Guinness Cameroun annonce une hausse de ses besoins en matières premières locales de plus de 600% d’ici 03 ans

De 2 700 tonnes de matières premières locales consommée dans son unique site de production de Douala-Bassa, la firme camerounaise de la multinationale britannique Diageo, Guinness Cameroun S.A (GCSA) estime qu’en 2018, ces besoins devraient atteindre 17 000 tonnes.

2018 est l’année où Guinness Cameroun S.A atteindra un pic de production jamais réalisé par le passé, avec une production qui devrait nécessiter l’usage de matières premières locales à hauteur, en théorie, de 17 000 tonnes, ce qui représentera une augmentation significative de l’ordre de 629% par rapport au volume actuel de matières premières locales qui était de 2 700 tonnes en 2014. Il s’agit donc là d’une aubaine pour les agro-industries camerounaises, qui gagneraient à s’organiser en coopératives ou à mutualiser leurs productions afin de ne pas vendre en rang dispersé au brasseur britannique qui apparaît comme juge et partie sur ce marché.

En effet, alors que depuis 2009 le brasseur a acheté sur le marché camerounais les matières premières locales pour un montant de près de 1,5 milliards FCFA par un responsable de cette entreprise à savoir Christian Pouth, Corporate Relations Director chez Diageo pour l’Afrique centrale et de l’Ouest ; Guinness Cameroun a récemment investi jusqu’à 3 milliards de FCFA uniquement pour la production du sorgho dans le septentrion camerounais. La bonne nouvelle pour les agriculteurs de cette partie du pays, c’est qu’il y a malgré tout encore de la place pour eux car au-delà du sorgho, le brasseur à également grand besoin d’énormes quantités de maïs et de manioc. Ces produits et bien d’autres rentrent d’ailleurs dans la composition des produits très appréciés des consommateurs camerounais tels que la Guinness, la Malta Guinness, la Satzenbrau, la Guinness Smooth ou encore la Harp.

Ces énormes besoins futurs sont confirmés par Christian Pouth en compagnie de qui nous avons visité il y a quelques mois, aux côtés d’autres confrères, la nouvelle chaîne de production sur le site de Guinness Cameroun S.A à Douala-Bassa, comprenant divers équipements récent dont un imposant cuiseur. Ce nouvel investissement étant destiné, naturellement, à absorber les matières premières locales dont la production sera boostée en interne et grâce aux agroindustriels à travers des initiatives comme le PIDMA.

Initié en 2013, c’est depuis le mercredi 28 janvier 2015 que le ministre de l’agriculture et du developpement rural (Minaderà, Lazare Essimi Menye, a proceau lancement effectif du PIDMA. Le Projet d’investissement et de développement des marchés agricoles (PIDMA) que pilote Thomas Ngue Bissa en sa qualité de Coordonnateur national est financé par la banque mondiale à hauteur de 50 milliards de FCFA sur 4 ans vise l’accroissement des capacités des agro-industries camerounaises afin de mieux ravitailler de nombreux secteurs à l’instar de celui de l’élevage, de la pisciculture ou encore de la brasserie pour ne citer que ceux-là.