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Guerre ouverte entre les Autorités

Guerre ouverte entre les Autorités

Au centre de l’affrontement, les problèmes fonciers à travers le département.

La commune de Batouri, située dans le département de la kadey, est le théâtre de nombreux litiges fonciers. Au coeur de la bataille entre le maire de la commune et les autorités administratives, le principal marché de la ville. En effet, Pierre Dimba Gombo, face à la Commission nationale anti-corruption, reproche au sous-préfet de Batouri et au préfet de la kadey d’être complices de la confusion qui règne, depuis quelque temps, autour du bail du marché. Du coup, fait-il savoir, c’est le développement de la municipalité qui en prend un sacré coup.

Impasse

Par le passé, indique le magistrat municipal, la commune percevait les recettes de l’occupation du marché. Depuis peu, la poste qui l’a revendiqué a obtenu le versement de ces recettes dans ses caisses. Aussi, épingle-t-il les autorités administratives, qu’il soupçonne de saboter son action, d’être à la manoeuvre : « Le receveur de poste, avec la complicité des autorités administratives, perçoit les frais de loyer du marché, alors que ce droit est dévolu à la commune. », a fustigé Pierre Dimba Gombo, avant d’exprimer son inquiétude du devenir de la collectivité territoriale dont il a la charge : «Camer.be La commune, face aux grands projets qu’elle a mise sur pied, a besoin de beaucoup d’argent pour les réaliser. Où va-t-elle le trouver ? Ce matin, lorsque je demande la situation de la caisse, mon collaborateur me dit qu’il n’y a que 46.000 Fcfa. Pourtant, mon premier adjoint doit se rendre à Yaoundé, dans le cadre du réseau des femmes maires. Comment allons-nous nous en sortir, si cet espace où étaient basés l’essentiel des recettes journalières de la commune, ne nous appartient plus ?

A cet endroit, nous avons 600 opérateurs économiques qui nous donnaient énormément d’argent. » Malgré l’impasse qui semble avoir raison de lui, monsieur le maire ne s’avoue pas vaincu. « J’ai saisi madame le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières. Elle a commis une mission sur le terrain, à l’effet de vider ce litige foncier. » En attendant, il dit s’être rendu à la délégation départementale en charge, où les faits lui donnent gain de cause. « Il est établi que la poste n’a pas de titre foncier a cet endroit, parce que madame le délégué des domaines m’a montré tous les titres fonciers de la poste Ca mer .be. Donc, le receveur de poste n’avait pas qualité. J’ai saisi le ministre des postes. Il a demandé au directeur général de la Campost de lui apporter des éclaircissements sur cette affaire, parce que le receveur de poste a agi de son propre chef. »

Rupture

Approché par la commission de lutte contre la corruption, un opérateur économique confirme le changement de la donne : « Nous avons ouvert nos portes ici, en 1999 par un contrat de bail avec la mairie. Mais, aujourd’hui, nous payons à la poste. Les responsables disent que la poste a récupéré sa place. Ils ont demandé à tout le monde d’aller signer des contrats avec eux et de payer désormais là-bas. », a déclaré Amadou Issa, responsable d’une agence de voyage, avant de s’indigner de la scène désolant qu’il a vécue : « j’étais à côté, le jour où il y a eu un problème entre le maire et le sous-préfet. C’était autour d’un boxe, construit en bordure de la route, sur autorisation de la mairie. Devant le délégué de la ville, le préfet, deux éléments de la gendarmerie et de la police, le receveur de poste, les deux responsables se sont livrés en spectacle.»

Aux dernières nouvelles, la Commission nationale anti-corruption a obtenu une copie d’un titre foncier de l’Etat du Cameroun attribuant la parcelle querellée au service de la poste. Le titre est bel et bien visible à la conservation foncière de la kadey, indique la source.

 

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