Guerre ouverte contre l’anarchie dans l’Affichage publicitaire

La Communauté urbaine de Yaoundé organise depuis jeudi des journées pour sensibiliser les fraudeurs.

Racler un mur ou un poteau électrique à en perdre l’haleine. Un cache-nez et une chasuble pour se protéger, Paul Ngougo, 6e adjoint auprès du délégué du gouvernement à la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) en charge de l’urbanisme, a procédé au décollage hier de quelques affiches dites anarchiques dans la ville de Yaoundé. C’est le début d’une campagne : celle de lutte contre l’affichage sauvage. Pendant trois jours, une centaine de jeunes écumera les artères de Yaoundé. Ils sont en guerre. Leur cible : les murs et clôtures des édifices publics ou privés, les poteaux électriques voire les poubelles. Ces espaces sont très souvent utilisés par certaines entreprises et les particuliers. Cette pratique devenue courante ne contribue pas à l’embellissement de la ville et pose par ricochet les problèmes de pollution de l’environnement. « Ces méthodes de publicité constituent des actes d’incivisme que nous devons combattre sans relâche. C’est pourquoi nous avons décidé de saisir le taureau par les cornes avec le concours de nos partenaires », explique Paul Ngougo. « Nous allons nettoyer ce qui est déjà là et sensibiliser tous les fraudeurs à ce que nous pensons être une action citoyenne. Nous allons travailler d’arrache-pied puisqu’on aura quatre à cinq heures pour le faire par jour. Nous pensons qu’à terme, les résultats seront mesurables par les populations », a indiqué Junior Mbilongo, le directeur de l’agence Label, entreprise en charge de diriger les travaux.

Ces journées bien qu’elles n’aient pas pour objectif de nettoyer entièrement la ville de tous les affichages frauduleux, visent tout de même à réduire l’ardeur des fraudeurs et de ceux qui s’y engagent par mimétisme. Le déploiement des équipes sur le terrain se fera sur toutes les artères de la ville selon des itinéraires dits stratégiques (Lycée de Ngoa-Ekelle, Cradat, Rond-point Nlongkak, Marché central, etc.) Ceci permettra donc aux annonceurs en règle de bénéficier des retombées de leurs campagnes et d’amener les potentiels à se conformer aux  conditions à remplir imposées par la loi sur la publicité. « Si vous voulez afficher dans une ville, il faut contacter un régisseur qui vous dira ce qu’il y a lieu de faire.  En clair, si vous collez n’importe où, on vous collera un procès », a précisé Junior Mbilongo. Avec cette opération, l’on veut donner fière allure à la ville de Yaoundé.