annoncé une grève générale des travailleurs de ce secteur le 7 juillet 2014, en signe de protestation contre la hausse des prix du super et du gasoil.

AU SORTIR de la dernière crise entre les parties en 2008, crise qualifiée d’émeutes de la faim, les parties convinrent d’une concertation préalable pour toute évolution des prix. Mais sous pression des institutions de Bretton Woods, le gouvernement a entrepris unilatéralement de s’arrimer aux suggestions desdites institutions en alignant progressivement les prix à la pompe à ceux du marché et, partant, de mettre ainsi un terme au subventionnement dont bénéficiaient jusqu’alors les produits hydrocarbures.

Autant la mesure vise à accroître ne serait-ce que substantiellement la capacité de financement du gouvernement, autant elle induit malheureusement une virée inflationniste des plus préjudiciables, sans qu’en retour le niveau moyen des revenus des ménages ait préalablement été revu à la hausse, comme l’indiquent pourtant les accords tacites pris par les parties. Certes, le même gouvernement prenant à rebrousse poil ses partenaires dans le cadre de la régulation du marché des produits hydrocarbures, n’a pas hésité d’annoncer quelques réformes structurelles, tenant singulièrement de la révision à la hausse du Smig mais aussi des salaires des fonctionnaires ainsi que la réduction significative à hauteur de 50% de l’impôt libératoire, de la taxe du stationnement et à l’essieu.

Mais ces mesures correctives relevant encore du probable, s’assimilent davantage à un sauf-conduit pour passer en force, concernant cette hausse unilatérale des prix des produits hydrocarbures à la pompe, quand bien même le gouvernement a exempté le pétrole lampant de ladite hausse. Réagissant conséquemment à la situation ainsi générée, il n’est pas que les seuls transporteurs qui y voient une décision inique, même si d’emblée ils sont les premiers concernés eu égard au volume de produits hydrocarbures qu’ils consomment. A preuve, leur emboîtant littéralement le pas, diverses organisations de défense des consommateurs et même des partis politiques ont adhéré au principe de dénonciations de la mesure édictant la hausse des prix des produits hydrocarbures à la pompe, en annonçant à leur suite, une série de manifestations pour ce même 7 juillet 2014. C’est donc dire, qu’il s’agit d’une coalition de fait qui, si elle était effective, pourrait avoir la même ampleur que les fameuses émeutes de la faim de fin février 2008.

Ce d’autant plus que les négociations annoncées dans le sillage de cette hausse n’ont pas été entamées et confirment quelque peu les appréhensions légitimes de ces partenaires du gouvernement quant à l’effectivité des mesures correctives à brève échéance. Pourtant, quand il a fallu augmenter respectivement de 81,80 et 500 francs Cfa les prix du litre de super et de gasoil, ainsi que celui de la bouteille de 12,5 kg du gaz domestique, le gouvernement y est allé sans délai.

Du coup, on comprend que lesdites mesures correctives n’aient pas recueilli l’assentiment ou plus exactement suscité la satisfaction ni des syndicalistes des transporteurs et encore moins des associations de défense des consommateurs qui n’ont d’autre alternative que d’engager un bras de fer, pour espérer si ce n’est une rapide application desdites mesures correctives du moins de faire reculer le gouvernement. Redoutant la résurgence des émeutes comme ce fut le cas en 2008, il ne fait point de doute que les effets pervers de cellesci, constituent un véritable spectre dont voudrait se prémunir le gouvernement.

Aussi peut-on comprendre qu’il ait pris très au sérieux l’annonce de la grève faite fort à propos par les transporteurs, de même que celle des manifestations de contestation de la société civile. Et c’est à ce titre que certaines indiscrétions font état de négociations entamées depuis hier (jeudi ndlr) et devant aboutir à quelque compromis ce week-end.

Spectre d’une résistance

Mais au regard des délais plutôt courts, pourra-t-on au sortir desdites négociations parvenir au compromis tant recherché par les pouvoirs publics, alors même que sur le terrain, les effets induits de cette hausse des prix à la pompe des produits hydrocarbures se font déjà ressentir, ne serait-ce qu’à en juger par les prix pratiques par les bend skins qui, comme s’ils s’étaient passé le mot, acceptent désormais difficilement 100 F Cfa comme c’était pourtant le cas avant la hausse des prix des produits hydrocarbures à la pompe.

Et même si dans nos marchés, les prix des produits de première nécessité restent stables, on peut valablement croire qu’ils le sont parce que les commerçants n’ont pas épuisé les stocks acquis avant la hausse, tant il est vrai que les prochaines livraisons intégreront nécessairement les surcoûts engendrés par cette hausse. Avec l’effet boule de neige qui s’en suivra très certainement, il est fort à craindre que l’adhésion des transporteurs au mot de grève des syndicats soit quasi automatique et soit par ailleurs renforcée par celle des membres de la société civile.

Du coup, la hantise des émeutes se fait plus grande, même si on devrait s’attendre dès ce week-end à un dépliement conséquent des forces de l’ordre dans certains coins réputés favorables à la mise en branle d’un tel mouvement d’humeur d’ampleur en gestation.

 

 

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