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Haro sur la tribu des prédateurs

Haro sur la tribu des prédateurs

Essingan ! Le nom claque comme un fouet et rappelle quelques vieux souvenirs. Vieux et sans doute tristes pour ceux qui prennent en compte l’unité du Cameroun. Essingan, La’akam, deux organisations, véritables nébuleuses qui ont défrayé la chronique aux heures chaudes des « villes mortes » dans les années dites de braise. On croyait l’affrontement inévitable entre les Anglo – Bami et les Fang – Beti.

On a frôlé le pire. Mais d’où vient-il qu’aujourd’hui l’on décide de baptiser tout un journal de ce nom honni ou redouté ? C’est qu’à l’origine, l’Essingan est un arbre solide, puissant, précieux et on lui prête des pouvoirs mystiques. Il sert de cadre de débats, de refuge parfois. Il incarne donc notre ambition de débattre sereinement mais sans faux- fuyant des problèmes de notre pays.

De ne pas se contenter des discours lénifiants, soporifiques qui tendent à faire croire que «nous sommes au pouvoir». Cela suppose un soutien aveugle, voire indéfectible. Sans la moindre réserve, sans la moindre critique jusqu’au naufrage final quand nous aurons tous à rendre compte. Rendre compte des abus perpétrés avec arrogance par ceux qui, eux, sont réellement au  pouvoir. Tout récemment, un sujet a défrayé la chronique : un groupe tribal – du Centre et du Sud du pays – aurait confisqué tous les postes juteux du Cameroun.

Faux, bien sûr. Certes il y a une tribu qui a tout pris avec un appétit rare d’oiseau de proie. C’est la tribu des prédateurs. Ces gens sont de diverses origines tribales et se recrutent dans toutes les régions du pays. Ils peuvent s’appeler Onana, Kouam, Atangana, Ekwala, Medjo, Kamdem, Mahamadou, Esu, Mandeng, Lobe… Ils ont en commun non pas de vulgaires liens de sang mais de solides intérêts mafieux, ésotériques et financiers. Ils pillent le pays, placent les leurs partout, s’accrochent au pouvoir depuis plusieurs décennies, transforment le Cameroun en une caste, celle des prédateurs.

Essingan voudrait donc faire entendre sa voix pour marquer sa désapprobation de cette véritable dérive qui ferait de notre pays un mauvais remake du naufrage du Titanic ou, plus fraîchement dans nos mémoires, une copie du désastre ivoirien. C’est cela qu’il faut, non pas seulement dénoncer mais prévenir par la force du verbe. Ce n’est rien, pensent certains et pourtant Sartre a vu juste : «Les mots ce sont des armes». Et notre slogan enfonce le clou : «Le verbe immortel».

Notre positionnement éditorial : la vérité, la liberté, la justice, l’intérêt bien compris du pays, du peuple, loin des basses et mesquines préoccupations. Nous comptons aussi sur vous pour nous aider à garder le cap et rester solides, fermes, infaillibles dans nos convictions. Comme l’arbre Essingan. Comme les hommes de la forêt réputés pour leur sens du partage, de l’hospitalité, de l’intrépidité, de la justice, leur honnêteté, leur… rigueur.

 

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