Guerre des tranchées au sein du RDPC dans le Dja et Lobo

Depuis quelques temps, des figures de proue bien connues du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dans le Dja et Lobo se livrent à un petit jeu de massacre politique.

Ce bastion imprenable de Paul Biya, en raison des relations séculaires qui existent entre ce département et lui est en ébullition.
Comme dans d’autres localités du pays, on attend depuis décembre 2013, le remaniement ministériel qui n’arrive toujours pas et qui pourrait ne pas arriver de sitôt. En tout cas, tout le monde convient que, tant que le pays sera en guerre contre Boko Haram, le président ne remaniera pas. De l’avis des « hommes politiques locaux », l’évènement politique le plus probable est : le renouvellement des organes de base du Rdpc, parti proche du pouvoir et qui a pour président fondateur : Paul Biya. En effet, plusieurs raisons conduisent à le penser : la création de nouvelles sections, selon les statuts du parti, tous les mandats à la base demandent à être renouvelés et ce depuis belle lurette. Il faut dire que, avec la création des

nouvelles sections, le département de Dja et Lobo qui en comptait déjà 7, s’est vu gratifié d’une huitième ; celle qui a pour circonscription l’arrondissement de Meyomessi. Pour la gouverne de notre lectorat, cet arrondissement a pour chef lieu Meyomessi ; village d’origine de louis Paul Motaze. Mais, pour ce que Sangmélima est pour tous les ressortissants de ce département et même du Sud, la section qu’il héberge : le Dja et Lobo 1, charrie beaucoup de convoitises pour des raisons évidentes. Au plan politique, on considère à tort ou à raison que, qui a la maîtrise de Sangmélima, tient le Dja et Lobo et possiblement le Sud. Ceux qui soutiennent cette thèse, comme pour l’étayer s’appuient sur ce qui s’est passé en 2013 au plan politique ; où des élites des autres arrondissements (Zoétélé, Meyomessala, Meyomessi) et même d’autres départements du sud, ont mouillé leurs maillots pour soutenir certains candidats. Pour certaines mauvaises langues, c’est grâce à ses soutiens externes (Belinga Eboutou, Edgard Alain Mebe Ngo’o, Motaze Louis Paul, Nkotto Emane, Mvondo Assam, Fame Ndongo) que André noël Essian malgré toutes les controverses qu’on sait, a, à nouveau été fait maire de Sangmélima pour un second mandat.

Nouvelle section
Il se dit aussi que c’est le même réseau qui a œuvré pour que Mme Essame Marie Thérèse devienne député à l’Assemblée nationale en remplacement de son époux : le sympathique Essame François, malade. Ici, on considère qu’avec l’avènement de la section Dja et Lobo 8, le ministre Motaze, pourrait ne plus s’impliquer dans les affaires qui concernent Sangmélima ; et se concentrer sur la mise en place de la nouvelle section dont il est d’office la première personnalité ressource « naturelle », d’autant que cet arrondissement, tarde à décoller. En effet, aucune transformation n’a été enregistrée depuis que cette localité est devenue contre toute attente un arrondissement dit-on, au détriment d’Avebe-Esse. Dans certaines chaumières de Sangmélima, il se dit qu’entre Louis Paul Motaze et le groupe Essian André, l’idylle n’a pas résisté à l’usure du temps. Ceux qui ici, lisent entre les lignes ou disposent de nombreuses caméras cachées, soutiennent en effet que André Noël Essian et son groupe ont anticipé sur l’avènement de la section de Dja et Lobo 8, pour cesser toute collaboration et mettre un terme à leur « amitié » avec celui qui les a mis au firmament. Ils seraient, selon certaines mauvaises langues, devenus des alliés de Mebe Ngo’o et de Belinga Eboutou qui, s’ils ne sont de Sangmélima mais plutôt de Zoétélé, bénéficieraient de la plus haute confiance du chef de l’Etat. En face de l’équipe conduite par André noël Essian dans laquelle, on trouve en très bonne place des lieutenants tels : Mme Essame Marie Thérèse, Mathurin Bindoua, Lopez Bekono, Monti Alain, etc ; on devrait normalement retrouver ceux qui en 2013, ont mutualisé leurs déceptions et challengé ce groupe aux municipales et aux législatives. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette équipe, n’est plus compacte, elle aurait pu capitaliser sur ce qui s’est passé les 15 et l6 novembre 2013, mais tout porte à croire que ce groupe constitué à la va vite, par des gens que tout divisait ne pouvait que se disloquer. De cette équipe, il reste trois piliers : Léopold Enguengueme, Clotaire Engamba et pierre Ze Mbozo’o ; tous fils spirituels de feu Engamba Nsili qui a su faire de la politique son métier et en a tiré au plan strictement personnel grand profit. Sauf que les époques ont changé et ceux qui disent être ses héritiers politiques n’ont aucune envergure. Ils comptent sur l’animosité qui existerait désormais entre Louis Paul Motaze et ses amis d’hier pour obtenir les financements et les appuis dont ils pourraient avoir besoin; ils comptent également sur une certaine élite qui ne supporte pas la montée en puissance d’André Noël Essian considéré par ses détracteurs comme un allogène certainement à tort. C’est dans cette ambiance que, Engamba et les siens ont lancé leur campagne qui a commencé avec le déclenchement de l’opération de placement des cartes du parti. Dans leur stratégie que certains observateurs trouvent puérile, ils comptent sur des relations familiales, et surtout sur quelques amis. Pas un seul mot sur ce qu’ils comptent faire pour redresser cette section qui pour cause de maladie de son président, a cessé d’être tenue. Comme André Noël Essian, ils ont eux aussi distribué les cartes à leurs fidèles, cartes qu’ils auraient reçues directement du comité central du Rdpc. Ils aiment se réunir dans les bars où ils tiennent leurs réunions.

Boko Haram
Et de temps en temps, ils rendent visite à certains ressortissants de Sangmélima (même ceux qui sont interdits de politique de part leur fonction) qui sont établis à : Yaoundé, Douala, et Ebolowa pour obtenir leur soutien. Si du camp animé par le trio Engamba – Zembozo’o – Enguengueme les choses sont claires, on attend toujours de connaître les intentions du groupe Essian. Et c’est dans cette attente, que Sangmélima a appris que Essame François très peu visible en raison de son état de santé, aurait indiqué son intention de barrer la route à la bande à Engamba – composée selon lui d’opportunistes et d’intrigants notoires. D’après ceux qui ont quelques habitudes chez Essame François alias Bernard Tapie, pour ce dernier, il serait question de barrer la route à un groupe d’imposteurs. Ce qui motiverait cet engagement, c’est : les deux mandats blancs passés à la tête de la section Ojrdpc par Engamba Clotaire sans le moindre bilan. Règlement de comptes ou volonté de sauver la section de Dja et Lobo 1 ? Nul ne peut répondre à cette question. Ici, si tout le monde dit soutenir Paul Biya en guerre contre Boko Haram, on n’évite pas les sujets qui peuvent fâcher et diviser ; on fourbit les armes à coups d’alliances et contre-alliances. Ainsi va le Dja et Lobo. Et si pour cause de guerre, Biya renvoyait aux calendes grecques le renouvellement des organes de base ? Qui vivra verra.